- Cette rentrée politique est d’abord l’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée. Vous semblez satisfait ?
- François Martinetti : C’était important de faire ce bilan à l’orée de l’examen du statut d’autonomie au Sénat et avec une année qui a démarré à Lavatoghju en octobre 2025. Nous avions posé une déclaration politique stratégique qui consistait notamment à faire converger l’ensemble des nationalistes et des forces de progrès autour des fondamentaux et de projets municipaux inscrits dans le fil historique du peuple corse. Des démarches ont émergé un peu partout, à Bastia, Sartè, Aiacciu et Portivechju. Globalement, nous sortons largement vainqueurs. Notre message politique est passé à Bastia et à Sartène, une forte dynamique s’est développé sur Aiacciu. Même chose pour notre enracinement dans le rural avec des maires Femu a Corsica qui ont été consolidés et d’autres nouvellement élus. Nous sortons grandis de ces élections. Ces résultats ont été renforcés lors de l’élection sénatoriale par une victoire franche du camp autonomiste avec plus de 55 % des grands électeurs qui se sont exprimés en faveur des candidats favorables au processus d’autonomie. Paulu-Santu Parigi a réussi une élection historique en rassemblant 83 % des inscrits dans le Cismonte. Jean Giuseppi, avec 150 suffrages dans le Pumonte, a réuni toute la famille nationaliste et bien au-delà. Le message est très clair vis-à-vis des sénateurs qui vont examiner le texte. Nous avions fait tout le nécessaire au sein de Femu a Corsica pour être sur le terrain avec i giri paisani, cet été. Donc, une année positive, décisive, avec des enjeux encore plus forts à venir. Nous sommes déterminés à réussir.
- L’opposition affirme que votre parti et son leader seraient affaiblis. Pour vous, c’est l’inverse ?
- François Martinetti : Ce n’est pas nous, mais les Corses qui le disent. Les victoires répétées aux élections ont permis d’abord d’obtenir le vote de l’autonomie à l’Assemblée nationale. Si nous n’avions pas réussi aux élections municipales, il est fort probable qu’à l’Assemblée nationale, nous n’aurions pas obtenu une majorité en faveur de l’autonomie de la Corse. Nous sommes en mouvement. Nous nous sommes enracinés partout. La victoire de Paulu Santu Parigi aux sénatoriales et le très bon score de Jean Giuseppi le confirment. Notre boussole, c’est la défense des intérêts matériels et moraux du peuple corse. On s’y est tenu. Les Corses nous font confiance. Le succès des giri paisani, qui ont rassemblé du monde partout dans les villages, des citoyens en demande d’informations sur le processus, a montré encore une fois, le soutien du peuple corse sur cette étape-là. Nous sommes déterminés face au Sénat en espérant une issue positive. Nous l’avons redit aujourd’hui : pour nous, il n’y aura pas de compromis sur le compromis, c’est-à-dire sur le pouvoir législatif et la reconnaissance du peuple corse par une écriture spécifique.
- François Martinetti : C’était important de faire ce bilan à l’orée de l’examen du statut d’autonomie au Sénat et avec une année qui a démarré à Lavatoghju en octobre 2025. Nous avions posé une déclaration politique stratégique qui consistait notamment à faire converger l’ensemble des nationalistes et des forces de progrès autour des fondamentaux et de projets municipaux inscrits dans le fil historique du peuple corse. Des démarches ont émergé un peu partout, à Bastia, Sartè, Aiacciu et Portivechju. Globalement, nous sortons largement vainqueurs. Notre message politique est passé à Bastia et à Sartène, une forte dynamique s’est développé sur Aiacciu. Même chose pour notre enracinement dans le rural avec des maires Femu a Corsica qui ont été consolidés et d’autres nouvellement élus. Nous sortons grandis de ces élections. Ces résultats ont été renforcés lors de l’élection sénatoriale par une victoire franche du camp autonomiste avec plus de 55 % des grands électeurs qui se sont exprimés en faveur des candidats favorables au processus d’autonomie. Paulu-Santu Parigi a réussi une élection historique en rassemblant 83 % des inscrits dans le Cismonte. Jean Giuseppi, avec 150 suffrages dans le Pumonte, a réuni toute la famille nationaliste et bien au-delà. Le message est très clair vis-à-vis des sénateurs qui vont examiner le texte. Nous avions fait tout le nécessaire au sein de Femu a Corsica pour être sur le terrain avec i giri paisani, cet été. Donc, une année positive, décisive, avec des enjeux encore plus forts à venir. Nous sommes déterminés à réussir.
