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Collectif Massimu Susini : "Il faut entrer en résistance, c’est une question de vie ou de mort !"


Pierre BERETTI le Samedi 1 Février 2020 à 22:27

Le collectif anti mafia Massimu Susini est revenu, ce samedi à Ajaccio, sur ses attentes de lutte contre « la crise mafieuse » dans l’île. Des demandes clairement exprimées auprès de l’État mais aussi à destination de la Collectivité de Corse et de ses élus.




(Photo: Michel Lucioni)
(Photo: Michel Lucioni)
Le collectif anti mafia Massimu Susini a donné une conférence de presse afin de rendre compte des avancées du mouvement et de rappeler ses attentes après avoir rencontré la préfète de région et les élus de l’Assemblée de Corse à la conférence des Présidents.
Échanges annoncés fructueux avec la représentante de l’Etat, laquelle sans utiliser le mot mafia, a validé l’analyse réalisée par le collectif sur la pénétration criminelle du tissu économique corse. 
«  Nous ne nous battons pas pour de la sémantique, a déclaré Gjhuvan Santu Plasenzotti, porte-parole. Nous ne sommes pas là pour imposer le terme de mafia mais pour dénoncer un danger qui intègre nos secteurs sociaux, économiques et politiques. Il y a une véritable crise mafieuse en Corse, c’est une réalité. Ce qui était un rassemblement est devenu aujourd’hui un mouvement citoyen et nous appelons l’ensemble de la société civile à se mobiliser ainsi que l’État et la Région à lutter contre ce fléau. Car, il nous faut faire preuve de résistance, de vigilance et, disons-le, clairement c’est une question de vie ou de mort. Il y a de trop nombreuses victimes ainsi qu’une perversion de notre culture. Il faut que cela cesse ».
 
De manière concrète, le collectif est en attente de la mise en œuvre par l’État  de diverses mesures : faire de la lutte anti-mafia une priorité avec notamment la création d’un organe de coordination qui associe enquêteurs criminels et services d’enquêtes fiscales. Le collectif demande également la reconnaissance du délit d’association mafieuse, la confiscation des biens mafieux et de leurs complices ainsi qu’un véritable statut de coopérateur de justice.
D’autres part, le collectif réclame de la CdC des actions en justice en cas de violation du PADDUC en déplorant que la Collectivité s’y est engagée tardivement et n’a pas tenu ses promesses. 


Toujours la Région en ligne de mire, le document des revendications pointe du doigt « le pillage des Espaces Stratégiques Agricoles) après l’annulation de la carte par le tribunal administratif. « Là ce n’est pas l’État qui est seul responsable de cette destruction des terres agricoles mais bien aussi la CdC qui, par son inaction coupable, porte la responsabilité d’avoir laissé pourrir la situation ». Il en est de même pour la lutte contre la spéculation immobilière. « Défendre la terre corse en CTPENAF et devant les tribunaux, en utilisant les moyens légaux dont elle dispose est le minimum qu’on puisse attendre de la CdC, responsable de la mise en œuvre du PADDUC. Et la CdC ne peut pas dire, sauf à faire preuve d’une singulière mauvaise foi, qu’elle ne peut faire ce que des associations comme ABCDE ou U Levante, avec très peu de moyens, font depuis des années contre les mafieux du béton ». 
 
Le collectif souhaite aussi que soit renforcés les moyens humains de l’Agence de l’Urbanisme, une mise en place par la Région d’un contrôle des marchés publics et délégations de services publics qui dépendent d’elle. Enfin, le rassemblement anti mafia dénonce les inégalités croissantes. « La concentration accélérée du pouvoir économique et financier aux mains de quelques familles face à la paupérisation d’une part importante de notre peuple ne peut que déboucher sur une société conflictuelle tant il est évident que certains Corses sont beaucoup plus égaux que d’autres devant la loi. La spéculation immobilière qui profite à la mafia du béton prouve aux corses que si on est riche et puissant on peut tout se permettre. Le développement des centres commerciaux surdimensionnés, ruinant les commerces de centre-ville, symbolise le triomphe de l’argent roi et opaque. L’exemple donné à la jeunesse corse est lamentable. L’État est défaillant, volontairement, dans son contrôle de légalité ? Oui ! Mais ce n’est pas une excuse pour la CdC pour ne pas réagir et se rendre complice, de fait de la destruction de notre bien commun, de notre communauté historique ».
 
L’interview de Ghjuvan-Santu Plasenzotti 





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