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Régions de France : Carole Delga élue dans une présidence tournante, la Corse joue les arbitres


Nicole Mari le Vendredi 9 Juillet 2021 à 21:32

C’est le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, qui a joué les arbitres dans l’élection à la présidence de Régions de France, permettant ainsi un vote à l’unanimité et une présidence tournante. La présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, y accède en alternance avec Hervé Morin, président centriste de la Région Normandie qui lui succèdera dans trois ans. Le sortant, Renaud Muselier, président LR de la Région Sud, est président délégué. Gilles Simeoni a obtenu que soit posée, dans le cadre d’un Livre blanc sur la décentralisation, la question de l’autonomie de la Corse.



Carole Delga, nouvelle présidente de Régions de France, présidente socialiste de la Région Occitanie. En arrière plan, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse.
Carole Delga, nouvelle présidente de Régions de France, présidente socialiste de la Région Occitanie. En arrière plan, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse.
C’est la première fois qu’une femme est élue à la présidence des Régions de France. Il n’est pas outré de dire que son élection, Carole Delga, la doit en partie au président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, qui s’est retrouvé en position singulière d’arbitre entre la droite et la gauche. Le calcul est simple : sur 18 régions, la droite en a remporté 9, la gauche 8, restent la Corse et son président nationaliste qui, de fait, par son abstention ou son choix, était en mesure de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Très courtisé, Gilles Simeoni a estimé qu’il n’avait pas à trancher dans un débat à quasi-parité droite-gauche qui ne le concerne pas, ni même entre deux candidats qu’il connaît bien et avec qui il entretient des liens très cordiaux depuis son accession aux responsabilités : Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, ou Renaud Muselier, président LR de la Région Sud. Aussi a-t-il joué une autre carte dont il est coutumier, celle d’œuvrer à la recherche d’un consensus, et de saisir l’occasion de fédérer les autres régions autour des revendications institutionnelles qu’il porte pour la Corse.

Gilles Simeoni et Renaud Muselier.
Gilles Simeoni et Renaud Muselier.
La question Corse
« Ma préoccupation, c’est la Corse. Je ne souhaitais pas trancher entre la gauche et la droite, ni faire perdre l’une ou l’autre par mon vote. J’ai, donc, annoncé que je prenais position pour Carole Delga, précisément pour contribuer à un équilibre des forces et à une solution de consensus, mais à condition que, dans ce consensus, il y ait une place pour la question de l’autonomie de la Corse. A partir de là, la droite et la gauche, étant à égalité, ont discuté pour trouver un point d’équilibre et construire une alternance, elles ont repris à leur compte cette demande de soutien au processus d’autonomie. Je m’en réjouis. Nous allons, à Régions de France, en octobre, élaborer un Livre Blanc sur la décentralisation que nous remettrons au gouvernement et aux candidats à l’élection présidentielle. Dans ce livre blanc, il y aura un volet particulier concernant la Corse pour demander une négociation sur un statut d’autonomie », se félicite Gilles Simeoni. Une opération de lobbying réussie pour le président de l’Exécutif corse au moment où il inaugure une nouvelle mandature territoriale dont l’un des objectifs affichés est justement d’arracher, à un Etat réfractaire, une autonomie de plein droit et de plein exercice, comme celle en vigueur dans toutes les îles de Méditerranée.

Renaud Muselier et carole Delga.
Renaud Muselier et carole Delga.
Un collectif de combat
C’est, donc, une élection à l’unanimité pour Carole Delga, qui devient également la première socialiste à accéder à ce poste. Déjà largement réélue à la tête de l’Occitanie fin juin avec plus de 57 % des suffrages, elle a été la présidente de région la mieux élue de France. « Il était important de faire cette élection le plus tôt possible. Elle s’est passée assez facilement, à l’unanimité, les mains levées. Il y avait, bien entendu, le président de la Corse, Gilles Simeoni, et tous les nouveaux qui ont été élus en Outre-Mer, cela nous permet d’avoir un bloc homogène avec les présidents de région qu’ils soient ultramarins ou métropolitains, de former un vrai collectif et un exécutif immédiatement opérationnel pour Régions de France. Cette option a été validée par tout le monde, ce qui a permis à Gilles Simeoni de se positionner sur une démarche d’alternance et sur un collectif qui fonctionne quelque soit l’origine politique des présidents de régions », commente le président sortant Renaud Muselier. Réélu à la tête de la Région Sud, « avec le deuxième meilleur score de France », l’élu LR assumera désormais « en toute logique », la fonction de président délégué.