- L’opposition affirme que votre parti et son leader seraient affaiblis. Pour vous, c’est l’inverse ?
- François Martinetti : Ce n’est pas nous, mais les Corses qui le disent. Les victoires répétées aux élections ont permis d’abord d’obtenir le vote de l’autonomie à l’Assemblée nationale. Si nous n’avions pas réussi aux élections municipales, il est fort probable qu’à l’Assemblée nationale, nous n’aurions pas obtenu une majorité en faveur de l’autonomie de la Corse. Nous sommes en mouvement. Nous nous sommes enracinés partout. La victoire de Paulu Santu Parigi aux sénatoriales et le très bon score de Jean Giuseppi le confirment. Notre boussole, c’est la défense des intérêts matériels et moraux du peuple corse. On s’y est tenu. Les Corses nous font confiance. Le succès des giri paisani, qui ont rassemblé du monde partout dans les villages, des citoyens en demande d’informations sur le processus, a montré encore une fois, le soutien du peuple corse sur cette étape-là. Nous sommes déterminés face au Sénat en espérant une issue positive. Nous l’avons redit aujourd’hui : pour nous, il n’y aura pas de compromis sur le compromis, c’est-à-dire sur le pouvoir législatif et la reconnaissance du peuple corse par une écriture spécifique.
- Le débat sur l’autonomie au Sénat est un rendez-vous décisif et bien plus compliqué que celui de l’Assemblée nationale. Comment l’appréhendez-vous ?
- Don Joseph Luccioni : Ce rendez-vous constitue une étape décisive. On nous avait dit, au début du processus d’autonomie, qu’il n’y aurait pas d’accord politique et de possibilité de déboucher sur un statut d’autonomie. Or, accord politique, il y a eu en mars 2024 entre les élus de la Corse et le gouvernement pour le compte de l’État. Cet accord de Beauvau a été approuvé par l’Assemblée de Corse. On nous avait dit ensuite que le texte issu de l’accord de Beauvau serait remis en cause et modifié, y compris après l’avis du Conseil d’État. Il n’en a rien été ! Le Conseil des ministres a adopté le texte à l’identique. On nous avait également dit qu’après la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation des élections législatives anticipées en 2024, le processus serait enterré. Le processus a survécu. On est allé à l’Assemblée nationale. C’est vrai que c’était une étape difficile, mais elle s’est soldée par une victoire. L’essentiel des éléments du texte constitutionnel a été maintenu, notamment le pouvoir législatif et la reconnaissance du peuple. Les sénateurs auront à se prononcer en responsabilité et en conscience. Il leur appartient de décider si oui, ou non, ils souhaitent apporter leur pierre à l’édification d’une solution politique globale qui soit porteuse d’espoir et de paix pour la Corse.
- Ne craigniez-vous pas une réécriture du texte par les Sénateurs ?
- Don Joseph Luccioni : Nous l’avons réaffirmé ce matin : le texte, dans son esprit, comme dans sa lettre, ne saurait être remis en cause, dénaturer ou édulcorer, notamment sur trois grands aspects. Premièrement, le principe de l’autonomie et du pouvoir législatif qui doit être transféré de manière progressive, mais irréversible, dans les domaines non régaliens. Deuxièmement, la reconnaissance du peuple corse, avec la constitutionnalisation de « la communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre Corse ». Troisièmement, et ce n’est pas négligeable, nous considérons qu’au-delà de l’enjeu historique et symbolique de la reconnaissance du peuple corse, celle-ci constitue un acte fondateur et créateur de droit. C’est-à-dire que cette reconnaissance doit produire des effets normatifs et nous permettre de décliner, dans le cadre de la future loi organique, des lois corses dans le cadre d’une Corse autonome : un statut de résident qui ouvrira la voie à une fiscalité anti-spéculative et un statut d’officialité de la langue corse. Cela va être difficile, mais l’examen parlementaire doit aussi être l’occasion d’améliorer ou de renforcer le contenu du texte, notamment l’amendement 111 du groupe La France Insoumise.
