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En visite à l’école de Pifano à Porto-Vecchio, la nouvelle rectrice réaffirme son soutien à l’apprentissage du corse


le Mardi 1 Septembre 2026 à 18:51

Ce mardi 1er septembre, à deux jours de la rentrée scolaire, la nouvelle rectrice de l’académie de Corse, Nathalie Mons, a choisi l’Extrême-Sud pour arpenter le terrain, à l’écoute des attentes du corps enseignant qui reprend toujours un peu plus tôt que les élèves. Après Bonifacio le matin et avant de monter à Lévie, la nouvelle rectrice - qui a succédé à Rémi-François Paolini le 3 août - a visité l’école maternelle de Pifano à Porto-Vecchio, où elle a pu faire entendre son point de vue sur le bilinguisme corse-français et sur la scolarisation dans les quartiers classés prioritaires.



Nathalie Mons (au centre) a visité l'école maternelle de Pifano, ce mardi après-midi à Porto-Vecchio.
Nathalie Mons (au centre) a visité l'école maternelle de Pifano, ce mardi après-midi à Porto-Vecchio.
L’uniforme à l’école de Bonifacio, les classes CHAMS (à horaires aménagés en maths et en sciences) au collège de Bonifacio, les classes bilingues ou immersives, la situation d’une école au coeur d’un quartier prioritaire à Porto-Vecchio… Autant de situations variées, potentiellement riches d’enseignements, qui ont attiré Nathalie Mons dans l’Extrême-Sud ce mardi, à la rencontre des enseignants, et à deux jours de la rentrée scolaire des élèves. « Venir ici, c’était l’occasion de voir à l’œuvre pas mal de problématiques ou de caractéristiques de l’école en Corse », confirme Florence Mazzeri-Walker, la conseillère de la rectrice.

Ouverte il y a un an et demi, la nouvelle école maternelle de Pifano accueillera ce jeudi 155 élèves, qui seront tous scolarisés en classe bilingue. Jusqu’à juin dernier, la moitié des classes étaient bilingues à Pifano (dont deux dites « immersives », c’est-à-dire quand le corse prend le pas sur le français dans la transmission des apprentissages). Dans cette école maternelle, l’évolution en faveur du corse se poursuit, sous le regard satisfait de sa directrice, Emilie Filippi : « J’avais cette idée d’avoir uniquement des classes bilingues depuis longtemps, mais il fallait attendre d’avoir suffisamment d’enseignants habilités. » Elle-même enseigne en grande section de maternelle, l’une des deux classes immersives de l’établissement. Et elle note des changements notables dans le comportement des élèves vis-à-vis du corse : « J’ai vu des enfants s’exprimer entre eux, en corse, comme si ça devenait leur langue naturelle à l’école. Et ce ne sont pas des enfants qui parlent corse chez eux. »

Nathalie Mons sait qu’elle est attendue au tournant sur la question du bilinguisme, car elle hérite du bilan de Rémi-François Paolini, qui en avait fait son cheval de bataille. Auprès des enseignants de Pifano, elle a affirmé son attachement à l’impulsion qui est donnée en faveur de la langue corse : « On sera attentif à poursuivre l’enseignement de la langue et de la culture corse. Tout en s’assurant qu’on améliorera encore la qualité de la formation et du travail dans ces domaines. » Après avoir écouté la directrice lui exposer la situation du bilinguisme dans son établissement, Nathalie Mons a posé une question : « Comment s’est opérée la bascule entre école bilingue et immersive ? » C’est Gérald Pescheux, l’un des enseignants de l’école, qui lui a répondu : « C’est surtout culturel et idéologique. J’ai été personnellement élevé dans cette langue. C’est un devoir de transmission. » Adjointe aux affaires scolaires à Porto-Vecchio, Nathalie Maïsetti a apprécié le discours de la rectrice : « Elle a confirmé qu’elle voulait faire vivre le projet académique. Elle croit au bilinguisme. »

"Je crois beaucoup à la scolarisation précoce"

Le second point saillant de la visite, c’était de savoir, pour la rectrice, comment l’école de Pifano évolue au sein de son quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) : « Vous accueillez des élèves qui peuvent être dans une situation compliquée socialement. Est-ce que vous vous sentez aidés ? » Les enseignants de l’école ont répondu par l’affirmative : « Ca se passe très bien, a résumé Cathy Malagoli. J’ai enseigné ici et dans l’école en haute-ville et je n’ai pas vu de différence. Et aucun problème de communication, non plus, avec les parents. » « Ni de laïcité », a complété Marie-Antoinette Nesi-Casabianca, l’inspectrice de l’académie. L’ouverture, récemment, d’une classe de Toute Petite Section de maternelle (dès 2 ans) à Pifano a été saluée par tous : « Il faut savoir qu’on accueille parfois à l’école des enfants de 3 ans qui ne voient que leur maman, quasiment », pointe Emilie Filippi. « J’y crois beaucoup à la scolarisation précoce, a confié la rectrice. Quand on accueille des enfants très tôt dans le cursus, on en voit les effets plus tard. » 

"Pas d'école à deux vitesses à Pifano"

A Pifano, ce travail de cohésion sociale se poursuit hors les murs de l’école, grâce notamment à la maison de quartier. Et très prochainement, un Pôle d’appui à la scolarité (PAS) va voir le jour dans le quartier : « Ce sera un endroit dédié aux partenaires qui traitent des difficultés en milieu scolaire, notamment des psychologues qui prendront en charge l’élève qui en aura besoin », explique Nathalie Maïsetti. De son côté, le maire de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini s’est dit rassuré par son entrevue avec la rectrice, sur le plan de « la présence du corse dans l’enseignement public ». Il se félicite également de constater qu’à Pifano, « il n’y a pas d’école à deux vitesses ». Aujourd’hui, son inquiétude principale ne concerne pas l’entrée dans le cursus, mais la sortie : « On a, ici à Porto-Vecchio, un taux de poursuite du cursus scolaire post-bac qui est préoccupant. En gros, c’est un élève sur trois qui continue. Il y a, à Porto-Vecchio, un manque de formations adaptées. Et ce manque, on l’a exprimé clairement à la rectrice. »