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Covid-19 : les maraichers corses manquent de main-d'œuvre


Livia Santana le Lundi 13 Avril 2020 à 09:35

La fermeture des frontières liée au Coronavirus pose de sérieux problèmes aux maraichers qui comptent tous les ans sur les 250 travailleurs étrangers pour planter et récolter les fruits et légumes d'été.




Photo d'illustration : Pixabay
Photo d'illustration : Pixabay
Anthony Dolesi, producteur de melons et pastèques à Biguglia est très inquiet. Depuis 10 ans, il embauche pendant 4 à 6 mois, 15 personnes venues du Maroc pour la saison estivale. Sans cette main d'œuvre étrangère qui devait arriver le 15 avril, il sera impossible pour lui de planter et récolter les 45 hectares de curcubitacées annuels. 

Comme Anthony, 82 maraichers sur l'île font face à cette problématique car chaque année près de 300 travailleurs étrangers viennent prêter main forte aux insulaires l'été. Quand le confinement a été annoncé en mars, les patrons des exploitations avaient déjà commandé le matériel nécessaire à la saison comme le paillage, les graines ou encore les plants.

"Ça va être compliqué, car nous ne pourrons pas planter. Nous allons être obligés de garder le paillage et certains pourront peut-être essayer de s'arranger pour renvoyer les graines chez les semenciers.", explique Jean-Jacques Fieschi, président de l'Organisation des maraichers corses. Le maraicher poursuit : " A titre personnel je pense perdre 50% de mon chiffre d'affaires cette année."  Habituellement le maraicher de Vescovato emploi 10 travailleurs étrangers sur son exploitation de 13 hectares. 

Pourquoi ne pas embaucher de la main d'œuvre locale ? 

De nombreuses personnes sur l'île sont au chômage partiel à cause du confinement et voudraient trouver une source de revenus pour compenser leur perte économique. Pour les maraichers, embaucher de la main d'oeuvre locale ne serait-elle pas la solution ?

Pour les maraichers, la main d'œuvre locale n'est pas qualifiée pour ce type de travaux. Certains ne pourraient pas les effectuer ou prendraient 2, voire3 fois plus de temps qu'un travailleur étranger pour le faire. Les agriculteurs ne pourront pas prendre le temps de les former pour 4 mois de travail. 

"Des gens m'appellent pour me demander si je n'aurais pas du travail pour eux mais les plantations ça ne s'improvise pas. Il faut savoir le faire, c'est toute une technique. Les personnes que j'emploie habituellement on été formées, elles travaillent avec moi depuis maintenant 10 à 15 ans. De plus, il faut pouvoir tenir des heures sous la chaleur et le soleil mais les Corses n'y sont pas habitués", lance Anthony Dolesi. 

Quelles solutions ? 

Les maraichers attendent des réponses de la Dirrecte et de l'ODARC qui entendent dans un premier temps prolonger les permis de travail de la main d'œuvre étrangère venue pour la récolte des pomelos. Cependant, ils ne seraient qu'une centaine en Corse, soit un nombre insuffisant pour venir en aide aux 83 maraichers présents sur l'île. 

La piste de l'emploi de la main d'oœuvre insulaire a été lancée par le président de la chambre d'agriculture de Haute-Corse, Joseph Colombani, qui demande à l'ODARC un système de compensation. Selon lui, il "permettrait de faire appel aux travailleurs insulaires. Leur rendement étant moins important, l'ODARC compenserait la perte financière des maraichers."  

Ce qui est sûr c'est que le Coronavirus n'aura pas épargné les maraichers.



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