À la veille du vote solennel de l'Assemblée nationale sur le projet de loi constitutionnelle relatif à l'autonomie de la Corse, 258 maires et présidents d'EPCI insulaires ont choisi d'afficher publiquement leur soutien au texte. À l'initiative des associations des maires de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, ils ont en effet cosigné un courrier adressé aux 577 députés. Une démarche qui a recueilli l'adhésion de 72 % des maires des 360 communes de l'île.
« Sur la Haute-Corse, nous avons eu 174 réponses positives de maires et de deux présidents d'intercommunalités. En sachant que certains maires sont également présidents d'intercommunalités, nous avons donc eu des réponses largement positives de la part des élus qui ont largement adhéré au courrier de soutien », se réjouit Don-Marc Albertini, président de l'Association des maires de Haute-Corse. 84 maires ont choisi d'en faire de même en Corse-du-Sud.
Une initiative qui avait toutefois suscité une polémique ce week-end, en raison des modalités d’association des élus au courrier. Dans un premier temps, les mails adressés aux maires et présidents d’EPCI vendredi dernier prévoyaient qu’en l’absence de réponse sous 48 heures, les élus seraient considérés comme signataires du document. Une formulation qui avait provoqué plusieurs réactions et critiques chez certains observateurs. Un second message avait ensuite été envoyé aux élus afin de préciser que seuls les maires et présidents d’EPCI ayant manifesté explicitement leur accord seraient associés à la démarche, les autres n’étant pas considérés comme signataires.
« Il y a eu un petit faux départ, une maladresse dans la formulation qui a été très très vite rectifiée », reconnaît Don-Marc Albertini, « Il ne fallait pas que la forme l’emporte sur le fond. Donc nous avons rapidement corrigé les choses et demandé aux élus d’exprimer leur soutien de façon positive à la place d’un soutien tacite. Cela a été vite mis en place et vite compris par les maires ».
Pour le président de l’Association des maires de Haute-Corse, cet épisode n’altère d'ailleurs en rien la portée de la démarche engagée. « Dans le respect des sensibilités et des convictions de de chacun, on voit qu’il y a quand même une volonté de sortir par le haut, d'avancer et de passer d'une étape constitutionnelle à une étape opérationnelle. Ce courrier est une manière pour les maires de l'île d'exprimer leur intérêt pour ce vote avec cette démarche collective. Nous exprimons aussi ainsi notre volonté de participer aux futurs débats, notamment sur les contours et sur les détails de la loi organique qui vont nous permettre de rentrer dans l'opérationnalité et donc de voir comment on peut changer la vie des Corses de façon positive », précise Don-Marc Albertini en insistant sur le fait qu'au-delà du vote attendu à l’Assemblée nationale, les maires de l'île entendent désormais s’inscrire dans la suite du processus.
« C'est le début d'un long chemin, d'un chemin qu'il faudra gravir tous ensemble », appuie le président de l'association des maires de Haute-Corse en reprenant : « Je suis sûr que ceux qui n'ont pas adhéré à la démarche aujourd’hui pour certains ont besoin de précisions ou de détails pour comprendre les enjeux. Donc il faudra mettre en place les moyens d'expliquer à tous l'intérêt que nous avons à aller dans cette démarche et comment la Corse et les Corses pourront y trouver un avantage ».
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