- Pourquoi demandez-vous le retrait de cet amendement ?
- Don Joseph Luccioni : L’amendement 111 ne figurait pas dans l’accord politique initial de Beauvau approuvé par l’Assemblée de Corse. Il n’est donc, ni du fait du gouvernement, ni de l’initiative de la majorité territoriale et des élus de la Corse. Cet amendement, présenté par LFI lors du débat à l’Assemblée nationale et adopté, prévoit que les normes prises par l’Assemblée de Corse autonome, qu’elles soient de nature législatives ou réglementaires, assurent l’égalité de tous, sans distinction d’origine, de race, ou de religion, renvoyant à l’article premier de la Constitution. Nous considérons que cet amendement n’a pas d’intérêt et doit être retiré du texte pour deux raisons. Soit, on considère que cet amendement est superfétatoire dans la mesure où il renvoie à l’article premier de la Constitution qui serait, quoi qu’il en soit, appliqué la collectivité autonome de Corse puisqu’il s’applique à tous, y compris aux territoires autonomes et à la Kanaky. Cet amendement peut aussi ouvrir la voie à une interprétation restrictive, de la part du constitutionnel, du pouvoir normatif octroyé demain à la Collectivité autonome de Corse et entraîner une limitation excessive de sa capacité d’action. Dans un cas comme dans l’autre, qu’il soit superfétatoire, c’est-à-dire qu’il n’apporte pas de plus-value, ou qu’il ouvre la voie à une limitation excessive du pouvoir législatif, nous demandons que cet amendement soit retiré. Cette demande avait été présentée et défendue en séance par Michel Castellani, député Femu a Corsica, son contre-amendement a été rejeté à seulement deux voix près.
- Pour revenir aux élections, vous dénoncez une recomposition politique de l’opposition de droite. Qu’entendez-vous par là ?
- Don Joseph Luccioni : Nous avons, ce matin, donné une analyse de la situation politique actuelle avec une recomposition politique à l’œuvre à droite et à l’extrême-droite qui a connu un coup d’accélérateur ces dernières semaines. Pour preuve, le résultat des élections sénatoriales en Haute-Corse. Nicolas Battini, candidat de l’extrême-droite, qui part avec cinq grands électeurs, obtient 88 suffrages. Un résultat à corréler avec l’absence de candidature de la droite traditionnelle, celle de François-Xavier Ceccoli notamment, et avec les deux voix de Christophe Versini du Rassemblement National dans le Pumonte. Cette situation nouvelle s’inscrit dans la continuité du pacte qui a été signé et scellé au moment de l’élection législative de 2024 entre le Rassemblement National (RN), notamment son état-major parisien, et François-Xavier Ceccoli. C’est ce pacte qui a permis, par le désistement de la candidate RN au second tour, à François-Xavier Ceccoli d’être élu. À l’époque, c’était clair : il avait été fait référence à la nécessité de battre les nationalistes. Nous assistons à l’accélération et même la clarification de cette nouvelle donne politique. Ce n'est pas toute la droite corse qui est positionnée sur cette voie-là. Mais, quoi qu’il en soit, il lui appartiendra de clarifier ses positions.
- L’opposition, notamment François-Xavier Ceccoli, multiplie les charges virulentes contre Gilles Simeoni et la majorité territoriale. Comment réagissez-vous ?
- Don Joseph Luccioni : Nous lui avons répondu. Nous avons redit ce matin que le temps du silence et de l’absence de réponse à toute attaque injustifiée et infondée à l’égard de Femu a Corsica et de la majorité territoriale était désormais révolu. Nous rendrons coup pour coup, c’est clair ! Femu a Corsica et la majorité territoriale n’ont aucune leçon de démocratie ou d’éthique à recevoir de quiconque, de François-Xavier Ceccoli comme d’un certain nombre de responsables nationalistes.
