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Haute-Corse : quand les plus hautes responsabilités de l'État s'écrivent au féminin


le Mardi 16 Juin 2026 à 07:50

Il est des symboles qui valent parfois autant que de longs discours. La Haute-Corse en offre aujourd'hui un particulièrement fort avec la présence, aux plus hautes responsabilités de l'État dans le département, de quatre femmes aux parcours remarquables : la préfète, la première présidente de la cour d'appel, la directrice interdépartementale de la police nationale et la commandante du groupement de gendarmerie.



Véronique Deprez-Boudier (Photo Gérard Baldocchi)
Véronique Deprez-Boudier (Photo Gérard Baldocchi)
Il y a quelques décennies encore, une telle photographie institutionnelle aurait relevé de la fiction. Les fonctions régaliennes étaient presque exclusivement l'apanage des hommes. Non pas parce qu'ils étaient meilleurs, mais parce que les portes étaient plus difficiles à ouvrir pour les femmes.
Aujourd'hui, ces portes sont franchies. Non grâce à une faveur, mais grâce au mérite, à la compétence et à des carrières bâties avec exigence. Personne ne devient préfète, magistrate à la tête d'une cour d'appel, directrice de la police nationale ou colonelle de gendarmerie par hasard. Ces responsabilités se gagnent.
Il faut donc saluer ce quadruple événement comme un signe de l'évolution de notre société. La République ne s'en trouve pas affaiblie ; elle s'enrichit de tous ses talents.
Bien sûr, quelques esprits grincheux y verront une revanche des femmes ou un effet de mode. Ils auront tort. La véritable victoire n'est pas que ces postes soient occupés par des femmes, mais que cela finisse par ne plus surprendre personne.
 

Hélène Davo
Hélène Davo
Pour autant, reconnaissons-le avec un sourire : dans un univers où les hommes ont longtemps régné sans partage, voir les principales autorités administrative, judiciaire et sécuritaire du département réunies au féminin a quelque chose de réjouissant. Une image qui bouscule les habitudes et rappelle que l'autorité n'a ni barbe, ni uniforme masculin, ni voix grave pour s'imposer.
La Haute-Corse envoie ainsi un message fort : le pouvoir ne se conjugue plus exclusivement au masculin.
Alors, oui, bravo à Véronique Deprez-Boudier, Hélène Davo, Anne Valla et à la colonelle Caroline Auzeville. Chacune dans son domaine incarne une République exigeante, au service des citoyens.
Et n'en déplaise aux hommes que nous sommes, il faut parfois savoir reconnaître que l'Histoire avance dans la bonne direction. Sans rien enlever aux uns, elle donne enfin toute leur place aux autres. C'est une question d'équilibre, de justice et, tout simplement, d'intelligence collective.
En Haute-Corse, le pouvoir a aujourd'hui un visage largement féminin. Et loin d'être une curiosité, c'est une excellente nouvelle.