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Frelon asiatique : des spécialistes du continent attendus en renfort en Corse


Jeanne Soury le Lundi 19 Octobre 2026 à 18:00

Après plus d’un mois de recherches infructueuses dans le secteur de Porto-Vecchio, des spécialistes venus du continent doivent intervenir cette semaine pour tenter de localiser les nids de frelons asiatiques. Un renfort attendu alors que les apiculteurs redoutent la formation de nouveaux foyers au printemps prochain.



Des spécialistes venus du continent doivent intervenir cette semaine pour tenter de localiser les nids de frelons asiatiques (©Syndicat AOP Miel de Corse)
Des spécialistes venus du continent doivent intervenir cette semaine pour tenter de localiser les nids de frelons asiatiques (©Syndicat AOP Miel de Corse)
La recherche s’intensifie dans le secteur de Porto-Vecchio. Depuis plus d’un mois, des apiculteurs et l’Office de l’environnement de la Corse tentent de localiser les nids de frelons asiatiques pour les détruire. Mais malgré les recherches engagées, ils n’ont toujours pas été retrouvés. Des spécialistes venus du continent doivent donc prêter main-forte aux équipes cette semaine, avec des équipements de détection plus performants et récents. 

« Cela fait plus d’un mois que nous sommes mobilisés et nous n’y arrivons pas », explique Matteu Tristani, apiculteur à Petroso et président de l’AOP Mele di Corsica. L’objectif est de s’appuyer sur l’expérience acquise sur le continent, où le frelon asiatique est installé depuis plusieurs années.

Avec l’arrivée de l’hiver, les colonies de frelons vont disparaître, mais les futures reines fondatrices auront quitté leur nid pour passer la saison froide à l’abri. Au printemps, celles qui auront survécu pourront créer de nouvelles colonies : « Chaque fondatrice d’un nid peut partir sur plusieurs dizaines de kilomètres. Des fondatrices qui sont sur Porto-Vecchio peuvent l’année prochaine faire des nids sur la plaine orientale », explique le président. 

C’est ce scénario qui inquiète les apiculteurs corses. « Je pense malheureusement qu’il est fort probable qu’au printemps prochain, on ait d’autres nids », redoute Matteu Tristani. Pour limiter ce risque, la priorité reste de retrouver les nids existants et de les détruire. « La première des choses, c’est de l’éradiquer. Et si on n’y arrive pas, il faudra détruire systématiquement tous les nids découverts pour empêcher que le frelon asiatique prenne l'ascendant sur le frelon commun ou sur nos espèces », insiste-t-il.

La priorité reste de retrouver les nids de frelons asiatiques existants et de les détruire
La priorité reste de retrouver les nids de frelons asiatiques existants et de les détruire
Au-delà de la difficulté à localiser les foyers, c’est la capacité à contenir la progression de l’espèce qui est en jeu. Le président de l’AOP Mele di Corsica redoute les conséquences d’une implantation durable sur l’apiculture insulaire. Sur le continent, les professionnels confrontés à une forte pression du frelon peuvent parfois déplacer leurs ruches vers des secteurs moins exposés. Une solution difficilement envisageable en Corse. « Si le frelon prend vraiment de l’ampleur sur l’île, on ne peut pas prendre les ruches et les transhumer en bateau en Italie ou sur le continent », souligne-t-il. Avant de prévenir : « On ne peut pas se permettre de vivre une invasion de frelons asiatiques. Ce serait trop difficile à gérer pour la filière. »

Une course contre la montre avant le printemps

Cette inquiétude intervient alors que les apiculteurs doivent également préparer leurs colonies à la saison froide. Les fortes chaleurs prolongées et le manque de pluie ont compliqué la saison et pourraient compromettre la récolte de miel d’arbousier, une ressource importante à l’automne pour constituer les réserves des abeilles.

Avant l’hiver, les professionnels doivent donc vérifier que les colonies disposent de suffisamment de provisions pour traverser les mois froids et redémarrer au printemps. « Il faut vérifier les provisions des ruches et les nourrir si besoin avant le début de l’hiver », rappelle Matteu Tristani. Ces apports complémentaires sont devenus plus courants face aux évolutions climatiques, mais leur nécessité varie selon les conditions locales.

Plus sombre que le frelon européen, le frelon asiatique présente notamment des extrémités de pattes jaunes et un abdomen noir avec une large bande orangée
Plus sombre que le frelon européen, le frelon asiatique présente notamment des extrémités de pattes jaunes et un abdomen noir avec une large bande orangée
À Petroso, l’apiculteur estime que ses propres colonies devraient disposer de réserves suffisantes. Il reste toutefois prudent sur leur état général après une saison difficile. « Les ruches ne sont pas dans de très bonnes conditions pour passer l’hiver. Il y aura peut-être encore de la casse. J’espère que non, mais c’est possible », confie-t-il.

Un appel à la vigilance de la population

Pour contribuer à la surveillance du territoire, Matteu Tristani appelle enfin les habitants à apprendre à reconnaître le frelon asiatique. Plus sombre que le frelon européen, il présente notamment des extrémités de pattes jaunes et son abdomen noir avec une large bande orangée

« Il faut que la population soit au courant de ce qu’est un frelon asiatique », insiste le président. Au-delà de la menace pour les abeilles, l’apiculteur alerte également sur les risques pour les habitants. « Quelqu’un qui fait sa haie, un élagueur ou un randonneur peut tomber sur un nid et se faire piquer très fortement », prévient-il. En cas de découverte d’un individu suspect ou d’un nid, il invite à prévenir les organismes compétents.