- Sur l’autonomie et le statut de résident, l’opposition vous accuse d’enfumage. Que lui répondez-vous ?
- Don Joseph Luccioni : L’enfumage, c’est la position de François-Xavier Ceccoli ! Il se dit favorable au principe d’autonomie, mais en le vidant de sa substance et de sa définition, c’est-à-dire en retirant le pouvoir législatif. L’enfumage, c’est aussi le contre-projet d’autonomie du RN qui est, en fait, un projet contre l’autonomie de la Corse, puisque sans pouvoir législatif, sans statut de résident, sans statut d’officialité de la langue. D’ailleurs, à l’Assemblée nationale, le bloc de députés RN-UDR a voté comme un seul homme contre le projet de réforme constitutionnelle. En partant de la déclaration de politique solennelle du 23 février 2024 des élus de la Corse, qui a constitué le socle de l’accord politique de Beauvau, la mention constitutionnelle de notre communauté n’est pas seulement symbolique et historique, elle constitue, pour nous, et pas que pour nous puisqu’elle a été adoptée à l’unanimité, même par la droite, un acte fondateur et créateur de droit qui permet d’ouvrir la voie à la mise en œuvre d’un statut de résident et d’un statut d’officialité de la langue.
- Concernant le RN et ses relais locaux, vous dites que « les masques sont tombés ». C’est-à-dire ?
- Don Joseph Luccioni : Les masques sont tombés la semaine dernière. La stratégie du RN, qui est un enfumage, est désormais mort-né. Leurs propos tenus le 10 octobre dernier à Aiacciu assument complètement la dilution et l’assimilation du peuple corse à l’ensemble français. Les 5000 arrivants du continent français s’installant chaque année en Corse, c’est, pour le RN et ses relais locaux : circulez, il n’y a rien à voir ! Sans parler de la minoration du peuple corse sur sa terre, des effets sur le recul de notre identité et de notre langue, sur la spéculation, la dépossession, la décorsisation des emplois, des logements et des prestations sociales, etc. Pire encore, Nicolas Battini a évoqué l’incompétence des ouvriers et des salariés corses qui ne seraient pas intéressés par le fait de devenir des cadres, d’occuper des fonctions d’encadrement et de direction, notamment dans le secteur privé. Nous nous inscrivons complètement en faux avec cette position. Nous avons un projet en rupture et aux antipodes de cette approche, c’est un projet d’émancipation économique, sociale et politique.
- Don Joseph Luccioni : Ce rendez-vous constitue une étape décisive. On nous avait dit, au début du processus d’autonomie, qu’il n’y aurait pas d’accord politique et de possibilité de déboucher sur un statut d’autonomie. Or, accord politique, il y a eu en mars 2024 entre les élus de la Corse et le gouvernement pour le compte de l’État. Cet accord de Beauvau a été approuvé par l’Assemblée de Corse. On nous avait dit ensuite que le texte issu de l’accord de Beauvau serait remis en cause et modifié, y compris après l’avis du Conseil d’État. Il n’en a rien été ! Le Conseil des ministres a adopté le texte à l’identique. On nous avait également dit qu’après la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation des élections législatives anticipées en 2024, le processus serait enterré. Le processus a survécu. On est allé à l’Assemblée nationale. C’est vrai que c’était une étape difficile, mais elle s’est soldée par une victoire. L’essentiel des éléments du texte constitutionnel a été maintenu, notamment le pouvoir législatif et la reconnaissance du peuple. Les sénateurs auront à se prononcer en responsabilité et en conscience. Il leur appartient de décider si oui, ou non, ils souhaitent apporter leur pierre à l’édification d’une solution politique globale qui soit porteuse d’espoir et de paix pour la Corse.
- Ne craigniez-vous pas une réécriture du texte par les Sénateurs ?
