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Michel Castellani : « Tout ce que j’ai promis aux Corses, je l’ai tenu pendant mon mandat »


Nicole Mari le Lundi 9 Mai 2022 à 21:36

C’est Piazza Guasco au cœur de la Citadelle de Bastia que le député sortant de la 1ère circonscription de Haute-Corse, Michel Castellani, a lancé officiellement, lundi soir, sa candidature pour un second mandat lors des élections législatives des 12 et 19 juin prochain. S’appuyant sur un bilan de combat, l’élu de Femu a Corsica, membre du groupe Liberté & Territoires à l’Assemblée nationale, est donné grand favori. Il entend continuer à mener à bien la mission engagée depuis cinq ans et faire avancer les dossiers en instance, comme l’hôpital de Bastia, le statut fiscal ou l’autonomie. Il explique à Corse Net Infos que son programme garde le même credo : défendre les intérêts de la Corse et œuvrer pour une société plus juste et plus solidaire.



Michel Castellani, député sortant de la 1ère circonscription de Haute-Corse et candidat pour un second mandat lors des élections législatives des 12 et 19 juin. Photo CNI.
Michel Castellani, député sortant de la 1ère circonscription de Haute-Corse et candidat pour un second mandat lors des élections législatives des 12 et 19 juin. Photo CNI.

- Pourquoi avez-vous décidé de briguer un second mandat ?
- Quand on s’est engagé comme je l’ai fait pendant cinq ans, pratiquement tous les jours, quand on a soulevé tellement de dossiers qui intéressent, à la fois, l’organisation du monde, la société française et naturellement la Corse, il est très difficile de laisser tomber. Nous avons obtenu un certain nombre de choses. Nous sentons bien que tout le travail que nous avons fait, tout ce que nous avons semé, il n’est pas impossible que cela donne quelques récoltes dans le prochain mandat. C’est dans cet esprit-là qu’avec mes amis, j’ai décidé de recandidater.
 
- Repartez-vous avec la même suppléante ?
- Je ne change rien. On ne change pas une équipe qui gagne ! Je garde la même suppléante, la même équipe de campagne, le même mandataire financier, le même directeur de campagne et même la même chanson… Je n’ai pas lieu de changer quoi que ce soit.
 
- La majorité politique est différente de 2017. Pensez-vous bénéficier du soutien du mouvement national ?
-
J’ai toujours eu, d’un point de vue personnel, des relations excellentes avec l’ensemble des sensibilités qui composent ce qu’il est convenu d’appeler la famille nationaliste. Je ne pense pas qu’il y ait d’opposition particulière à ma candidature.
 

Michel Castellani et sa suppléante, Juliette Ponzevera..
Michel Castellani et sa suppléante, Juliette Ponzevera..
-  Vous vous appuyez sur un bilan législatif conséquent. Vous dites qu’il vous tient lieu de programme ?
- Oui. C’est la grosse différence avec mes concurrents qui, légitimement, proposeront leur façon de voir les choses et leur programme. Je n’ai pas besoin de faire cela. Mon programme, les électeurs le connaissent. Ils l’ont devant les yeux depuis cinq ans. C’est la façon que j’ai eu de travailler, de représenter notre circonscription et notre île, une façon crédible et positive. Je pense à tous les combats que j’ai menés pour une société française plus généreuse, plus solidaire, plus décentralisée, moins technocratique, pour un développement plus durable, pour la mise en œuvre des énergies renouvelables, aux combats que j’ai menés contre les paradis fiscaux, pour la taxation des GAFA et pour une meilleure maîtrise des traités internationaux, enfin tous les combats que j’ai menés pour la Corse. Toutes les batailles que j’ai livrées à chaque loi de finances pour la reconduction des dispositifs fiscaux et la revendication d’un statut fiscal et social, pour le développement de l’île. Le fait aussi de relayer les demandes du président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, pour le renouvellement du Programme exceptionnel d’investissement (PEI), de l’avoir obtenu et d’avoir obtenu que la contrepartie des collectivités passe de 40 % à 20 %. Je pense au renouvellement du crédit d’impôt, aux 50 millions d’euros de Corsica Ferries, au fait d’avoir repoussé in extremis - ce qui aurait été un désastre ! - la taxation de nos vins à 20 % de TVA, au fait d’avoir repoussé à 2h du matin un amendement de la Commission des affaires économiques qui voulait transférer 9 millions d’euros de reliquat du PEI vers Paris… Le fait d’avoir bataillé pour obtenir l’envoi de la Commission nationale d’investissement Santé pour l’hôpital de Bastia. Le fait d’être arrivé au bout de la Loi du 5 mai pour le gel des matchs. Et d’autres choses encore… Cela fait un travail considérable qui est aussi l’explication au fait que je me représente.
 
