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Coronavirus. Témoignages : Deux lectrices dénoncent des failles dans la détection de l'épidémie


Livia Santana le Mercredi 11 Mars 2020 à 21:16

Nous recevons tous les jours plusieurs messages de lecteurs inquiets de l'évolution du Coronavirus. Cette semaine, deux témoignages ont retenu notre attention. Une lectrice de Lucciana explique avoir développé les symptômes du virus dès son retour d'un voyage en Thaïlande. La seconde est mère de deux jeunes enfants atteints de fortes fièvres dans la région ajaccienne. Toutes les deux ont un point commun : le Samu refuse d'effectuer des prélèvements.



C'est par message Facebook que notre lectrice, une femme de 36 ans que l'on appellera Cathy, nous a alerté sur sa situation.
Le 2 mars, la voyageuse de Lucciana est en chemin pour la France, car elle vient de passer un mois en Thaïlande. Lors de son voyage, notre lectrice fait escale à l'aéroport de Doha pendant deux heures. Dans cet aéroport international, elle est entourée de voyageurs en direction et en provenance de nombreux pays comme la Chine ou l'Iran. La femme remarque de nombreuses personnes portant des masques mais n'est pas pour autant inquiète. 

Le 3 mars, avant de rentrer à Lucciana, elle passe une journée à Disney. Là  elle se trouve à proximité de nombreux visiteurs de toutes nationalités dans des files d'attente parfois longues d'une heure. Encore une fois, Cathy ne s'inquiète pas. Elle rentre le 3 mars à Bastia et retrouve ses deux enfants qu'elle avait quitté un mois auparavant. 

C'est le 4 mars qu'elle commence à développer des symptômes grippaux proches de ceux que suscitent le Covid-19. Toux, maux de têtes, température, Cathy appelle son médecin traitant, qui est ancien médecin du Samu. Après le voyage qu'elle vient d'effectuer, il la redirige tout de suite vers le "15", le numéro à contacter en cas de suspicion de Coronavirus. Elle appelle donc le Samu de Bastia qui refuse de la prendre en charge et de lui faire un prélèvement car elle "ne s'est pas rendue dans une zone à risque".
Son interlocuteur l'informe que des consignes de l'Agence régionale de la santé. Il lui conseille  également de  demeurer chez  et de prendre du sirop pour la toux et du "Dafalgan". Il lui dit aussi d'acheter des masques pour protéger ses enfants qui sont très asthmatiques. Les protections sont introuvables, elle se cache donc la bouche avec un foulard et se lave régulièrement les mains...

 Notre lectrice est désemparée, elle en fait part à son médecin traitant qui lui aussi est très étonné de la réponse du Samu. Le même jour, quand Cathy annonce à son employeur qu'elle est souffrante,  celui-ci lui demande de rester chez elle en quatorzaine. Cathy se met alors en arrêt maladie mais ne reçoit pas son salaire à 100% comme elle l'aurait perçu si elle avait été prise en charge par l'hôpital. 

Voyant que son état ne s'améliore pas, elle rappelle une seconde fois le 8 mars le "15" qui lui répète la même chose que 4 jours auparavant. "Je ne sais plus quoi faire, il reste plus qu'à attendre et si ça ne passe pas je vais continuer jusqu'à ce qu'ils me prennent en charge", s'inquiète Cathy. 

Un deuxième témoignage

Laurie habite à Bastelicaccia, elle ne s'est pas rendue dans une zone à risque mais le 5 mars, sa fille de 5 ans commence à avoir une forte fièvre. Le lendemain, c'est son fils de 8 ans qui déclare les mêmes symptômes.

​La mère de famille s'inquiète car les deux petits ont d'importants antécédents médicaux. Elle attend de voir comment la maladie évolue pendant le week-end pour en parler à son médecin traitant qui prescrit aux enfants du paracetamol, de l'ibuprofene et préconise une mise en quarantaine et le port de masques de protection. Il met la mère et le père de famille en arrêt maladie pour "suspicion de Coronavirus" et indique à Laurie que l'hôpital d'Ajaccio a mis en place des tentes de dépistage.

Elle s'y rend mais là-bas, le service la renvoie chez elle en lui demandant d'appeler le "15". C'est donc ce qu'elle fait mais le service du Samu spécialisé lui indique au téléphone qu'elle et ses enfants ne se sont pas rendu dans une zone à risque et l'état de ses enfants n'est pas assez préoccupant pour effectuer des prélèvements. "Nous sommes allés dans des centres commerciaux, les enfants sont allés à l'école où pleins d'autres enfants rentraient d'Italie et on nous refuse un prélèvement", s'indigne notre lectrice. 

Cela fait bientôt une semaine que sa fille et son fils très fragiles ont toujours de la fièvre et toussent. C'est ce qui a poussé Laurie à  nous écrire et à dénoncer un "laxisme des autorités sanitaires". 

La réaction d'André de Caffarelli, chef des urgences à l'hôpital de Bastia

"Le 15 reçoit beaucoup d'appels et le personnel évalue la situation. Si ces femmes ont appelé le Samu et qu'ils n'ont pas jugé nécessaire de les faire venir c'est qu'après leur discussion ils ont estimé qu'elles ne présentaient pas de danger et qu'il n'y avait donc pas une nécessité d'effectuer un prélèvement. Dans ce cas il faut aller voir son médecin traitant et rester chez soit." 




















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