Un statut d’autonomie
Concernant la question du statut d’autonomie de la Corse, les positions sont claires : « J’ai toujours été convaincue qu’il était nécessaire de travailler avec Gilles Simeoni, depuis son élection en 2015, sur une autonomie progressive pour la Corse, une autonomie qui s’inspire des statuts des autres îles méditerranéennes. C’est une conviction que j’ai depuis maintenant six ans. Quand nous avons parlé avec Gilles Simeoni des différentes propositions des régions dans les domaines de l’économie ou des transports, je lui ai indiqué, bien entendu, ma totale approbation concernant sa demande. Donc, nous allons travailler sur les nouvelles missions pour les différentes régions de France, mais aussi sur les statuts de l’Outre-Mer et sur le statut d’autonomie progressive pour la collectivité de Corse », indique Carole Delga. « Il y a des sensibilités politiques très différentes au sein de Régions de France. Du côté des autonomistes, il y a des positions assez fortes en ultramarin sur le sujet et bien sûr celle de Gilles Simeoni en métropolitain. Nous en avons beaucoup parlé avec lui. Dans le cadre des règles de la République, nous sommes favorables à une décentralisation dans les régions métropolitaines avec un statut spécifique pour la Corse. Ce statut n’est pas impossible à mettre en place dans le cadre des règlements européens, puisque l’autonomie existe au niveau de l’Europe. Il n’y a donc aucune raison que cela n’existe pas en France », ajoute Renaud Muselier.

Réunion des 18 présidents de régions.
Réunion des 18 présidents de régions.
Des réalités de vie
Que la question soit corse, ultramarine ou continentale, c’est, pour les régions, avant tout une question d’opportunité. « On sent bien qu’il y a des difficultés tant au niveau du pouvoir central que ministère par ministère, certains sont des vrais recentralisateurs, d’autres des décentralisateurs. C’est donc une démarche qui se doit d’être bien posée sur le plan politique dans le cadre des présidentielles » affirme le président de la Région Sud. « Vous savez, la politique, c’est un rapport de forces ! Il faut toujours profiter de la fenêtre de tir qui est une compagne présidentielle pour faire avancer des idées et des réformes », renchérit Carole Delga. « Nous sommes dans la bonne période de négociation. Uun candidat à la présidentielle ne peut pas faire fi et balayer d’un revers de la main des propositions de 18 présidents de région qui ont été très bien réélus. En particulier, pour la question Corse, il faut quand même rappeler le score remarquable de Gilles Simeoni ! C’est bien la preuve que le projet politique qu’il porte, qui avait été validé en 2015, a été conforté de façon encore plus forte par les Corses aujourd’hui. Il est clair que l’oreille qu’avait pu avoir Jean-Michel Baylet ou François Hollande sur le statut de la Corse n’a pas été reprise par Emmanuel Macron. Mais, à un moment, Emmanuel Macron et les autres candidats ou candidates vont devoir entendre cette aspiration du peuple corse à la reconnaissance d’un statut d’autonomie qui est tout à fait compatible avec le fait de rester dans la République. Je ne suis pas pour une République fédérale, mais pour une « République une et indivisible », cela n’empêche pas d’avoir cette adaptation aux réalités territoriales et également aux réalités de vie de nos concitoyens ».

Un Livre blanc
Outre la question corse, ce Livre blanc contiendra des propositions que les présidents de régions comptent soumettre aux candidats à la présidence de la République afin qu’ils donnent leur vision de la décentralisation de la France. « Toute une batterie de demandes bâties autour de la décentralisation. Ce livre blanc doit être fait pour peser dans le débat présidentiel. Les territoires et notamment les régions ont montré leurs capacités d’action et leur efficacité pendant la crise sanitaire, mais aussi pendant la crise économique et sociale que nous avons traversée, elles ont besoin d’une liberté d’action. Elles demandent des compétences en matière de transport, de Pôle emploi, d’ARS, d’organisation du contrat de plan État-région… », précise Renaud Muselier. « En matière de santé, nous souhaiterions avoir plus de responsabilités en particulier sur les investissements dans les hôpitaux. En matière économique, nous demandons une simplification des dispositifs d’aides aux entreprises. En matière de transports, nous voulons moins d’enchevêtrement dans les interventions des différentes collectivités et de l’Etat, et une plus grande efficacité de l’organisation des transports en France », poursuit Carole Delga.
 
Une valeur d’exemple
Le contenu de la loi 3D « Différenciation, Décentralisation, Déconcentration et simplification de l’action publique », en cours d’examen au Sénat, a de quoi pourtant refroidir les enthousiasmes. Ce projet de loi du gouvernement sur les rapports entre l’Etat et les collectivités, qui se voulait un « un nouvel acte de décentralisation », s’avère peu ambitieux et pas à la hauteur des attentes. « Pour l’instant, c’est une déception ! », reconnait Carole Delga. « Il y avait eu des engagements du Premier ministre, par exemple sur le transfert des routes nationales aux régions. Il semblerait que cet engagement ne figure plus dans le texte. Je vais en reparler au Premier Ministre pour que, dans le cadre de la procédure législative, cet engagement soit bien repris par le biais d’amendements. C’est un travail que je mènerai dès la semaine prochaine ». Pour l’heure, Carole Delga savoure sa victoire : « C’est une satisfaction, mais également une responsabilité parce que mon élection a une valeur d’exemple. Elle démontre qu’une femme peut, à 49 ans, devenir présidente d’une grande association d’élus nationale, c’est une première ! L’association des maires de France n’a jamais eu de présidente, l’association des départements non plus. Cela permet de casser les stéréotypes et les phénomènes d’autocensure et peut donner encore plus confiance aux jeunes filles et aux femmes. Je rappelle que la Corse vient de donner aussi un bel exemple en élisant une femme à la présidence de l’Assemblée de Corse, Nanette Maupertuis. Je vais avoir grand plaisir à la rencontrer prochainement ».
 
N.M.



















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