- Cet investissement personnel était une promesse que vous aviez faite il y a cinq ans aux Corses. Pensez-vous l’avoir parfaitement tenue ?
- J’avais promis aux Corses de mettre tout mon cœur dans ce mandat. Cela, je l’ai tenu. J’ai zéro absence. J’ai mis un point d’honneur à prendre l’avion tous les lundis, sans en sauter un seul, excepté quand j’ai eu le Covid et que j’ai dû rester à l’hôpital, mais le Covid, je l’ai ramassé à l’Assemblée nationale. Et je suis monté à Paris pour travailler. J’ai fait 1400 interventions longues dans l’hémicycle, 533 interventions en Commission des finances, défendu 9736 amendements dont plus de 300 ont été adoptés... Tout ce travail gigantesque est visible sur le site de l’Assemblée nationale. Il y a ensuite tout ce que l’on ne voit pas, c’est-à-dire le fait d’aller dans les ministères plaider les dossiers, d’accompagner des maires de la circonscription pour défendre leurs projets dans les ministères ou à Matignon. J’ai reçu des tas de gens, j’ai visité les prisons, les lycées, les collèges, les entreprises en Corse. Je suis allé au moins deux fois dans chaque mairie. Bref, j’ai toujours défendu les intérêts fondamentaux en gestion, mais aussi les intérêts de fond de notre communauté. Je me suis donné à fond dans cette affaire. Donc, je me présente sans aucune prétention dans cette élection, mais sans aucune honte non plus, parce que je sais que j’ai donné tout ce que je pouvais donner et que tout ce que j’ai promis aux Corses, je l’ai tenu. Ce qui était aussi inscrit dans ma profession de foi en tant que fond politique, je l’ai tenu aussi dans mes discours, dans mes votes, dans mes interventions et dans mes écrits : la promesse d’une société plus juste et plus solidaire et d’une vie internationale maîtrisée.

- L’ouverture des négociations pour l’autonomie, qui a été annoncée par le gouvernement, est-ce l’enjeu principal du prochain mandat ?
- L’enjeu principal, c’est d’essayer d’améliorer les choses sur le fond. La Corse est dans une situation qui est objectivement mauvaise sur les plans économique, social et culturel. C’est une question profondément politique. La Corse doit enfin bénéficier des moyens législatifs et réglementaires pour essayer de mordre sur ces réalités mauvaises. On nous oppose quelquefois le fait que l’autonomie ne remplira pas les frigidaires. C’est une profonde erreur ! Les institutions sont, par définition, le cadre de jeu où les décideurs, à la fois publics et privés, peuvent exercer leurs actions. Si la situation pouvait être améliorée dans le cadre actuel, elle l’aurait été ! Il faut doter la Corse d’un certain nombre de moyens aptes à améliorer les choses. C’est ce qui se fait d’ailleurs dans plusieurs îles, pour ne pas dire toutes, de la Méditerranée. Cela dit, je m’empresse de préciser qu’il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Les gens, aujourd’hui, ont un peu peur, ils s’interrogent sur cette histoire d’autonomie et se demandent où la Corse va être éventuellement amenée. Il faut avoir une approche pragmatique. Ce que nous ferons, ce que fera la Corse dans sa représentation démocratique, ce que fera aussi le gouvernement futur, je suppose, sera d’essayer de trouver pragmatiquement des solutions.
 
- Pensez-vous que le président Macron tiendra les promesses du ministre Darmanin ?
- Je ne me pose pas cette question ! Il y a une ouverture et il faut la saisir ! L’Assemblée nationale ne siège plus depuis deux mois, mais je continue de monter très régulièrement à Paris pour discuter avec le gouvernement. Même lorsque les cocktails Molotov pleuvaient sur Bastia, j’ai continué à discuter avec le gouvernement. De façon discrète, mais continue, j’ai gardé le lien. Notre combat est difficile. Quand il y a une ouverture, il faut la saisir de façon concrète et toujours positive. C’est ce que je me suis donné comme mission et je l’ai menée. Et ce mardi, je serai encore à Paris.
 
