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Ajaccio : 200 manifestants disent "non" aux croisières


Julia Sereni le Mercredi 13 Juillet 2022 à 13:58

Ce mercredi 13 juillet, un rassemblement à l’initiative des associations de défense de l’environnement et de la santé contre les bateaux de croisière a réuni environ 200 personnes à Ajaccio. Après un passage devant la Chambre de Commerce et d’Industrie, le cortège a terminé son action sur les quais, où les bateaux présents ont été hués.



Les manifestants devant le port d'Ajaccio
Les manifestants devant le port d'Ajaccio
« Halte aux croisières ! », « Croisières criminelles », « Pour un peu d’argent ils tuent terre et mer ». Sur les pancartes des manifestants, les slogans ne sont pas tendres. Il faut dire que depuis quelques semaines, la tension monte sur l’île, et particulièrement à Ajaccio, autour de la présence des géants des mers dans les ports. Blocage d’un bateau  par des militants de Core in Fronte, pétition  en ligne, les actions se multiplient contre les croisières.

Cette fois-ci, ce sont les associations de défense de l’environnement et de la santé, réunies au sein du collectif Terra, qui donnent de la voix. Ou plutôt qui essaient, en dépit des problèmes de sonorisation. Sur la place de la mairie, Muriel Secondi, membre de l’association Le Garde, rappelle que « la fréquentation de nos ports a augmenté de manière fulgurante, passant de 126 paquebots en 2019 à 228 navires attendus cette année à Ajaccio ». La militante dénonce tout particulièrement la pollution générée par les bateaux de croisière. « Il suffit de regarder les fumées dégagées par les cheminées de ces monstres ! », pointe-t-elle. Pourtant, Muriel Secondi l'assure, elle n'est pas « anti croisières », mais demande « simplement de la régulation ». 

La CCI prise à partie

La militante dénonce « les retards accumulés dans la mise en place d’une zone d’émission contrôlée en Méditerranée, appelée zone ECA, où la teneur en soufre des carburants est limitée à 0,1% ». Une telle zone existe depuis 2015 en Mer du Nord, selon le collectif. Face à ce qu’elles considèrent comme une « injustice », les associations ont fait réaliser des études « indépendantes » en 2018, transmises à Élisabeth Borne, alors ministre de la Transition écologique et solidaire. « Nous avons également été reçus par le cabinet d’Édouard Philippe à Ajaccio », ajoute Muriel Secondi. Malgré ces actions, le constat est amer : « On n’a pas écouté les citoyens, on a préféré écouter la Chambre de Commerce et d’Industrie ».
 
Et c’est pour souligner cette « responsabilité » que le cortège décide rapidement de se diriger vers les locaux de l’organisme. « CCI, ça suffit ! », scandent les manifestants. Comme Sophie, qui ne supporte plus de voir ces « villes flottantes » dans les ports corses. « En quelques années, j’ai vu l’augmentation de la taille des bateaux et de la pollution qui va avec. C’est inacceptable, c’est devenu une abomination. Ce n’est pas ça la Corse ! », estime-t-elle. « À quand un tourisme soutenable qui profitera à tous ? La santé et l’environnement, cela va ensemble », indique pour sa part Sauveur Merlinghi, président de la ligue contre le cancer de Corse.
Photo Michel Luccioni
Photo Michel Luccioni

« Beaucoup de gens vivent de cette activité ! »

Pourtant, parmi les badauds, tout le monde ne partage pas ce point de vue. Certains professionnels, notamment du tourisme, ont tenu à faire part de leur désaccord avec les manifestants, en marge du rassemblement. « Si on enlève les croisières, une quinzaine de sociétés de cars vont à la faillite, tout comme les commerçants. Beaucoup de gens vivent de cette activité ! », s’exclame un passant dont l’activité est liée aux croisières. Interrogé sur la pollution que génèrent ces navires, l’homme répond du tac au tac : « Alors, à ce compte-là, il faudrait enlever les climatiseurs, les voitures, les avions, toutes les activités humaines ! ». François, commençant ajaccien, partage en partie cet agacement. « J’ai besoin de tous les touristes pour travailler, moi ! Bien sûr, il faudrait réguler l’activité, avec des bateaux propres, mais on ne manifeste pas en pleine période du 14 juillet alors que les commerçants ont besoin de travailler », estime-t-il. 

Des critiques qui n’entament pas la détermination des associations. Muriel Secondi demande « des contrôles des carburants » ainsi qu’une « mise en conformité ». « Nous avons fait ce que nous pouvons, maintenant les décisions sont politiques », affirme-t-elle. Si Core in Fronte et Femu a Corsica ont indiqué soutenir le mouvement, du côté de la mairie d’Ajaccio, on assure prendre le problème à bras-le-corps. Dans un communiqué, la Ville appelle tous les acteurs économiques et associatifs concernés, au premier rang desquels la CCI, à se réunir « d’urgence » pour « débattre et convenir d’une vision partagée ». Le maire Stéphane Sbraggia souhaite pour sa part « trouver un équilibre entre les discours extrêmes qui soutiennent une écologie de la décroissance, immédiate et brutale, et l’immobilisme actuel, irresponsable et injustifiable devant nos enfants ». Contactée, la CCI, pour sa part, n’a pour l’heure pas souhaité s’exprimer, indiquant à nos confrères de RCFM qu’une communication serait faite « à la fin du mois ».
 
Les manifestants ont terminé leur action de protestation sur les quais du port de commerce, face aux navires présents à ce moment-là : l’Aida Cosma et le Valiant Lady, deux mastodontes présentant, à eux deux, une capacité de près de 9 000 passagers. 
 
Photo Michel Luccioni
Photo Michel Luccioni














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