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Clémentines, une récolte sans pépins malgré la crise sanitaire


Philippe Jammes le Mardi 24 Novembre 2020 à 21:13

François Ravier, préfet de la Haute-Corse, a réuni ce mardi 24 novembre les acteurs de la filière clémentines afin de faire le bilan de l'opération d'introduction de travailleurs saisonniers marocains en Corse pour la saison de la récolte.



Si certains, en cette période de crise sanitaire et d’attentats terroristes, s’étaient émus et inquiétés de l’arrivée par charters de quelque 900 marocains (1100 les saisons précédentes) pour la récolte des clémentines, à l’heure qu’il est tout se passe bien pour le préfet et les producteurs insulaires.
«Cette réunion avait pour but de faire le point, à mi-parcours, puisque la récolte des clémentines va se poursuivre jusqu’à fin décembre, avec la filière sur la venue de 830 travailleurs saisonniers et d’éventuellement faire des ajustements» indique le préfet de Haute-Corse. «C’était aussi l’occasion de se projeter et de se poser les bonnes questions pour le retour des saisonniers dans leur pays.


«Du point de vue sanitaire tout s’est bien passé. Il y a eu une grande précision dans l’organisation, dans la mise en place du protocole sanitaire. Les saisonniers ont d’abord été testés avant d’embarquer puis de nouveau testés à leur arrivée à Poretta. Ces vols, 5 charters, se sont échelonnés sur 3 semaines à raison d’environ 170 saisonniers par charter. 7 jours plus tard nous avons effectué de nouveaux tests aléatoires sur un large tiers des saisonniers  en les choisissant dans plusieurs exploitations soit environ 90, afin de nous assurer qu’il n’y avait ni cas, ni chaîne de contamination.  A ce jour nous avons connu une dizaine de cas, à leur arrivée d’ailleurs, ce qui nous a surpris. Ces personnes ont alors été placées en quatorzaine et à l’issue de celle-ci et d’un suivi médical, ont pu intégrer les exploitations. Il faut aussi saluer le travail remarquable des producteurs au niveau des conditions d’hébergement des travailleurs ».


Le préfet s’est voulu aussi rassurant sur le profil de ces marocains. «Pour la plupart, les ¾, ce sont des saisonniers qui viennent en Corse depuis 10 à 15 ans, parfois de père en fils. Ils sont donc connus et puis des rendez-vous sont pris avec eux en amont de leur venue. Il y a eu 900 demandes en tout et 70 personnes n’ont pas été autorisées à venir pour diverses raisons».


Une année spéciale mais pas catastrophique
Pour les producteurs, s’il s’agit d’une année spéciale, la venue de ces saisonniers est quelque chose de coutumier. «Cette année leur venue a été très médiatisée du fait du COVID et de la mise en place de charters, mais la venue de ces saisonniers n’a rien d’exceptionnel. Nous avons un protocole avec Pôle Emploi et si on fait venir ces saisonniers c’est qu’on ne trouve pas de main d’œuvre locale. Certains d’entre eux viennent d’ailleurs depuis 15 ans et ce sont des salariés de nos exploitations. Ils viennent pour une campagne de 3 à 6 mois et il y a régulièrement des contrôles par l’inspection du travail » explique un producteur.


«De toutes façons nous n’avions pas le choix. La récolte devait se faire pour ne pas être perdue » ajoute Simon-Pierre Fazi, producteur et président de la filière AOP. «Au niveau de l’organisation avec les services de l’Etat, il faut le reconnaitre c’est un succès. Nous avions anticipé cette  mise en place car après le premier déconfinement, on craignait la deuxième vague et celle-ci est bien arrivée. Le protocole a finalement été validé le 23 septembre grâce à une forte mobilisation des services de la préfecture, de l’hôpital de Bastia, de l’ARS, de la MSA».


Une bonne récolte quand même
«Ce n’est pas un campagne facile » reconnait S.-P. Fazi, «mais la filière a l’habitude. Cette année c’est le COVID, il y a deux ans c’étaient les gilets jaunes. On est souvent confrontés à des épisodes difficiles en termes de commercialisation, de transport. Mais on essaye de gérer au mieux. A ce jour on estime la perte entre 20 et 25%. Ce n’est pas catastrophique. Il y a eu un frein à la consommation en raison du confinement mais on espère un regain de vente pour les fêtes. Il reste entre 4 et 5 semaines de récolte et on pense que cela va lisser ce manque à gagner. La récolte est estimée cette année à environ 30 000 tonnes et le coût de l’opération à 600 000 €».


Un surcoût d’environ 20%
Bien entendu toutes ces mesures sanitaires ont entrainé un surcoût. « On l’estime à environ 20% » souligne Simon-Pierre Fazi. «Celui-ci ne vient pas des billets d’avions puisqu’on le fait chaque année mais des bus que nous avons du affréter, des paniers repas supplémentaires et de tout ce qui est lié au protocole sanitaire »       




















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