- Que vous inspire globalement cette nouvelle mandature Macron ?
- C’est difficile à dire. C’est le futur gouvernement et la future majorité à l’Assemblée nationale qui donneront la tonalité des choses. La première bataille, qui s’annonce, est celle des retraites où il faudra trouver une solution pérenne et juste en tenant compte notamment de la pénibilité du travail. Il y aura, ensuite, les discussions concernant la Corse. Là encore, nous verrons ce qu’il en sortira, quelle sera la teneur des propositions du gouvernement. On ne peut pas faire de politique fiction parce qu’on ne sait pas du tout qui sera Premier ministre et quelle sera sa politique à l’égard de la Corse. Ce que je sais, si je suis réélu, c’est où je veux aller dans cette affaire et quels sont les fondamentaux qu’il faut défendre de façon pragmatique et de façon à ouvrir un avenir à nos jeunes.

Gilles Simeoni et Michel Castellani. Photo CNI.
Gilles Simeoni et Michel Castellani. Photo CNI.
- Vous dites qu’il faut améliorer les choses sur le fond. Quelle sera, si vous êtes réélu, la priorité pour la Corse ?
- De nombreux débats engagent l’avenir de la Corse. Sur le fond, il faudra avancer sur beaucoup de dossiers : l’hôpital De Bastia, la lutte contre la spéculation immobilière, la langue et les écoles immersives, le statut fiscal… N’oublions pas qu’il y a une double pression de Bercy et de Bruxelles pour normaliser la situation fiscale de la Corse. On l’a déjà vu pour le tabac où j’ai dû plaider au maximum pour qu’il y ait au moins une contrepartie de TVA à la perte de recettes. On le voit pour l’arrêté Miot qui prendra malheureusement fin à partir de 2027. On risque de le voir sur les lois de transmission du patrimoine. On l’a vu aussi pour le vin… Tout cela est très dangereux. Je suis sûr qu’il y aura d’autres amendements qui viseront à ce que le vin produit et consommé en Corse soit taxé au même titre que le vin du continent. Ce sera encore une grosse bataille. Je pense que le député Corse, qui sera dans la Commission des finances, n’aura pas le temps de s’ennuyer.

- Siégerez-vous dans le même groupe parlementaire Liberté & Territoires ? On dit que vous avez reçu d’autres offres ?
- Oui. Je suis très bien dans ce groupe où nous avons pu nous exprimer, où il y avait un très bon encadrement technique et un bon esprit. Je n’ai pas lieu d’aller chercher ailleurs, même si, comme au football, il y a un mercato. C’est vrai que j’ai eu d’autres propositions d’autres groupes qui m’ont dit que la porte était ouverte et que je serai le bienvenu. Ce n’est pas que je n’ai pas le choix, je n'ai pas lieu d'abandonner Liberté & Territoires.
 
- Comment se déroulera votre campagne ?
- Je compte bien aller dans toutes les communes de la circonscription, comme je l’ai d’ailleurs fait à plusieurs reprises pendant mon mandat. Il n’y a pas une commune où je ne suis pas passé. Les jours de semaine, je serai dans les grosses communes de ma circonscription qui compte neuf des 15 plus grandes communes de Corse. Je ferai le tour des commerces et je rencontrerai les gens, le soir, dans des réunions publiques. Le week-end, je serai dans les villages puisqu’en semaine, il y a moins de monde.
 
- Vous êtes grand favori dans cette élection. Etes-vous confiant ?
- Tout le monde ne cesse de me dire partout où je passe, aussi bien à Paris dans les ministères qu’ici, que je suis ultra-favori dans cette élection. Cela me fait beaucoup d’honneur, mais cela m’inquiète aussi beaucoup. Moi qui suis amateur de football, je sais que lorsqu’une équipe rentre sur le terrain avec l’intime conviction qu’elle va gagner le match, 90 minutes après, le match est perdu ! Donc, je suis très prudent. Une élection est toujours une bataille qu’il faut mener, il faudra la mener tous ensemble. Cela dit, je ne peux pas dire que j’ai du stress sur cette élection. Partout où je passe, je ne rencontre que des gens qui m’encouragent, me félicitent, me témoignent de l’amitié… c’est impressionnant ! Cela m’oblige ! Tous ces gens, je n’ai pas le droit de les décevoir.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.














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