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Ajaccio : un couple gay agressé alors qu'il s'embrassait en public


Livia Santana le Jeudi 9 Juillet 2020 à 17:16

Sur Facebook, l'association de défense des droits et personnes LGBTI+ "l'Arcu", tire la sonnette d'alarme et condamne l'agression contre un couple homosexuel à Ajaccio alors qu'il s'embrassait en public. Ces actes d'homophobie remontant à une quinzaine de jours, sont les troisième recensés sur l'île en un an.




Le post de l'Arcu
Nous vous informons qu’un couple de jeunes gays d’Ajaccio a subi une agression en bande pour s’être embrassés en public.
Ces faits cauchemardesques que nous dénonçons et condamnons le plus fermement du monde, se sont produits il y a une quinzaine de jours dans la cité impériale. Nous n’avons pas communiqué plus tôt sur cette agression pour essayer de comprendre ce qu’il s’était passé et tenter d’apporter une aide aux victimes. Bien que choqués – et nous le sommes avec eux – d’avoir été victimes de coups et blessures avec ITT, dans leur propre ville, pour un simple baiser, ils ont porté plainte et sont déterminés à ne pas laisser passer.
 
Nous sommes totalement solidaires de leur démarche, fier.e.s de leur courage et de leur détermination en espérant que cette agression de trop permette une prise de conscience générale en Corse. En effet, c’est une nouvelle agression qui se passe au niveau de la jeunesse insulaire. C’est la deuxième agression avec coups et blessures à Ajaccio depuis le passage à tabac d’un touriste gay par une bande de jeunes adultes en août dernier. Sa plainte a été classée sans suite.
 
C'est également la deuxième agression gayphobe publique après le guet-apens tendu à Bastia par des adolescent(e)s à un adhérent de notre association. Agression qui n'a pu faire l'objet d'un dépôt de plainte immédiat en commissariat... Cela pour le seul mois de juin 2020 (triste mois des fiertés) en Corse ! Au total, c’est la troisième agression publique homophobe connue* en moins d’un an dans la région. Nous ne pouvons le tolérer !
 
Lorsque nous avons annoncé la création de l’Arcu, nous avons souvent lu sur les réseaux sociaux « qu’il n’y a pas d’homophobie en Corse » (comprendre en filigrane que si l’homophobie n’existe pas en Corse, la lutte contre l’homophobie à travers le militantisme lgbti+ y sont donc aussi inutiles).
 
En moins d’un an dans l’île : coups et blessures sur des hommes gays, injures, humiliations publiques homophobes, sans compter les rejets familiaux d’adolescent.e.s lgbti+ (et tout ce que l’on ne sait pas). Nous voilà maintenant face à l’interdiction d’avoir un geste d’affection en public pour la personne de son choix.
 
Combien de temps encore va-t-on laisser penser qu’on peut agresser en pleine rue, dans des bars, de chercher à nuire, à humilier intentionnellement en Corse des personnes en raison de leurs apparences, de leurs manières d'être, de leurs orientations sexuelles ou identités de genre ?
 
Nous sommes dans un état de droit et les agressions lgbtphobes sont des délits punis par la loi avec facteurs aggravants ! Au vu du contexte, peut-on vraiment se payer le luxe de ternir la réputation et l’image de la Corse ?
Combien d’autres blessures physiques et morales pour prendre conscience de ce que nous dénonçons ? Faudra-t-il une mort de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie etc. en Corse pour arrêter ?
 
C’est l’ensemble de la société corse : individus, familles, services administratifs et pouvoirs-publics qui doivent dorénavant se mobiliser pour lutter contre ce fléau.
En moins d’un an, ces trois agressions ont révélé trop de dysfonctionnements, non seulement dans l’éducation d’une partie de notre jeunesse, mais au-delà, dans la prise en charge des violences lgbtiphobes par les services de l’État en Corse, qu’il s’agisse d’une police qui n’est pas convenablement formée ou la justice qui en arrive encore à prononcer des non-lieux dans des cas d’agressions avérées.
Nous attendons de nos élus de la Collectivité De Corse ainsi que de M. le Maire d'Ajaccio des condamnations sans équivoque de toutes ces agressions.
 
Sans cette prise de conscience générale, nous assisterons encore au découragement de victimes fragilisées par le traumatisme d'une agression, fuyant la lourdeur administrative, vite rattrapées par l'envie de tourner la page, qui plus est, face à la peur de la confrontation avec leurs agresseurs, leurs familles et leurs proches.
 
Et notamment en Corse, dans nos petites villes où l'on se croise tout le temps, où le poids de la proximité et de la rumeur sont très forts. Tout cela avec en toile de fond toxique les discours rances d'une partie de l'opinion qui s'agace de l'attention médiatique portée à ces affaires, généralement suivi d'un discours visant à culpabiliser les victimes « en même temps, ils n'avaient qu'à pas s'afficher ! » Avec ce que cela sous-tend d’injonction au silence et à l’invisibilité.
Autant de commentateurs qui perdent chaque fois une occasion de se taire, sauf à détourner l'attention des vrais problèmes et favoriser un climat d'impunité pour les agresseurs.

 
Nous avons le droit d'aimer qui on veut en Corse, sans avoir à craindre pour nos vies, notre santé, nos familles, nos images, nos réputations. Sans avoir peur du jugement ni d'avoir à nous justifier. Nous avons le droit de vivre, d'aimer, d'être ce que nous sommes en Corse, chez nous, comme ailleurs, librement, en paix et dans la dignité.
 
Nous avons le droit, exactement comme tout le monde, de témoigner un simple geste d'amour sans se faire agresser.
L’Arcu lgbti+Corsica


*Nous parlons ici des agressions déclarées. Combien d'agressions sont restées inaperçues, ont été passées sous silence depuis notre création et bien avant ?



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