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Gilles Simeoni : « Le premier interlocuteur de l’État, c’est la collectivité de Corse »


Nicole Mari le Lundi 14 Mars 2022 à 20:56

Après le communiqué de Gérald Darmanin affirmant venir dans l’île, mercredi et jeudi, ouvrir « un cycle sans précédent de négociations » en fixant comme préalable « la fin de la violence », le président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, fixe le format des discussions et la stratégie. Il explique, à Corse Net Infos, que le premier interlocuteur de l’État, c’est la Collectivité de Corse, garante des intérêts matériels et moraux du peuple corse. La stratégie est celle validée par les urnes : un processus global afin de traiter la question Corse dans toutes ses dimensions.



Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse. Photo Michel Luccioni.
Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse. Photo Michel Luccioni.
- Le ministre affirme avoir entendu vos demandes sur l’avenir institutionnel de la Corse. Comment réagissez-vous à son communiqué ?
- Un premier signe du gouvernement est donné à travers le communiqué de Gérald Darmanin où il parle de « l’ouverture d’un cycle sans précédent de négociations ». Il faut maintenant que le ministre de l’Intérieur précise le contenu de ce processus et que ce processus, sur le fond comme sur la forme, soit à la hauteur des enjeux, qu’il intègre au moins comme objet de discussion et comme perspective ce que nous considérons comme essentiel et qui a été porté depuis un demi-siècle par le combat nationaliste. Ces revendications essentielles ont été validées par les urnes de façon chaque fois plus massive en 2015, 2017 et 2021. Si on reprend tous mes discours d’investiture de président du Conseil exécutif, j’ai toujours dit qu’il fallait un processus global qui permettrait de traiter la question Corse dans sa dimension politique, symbolique, institutionnelle, économique, sociale, culturelle et linguistique. C’est-à-dire une solution politique globale. Il faut que ce soit un processus historique.
 
- Le ministre annonce vouloir discuter avec les élus et les forces vives. Selon quelle méthode ?
- Le premier interlocuteur de l’État, c’est la Collectivité de Corse. Nous avons voté, tous ensemble, le principe selon lequel cette institution est la dépositaire et la garante des intérêts matériels et moraux du peuple corse. On ne peut pas remettre en cause cela, comme on ne peut pas remettre en cause le suffrage universel. J’ai discuté, d’abord, avec le Conseil exécutif et, ensuite, avec la majorité territoriale. Le premier niveau concerne les élus, et d’abord la majorité territoriale avec les autres élus de l’Assemblée de Corse. Le second niveau, ce sont les élus qui n’appartiennent pas à l’Assemblée de Corse, c’est-à-dire les maires, les députés, les sénateurs etc. Ensuite, au troisième niveau, les forces vives. Nous sommes tout à fait d’accord pour intégrer, à ce troisième niveau, les syndicats étudiants et les jeunes dans la discussion, mais pas à travers un collectif. C’est ce que je vais expliquer, lundi soir, à Corti, à l’ensemble des Nationalistes.
 
- Certains de vos opposants nationalistes semblent contester cette légitimité ?
- De légitimité, il n’y en a qu’une, c’est celle du suffrage universel ! D’institution de premier rang pour parler et défendre la Corse, il n’y en a qu'une : c'est la Collectivité de Corse ! Je suis exactement dans la continuité de ce que j’ai toujours proposé et qui a été validé par le suffrage universel. Je vais continuer à défendre ma position, vis-à-vis de Paris et devant l’ensemble des partenaires en Corse.
 
- Le ministre pose le préalable de fin de la violence à toute discussion. C’est compliqué ?
- Les violences étaient inévitables. Depuis des années, le gouvernement et l’État ont fermé la porte au dialogue et refusé de respecter les institutions de la Corse. Ils ont refusé de tenir compte du suffrage universel. Ils ont fait comme si la question Corse n’existait pas, comme s’il n’y avait pas sur cette terre un peuple avec sa langue, sa culture et la volonté de maîtriser son destin. Ils ont créé durablement et de façon volontaire les conditions d’une logique de tensions et de conflit qui réapparaît aujourd’hui, alors que tout aurait dû conduire à une véritable discussion politique qui n’a jamais eu lieu. Ils ont créé les conditions pour que la colère s’exprime. Mais je le répète, la démocratie est le seul chemin pour la Corse et le seul chemin pour ce peuple. Il faut continuer bien sûr à se battre, mais indépendamment des manifestations de ces derniers jours, s’il n’y avait pas eu tout le travail politique qui a été mené, notamment grâce aux victoires électorales, grâce à notre présence dans les institutions, grâce à l’explication toujours donnée, y compris auprès des parlementaires pour la question du rapprochement des prisonniers, nous n’aurions rien obtenu. C’est à travers la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna et l’indignation générale qu’elle a soulevé et ensuite la mobilisation de la jeunesse et au-delà de l’ensemble du peuple corse que sont créées, aujourd’hui, je l’espère, les conditions d’un véritable dialogue. Maintenant, il appartient à l’État et au gouvernement de prendre leurs responsabilités. Ce sont eux qui ont les clés pour que la tension retombe.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 










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