- Don Joseph Luccioni : Nous l’avons réaffirmé ce matin : le texte, dans son esprit, comme dans sa lettre, ne saurait être remis en cause, dénaturer ou édulcorer, notamment sur trois grands aspects. Premièrement, le principe de l’autonomie et du pouvoir législatif qui doit être transféré de manière progressive, mais irréversible, dans les domaines non régaliens. Deuxièmement, la reconnaissance du peuple corse, avec la constitutionnalisation de « la communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre Corse ». Troisièmement, et ce n’est pas négligeable, nous considérons qu’au-delà de l’enjeu historique et symbolique de la reconnaissance du peuple corse, celle-ci constitue un acte fondateur et créateur de droit. C’est-à-dire que cette reconnaissance doit produire des effets normatifs et nous permettre de décliner, dans le cadre de la future loi organique, des lois corses dans le cadre d’une Corse autonome : un statut de résident qui ouvrira la voie à une fiscalité anti-spéculative et un statut d’officialité de la langue corse. Cela va être difficile, mais l’examen parlementaire doit aussi être l’occasion d’améliorer ou de renforcer le contenu du texte, notamment l’amendement 111 du groupe La France Insoumise.
- Pourquoi demandez-vous le retrait de cet amendement ?
- Don Joseph Luccioni : L’amendement 111 ne figurait pas dans l’accord politique initial de Beauvau approuvé par l’Assemblée de Corse. Il n’est donc, ni du fait du gouvernement, ni de l’initiative de la majorité territoriale et des élus de la Corse. Cet amendement, présenté par LFI lors du débat à l’Assemblée nationale et adopté, prévoit que les normes prises par l’Assemblée de Corse autonome, qu’elles soient de nature législatives ou réglementaires, assurent l’égalité de tous, sans distinction d’origine, de race, ou de religion, renvoyant à l’article premier de la Constitution. Nous considérons que cet amendement n’a pas d’intérêt et doit être retiré du texte pour deux raisons. Soit, on considère que cet amendement est superfétatoire dans la mesure où il renvoie à l’article premier de la Constitution qui serait, quoi qu’il en soit, appliqué la collectivité autonome de Corse puisqu’il s’applique à tous, y compris aux territoires autonomes et à la Kanaky. Cet amendement peut aussi ouvrir la voie à une interprétation restrictive, de la part du constitutionnel, du pouvoir normatif octroyé demain à la Collectivité autonome de Corse et entraîner une limitation excessive de sa capacité d’action. Dans un cas comme dans l’autre, qu’il soit superfétatoire, c’est-à-dire qu’il n’apporte pas de plus-value, ou qu’il ouvre la voie à une limitation excessive du pouvoir législatif, nous demandons que cet amendement soit retiré. Cette demande avait été présentée et défendue en séance par Michel Castellani, député Femu a Corsica, son contre-amendement a été rejeté à seulement deux voix près.
- Pour revenir aux élections, vous dénoncez une recomposition politique de l’opposition de droite. Qu’entendez-vous par là ?
- Don Joseph Luccioni : Nous avons, ce matin, donné une analyse de la situation politique actuelle avec une recomposition politique à l’œuvre à droite et à l’extrême-droite qui a connu un coup d’accélérateur ces dernières semaines. Pour preuve, le résultat des élections sénatoriales en Haute-Corse. Nicolas Battini, candidat de l’extrême-droite, qui part avec cinq grands électeurs, obtient 88 suffrages. Un résultat à corréler avec l’absence de candidature de la droite traditionnelle, celle de François-Xavier Ceccoli notamment, et avec les deux voix de Christophe Versini du Rassemblement National dans le Pumonte. Cette situation nouvelle s’inscrit dans la continuité du pacte qui a été signé et scellé au moment de l’élection législative de 2024 entre le Rassemblement National (RN), notamment son état-major parisien, et François-Xavier Ceccoli. C’est ce pacte qui a permis, par le désistement de la candidate RN au second tour, à François-Xavier Ceccoli d’être élu. À l’époque, c’était clair : il avait été fait référence à la nécessité de battre les nationalistes. Nous assistons à l’accélération et même la clarification de cette nouvelle donne politique. Ce n'est pas toute la droite corse qui est positionnée sur cette voie-là. Mais, quoi qu’il en soit, il lui appartiendra de clarifier ses positions.
