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DOSSIER. Où en sont les travaux de l’ancienne usine d'amiante de Canari ?


le Dimanche 22 Janvier 2023 à 16:27

Près de 60 ans après la fermeture définitive du site, les travaux de mise en sécurité devraient s’achever très prochainement. Une seconde étape consistera à déconstruire les bâtiments. Un chantier unique en Europe.



DOSSIER. Où en sont les travaux de l’ancienne usine d'amiante de Canari ?
Ses ouvriers l’appelaient « l’enfer blanc ». À Canari, la silhouette fantomatique de l’usine d’amiante continue de hanter les habitants du Cap Corse. Il faut dire que son histoire est singulière. Tout commence à la fin du XIXème siècle, avec la découverte d’un filon d’amiante qui amène bientôt le géant français de l’amiante Eternit à s’intéresser à ce site. Dans les années 1920, il commence un temps à l'exploiter de manière plus ou moins artisanale, avant de construire une gigantesque usine à flanc de colline, juste au-dessus de la Méditerranée, au tout début des années 1950. L'activité de l'usine de Canari est alors florissante. Au point que grâce à sa production de près de 30 000 tonnes par an, la France se hissera pendant un temps comme 7ème producteur mondial d’amiante. Mais la découverte des conséquences très nocives de ce matériau sur la santé viendra mettre un coup d’arrêt à l’entreprise. Et le 12 juin 1965, la carrière fini par fermer ses portes définitivement. 
 
Laissée à l’abandon comme une cicatrice dans le paysage, pendant plusieurs décennies, cette friche industrielle pas comme les autres a nécessité de lourds travaux de mise en sécurité depuis les années 2000. Confiée par l'État à l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe), cette opération a dans un premier temps consisté à contenir les mouvements des versants. 

Les travaux de mise en sécurité en cours de finalisation

« Le site a une topographie qui est très très pentue et des stériles, c'est-à-dire des rebuts de fabrication, avaient été déposés sur ses versants. Ces matériaux étaient en limite de la pente d’équilibre et, dès qu’il pleuvait, avaient tendance à affluer jusqu’à la RD80 », explique Pierre Vignaud, chef de projet à l’Ademe. « La première partie de notre mission, qui a commencé concrètement avec des gros travaux à partir de 2010, a donc été de stabiliser les verses de l’ensemble du site. C’était la première priorité qui nous avait été assignée. Cette stabilisation s’est faite avec des gros travaux de terrassement, la maitrise du bassin versant, et a maitrise du ruissellement . Les travaux sont en cours de finalisation pour cette partie et devraient être terminés pour le printemps », précise-t-il. 

Une triple difficulté pour déconstruire les bâtiments

Mais au fil de cette opération, l’Ademe a également pu constater qu’une autre urgence appelait à agir sur l’ancienne carrière de Canari.  « Le risque lié à l’état des bâtiments et en particulier du bâtiment usine qui est en bordure immédiate de la route, a commencé à devenir prioritaire », indique Pierre Vignaud, « Après que nous ayons fait plusieurs diagnostics et analyses du site pour essayer de comprendre ce qui se passait et comment y remédier, fin 2022 le préfet nous a confié la mission de s’attaquer à la démolition de ces bâtiments ».
 
De grande hauteur, ces trois structures - dont deux d'entre elles sont perchées à plus de 150m d’altitude par rapport à la route- posent plusieurs difficultés techniques. « Tout d’abord il y a une complexité liée à la topographie du site car ce n’est jamais facile d’aller chercher des ouvrages comme cela sur des pentes aussi importantes. Il y a également une complexité liée évidemment liée à la présence d’amiante », souligne Pierre Vingaud en visant à la fois les précautions à prendre pour protéger les opérateurs des travaux, mais aussi la maitrise le risque d’empoussièrement vis-à-vis des riverains. « Et puis, nous avons une vraie complexité technique de démolition. Il faudra que l’on trouve comment casser ces bâtiments, sachant que le foudroyage n’est donc pas possible en fonction de la problématique d’empoussièrement », poursuit-il en soulignant encore la difficulté de faire monter des engins aussi importants sur des versants aussi raides.

Un chantier unique en Europe

« Tout cela fait partie d’un entrelacs de complexités qu’on nous a demandé de démêler pour arriver à trouver la bonne solution technique. Nous sommes en train de choisir un assistant à maitrise d’ouvrage (AMO) qui va nous accompagner dans la conduite de la consultation des entreprises de travaux », révèle Pierre Vignaud. Il dévoile dans ce droit fil qu’après le choix de l’AMO, l’Ademe souhaite lancer une consultation mi 2023 afin choisir l’entreprise qui réalisera les travaux d’ici 2024. « Il y a très peu d’entreprises qui peuvent faire cela », note-t-il.  
 
« L’objectif qui peut paraitre loin mais qui est déjà tendu quand on connait toute la nécessité d’études préalables est de faire des travaux dans l’hiver 2024-2025, sachant que sur ce site nous ne faisons des travaux que pendant la période automnale et hivernale », signale encore le chef de projet avant de conclure : « Nous allons essayer de tenir ce défi mais il y a une vraie combinaison de complexité qui fait que ce n’est pas du tout évident de démolir des bâtiments de cette nature. Un tel chantier dans l’amiante il n’en existe pas d’autre en Europe. C’est unique ». 














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