- L’opposition, notamment François-Xavier Ceccoli, multiplie les charges virulentes contre Gilles Simeoni et la majorité territoriale. Comment réagissez-vous ?
- Don Joseph Luccioni : Nous lui avons répondu. Nous avons redit ce matin que le temps du silence et de l’absence de réponse à toute attaque injustifiée et infondée à l’égard de Femu a Corsica et de la majorité territoriale était désormais révolu. Nous rendrons coup pour coup, c’est clair ! Femu a Corsica et la majorité territoriale n’ont aucune leçon de démocratie ou d’éthique à recevoir de quiconque, de François-Xavier Ceccoli comme d’un certain nombre de responsables nationalistes.
- Sur l’autonomie et le statut de résident, l’opposition vous accuse d’enfumage. Que lui répondez-vous ?
- Don Joseph Luccioni : L’enfumage, c’est la position de François-Xavier Ceccoli ! Il se dit favorable au principe d’autonomie, mais en le vidant de sa substance et de sa définition, c’est-à-dire en retirant le pouvoir législatif. L’enfumage, c’est aussi le contre-projet d’autonomie du RN qui est, en fait, un projet contre l’autonomie de la Corse, puisque sans pouvoir législatif, sans statut de résident, sans statut d’officialité de la langue. D’ailleurs, à l’Assemblée nationale, le bloc de députés RN-UDR a voté comme un seul homme contre le projet de réforme constitutionnelle. En partant de la déclaration de politique solennelle du 23 février 2024 des élus de la Corse, qui a constitué le socle de l’accord politique de Beauvau, la mention constitutionnelle de notre communauté n’est pas seulement symbolique et historique, elle constitue, pour nous, et pas que pour nous puisqu’elle a été adoptée à l’unanimité, même par la droite, un acte fondateur et créateur de droit qui permet d’ouvrir la voie à la mise en œuvre d’un statut de résident et d’un statut d’officialité de la langue.
- Concernant le RN et ses relais locaux, vous dites que « les masques sont tombés ». C’est-à-dire ?
- Don Joseph Luccioni : Les masques sont tombés la semaine dernière. La stratégie du RN, qui est un enfumage, est désormais mort-né. Leurs propos tenus le 10 octobre dernier à Aiacciu assument complètement la dilution et l’assimilation du peuple corse à l’ensemble français. Les 5000 arrivants du continent français s’installant chaque année en Corse, c’est, pour le RN et ses relais locaux : circulez, il n’y a rien à voir ! Sans parler de la minoration du peuple corse sur sa terre, des effets sur le recul de notre identité et de notre langue, sur la spéculation, la dépossession, la décorsisation des emplois, des logements et des prestations sociales, etc. Pire encore, Nicolas Battini a évoqué l’incompétence des ouvriers et des salariés corses qui ne seraient pas intéressés par le fait de devenir des cadres, d’occuper des fonctions d’encadrement et de direction, notamment dans le secteur privé. Nous nous inscrivons complètement en faux avec cette position. Nous avons un projet en rupture et aux antipodes de cette approche, c’est un projet d’émancipation économique, sociale et politique.
- Vous avez aussi décliné les prochains grands chantiers de Femu. Quels sont-ils ?
- François Martinetti : Ils sont de trois ordres. D’abord, continuer notre campagne sur l’autonomie de la Corse avec les giri paisani que l’on va élargir à l’échelle des villes, dans les quartiers à Bastia, Portivechju et Aiacciu. C’est intéressant parce que ça permet d’alimenter notre vision des choses. Nous allons aussi continuer sur le format de 2023 d’I Cuntrasti di l’Autunumia, des grands débats publics autour d’une thématique précise : le développement économique, le social ou la santé, où nous montrerons les avantages de l’autonomie. Femu a Corsica continuera d’être sur le terrain en dynamique pour délivrer ce message de conviction auprès des Corses. Le deuxième chantier est essentiel : c’est le travail doctrinal que l’on doit mener. Aujourd’hui, nous sommes injustement caricaturés par nos adversaires. L’extrême-droite, la montée des populismes, la polarisation du débat d’idées, la radicalisation des positions sèment parfois la confusion. Cette tendance ne va pas s’améliorer avec la présidentielle et va même s’hystériser. Nous avons des convictions fortes, que ce soit sur le plan économique, social et sociétal. Nous allons les affirmer en posant deux questions à nos militants sur lesquelles nous débattrons pour définir une ligne programmatique et doctrinale que l’on proposera aux Corses pour les futures échéances électorales. Nous avons choisi deux thématiques fortes : la question du peuple corse avec l’identité, la démographie, la langue, et le modèle de développement économique et social. Ce sera débattu en interne et il est probable que, début décembre, nous présenterons cette doctrine.
- Le dernier chantier est forcément électoral avec les législatives. Qu’avez-vous décidé ?
- François Martinetti : L’élection présidentielle va forcément impliquer, dans la foulée, une dissolution de l’Assemblée nationale et donc une nouvelle élection législative. Nous allons consulter nos militants, nos instances territoriales et nationales, pour arrêter une feuille de route stratégique et politique. À ce stade, nous avons vocation à être présent dans les quatre circonscriptions, cela ne nous empêchera pas de discuter avec nos partenaires avec qui nous avons travaillé lors des municipales et des sénatoriales. C’est aux militants et aux élus de décider ce chemin-là. Nous allons en discuter entre nous dès la semaine prochaine, toujours dans l'état d'esprit de faire converger un maximum de nationalistes autour de nos fondamentaux et les forces de progrès. C’est ce que nous répétons depuis 15 ans. Il n’y a pas de surprise à ce niveau-là.
Propos recueillis par Nicole MARI.
- François Martinetti : Ils sont de trois ordres. D’abord, continuer notre campagne sur l’autonomie de la Corse avec les giri paisani que l’on va élargir à l’échelle des villes, dans les quartiers à Bastia, Portivechju et Aiacciu. C’est intéressant parce que ça permet d’alimenter notre vision des choses. Nous allons aussi continuer sur le format de 2023 d’I Cuntrasti di l’Autunumia, des grands débats publics autour d’une thématique précise : le développement économique, le social ou la santé, où nous montrerons les avantages de l’autonomie. Femu a Corsica continuera d’être sur le terrain en dynamique pour délivrer ce message de conviction auprès des Corses. Le deuxième chantier est essentiel : c’est le travail doctrinal que l’on doit mener. Aujourd’hui, nous sommes injustement caricaturés par nos adversaires. L’extrême-droite, la montée des populismes, la polarisation du débat d’idées, la radicalisation des positions sèment parfois la confusion. Cette tendance ne va pas s’améliorer avec la présidentielle et va même s’hystériser. Nous avons des convictions fortes, que ce soit sur le plan économique, social et sociétal. Nous allons les affirmer en posant deux questions à nos militants sur lesquelles nous débattrons pour définir une ligne programmatique et doctrinale que l’on proposera aux Corses pour les futures échéances électorales. Nous avons choisi deux thématiques fortes : la question du peuple corse avec l’identité, la démographie, la langue, et le modèle de développement économique et social. Ce sera débattu en interne et il est probable que, début décembre, nous présenterons cette doctrine.
- Le dernier chantier est forcément électoral avec les législatives. Qu’avez-vous décidé ?
- François Martinetti : L’élection présidentielle va forcément impliquer, dans la foulée, une dissolution de l’Assemblée nationale et donc une nouvelle élection législative. Nous allons consulter nos militants, nos instances territoriales et nationales, pour arrêter une feuille de route stratégique et politique. À ce stade, nous avons vocation à être présent dans les quatre circonscriptions, cela ne nous empêchera pas de discuter avec nos partenaires avec qui nous avons travaillé lors des municipales et des sénatoriales. C’est aux militants et aux élus de décider ce chemin-là. Nous allons en discuter entre nous dès la semaine prochaine, toujours dans l'état d'esprit de faire converger un maximum de nationalistes autour de nos fondamentaux et les forces de progrès. C’est ce que nous répétons depuis 15 ans. Il n’y a pas de surprise à ce niveau-là.
Propos recueillis par Nicole MARI.
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