Un mois après le rejet par le tribunal administratif de Bastia du recours déposé par plusieurs associations de défense de l’environnement contre le permis de construire du centre de tri et de valorisation des déchets de Monte, le collectif Piaghja di Golu continue d’exprimer son opposition au projet. Dans un communiqué transmis ce mardi, le collectif composé de riverains et d’agriculteurs indique avoir adressé un courrier à la directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) de Corse pour dénoncer ce qu’il considère comme « une évaluation sanitaire à deux vitesses ». Il fait notamment le parallèle avec le projet de centre de tri de Mezzana, pour lequel l’ARS a récemment émis des réserves. « Alors que l’ARS vient de rendre un avis défavorable au centre de tri de Mezzana pour des motifs sanitaires liés à l’eau potable, elle persiste à valider le projet du Centre de Valorisation des Déchets (CTV) de Monte, en Haute-Corse, qui concentre pourtant l'ensemble des risques qu'elle prétend éviter ailleurs. Ce deux-poids-deux-mesures n'est plus tolérable », écrit le collectif.
Dans son communiqué, Piaghja di Golu détaille ensuite plusieurs inquiétudes concernant les conséquences sanitaires et environnementales qu’il associe au projet de Monte. Le collectif met notamment en avant la proximité du site avec « le champ captant de la nappe alluviale du Golo » qui « assure 90 % de l'alimentation en eau potable de la Communauté de Communes Marana-Golo ». « Une pollution accidentelle contaminerait des dizaines de milliers d'habitants. » Il évoque également les risques liés aux inondations et aux incendies, ainsi que la situation de la basse vallée du Golo, qu’il considère déjà comme fortement exposée aux risques et aux nuisances. « La basse vallée du Golo cumule déjà : centrale thermique au fioul, 2 sites Seveso seuil haut, plus grand rond-point de Corse, gare routière, aéroport, inondations récurrentes. Seule 3 % des communes françaises cumulent autant de pollutions. Le Collectif du Golu dénonce une aggravation disproportionnée des risques pour une population déjà surexposée. »
Le collectif revient également sur l’annulation par le tribunal administratif de Bastia le 10 juillet dernier du Plan territorial de prévention et de gestion des déchets (PTPGD), adopté par l’Assemblée de Corse en juillet 2024 pour « absence d’inventaire fiable des déchets » et « méconnaissance des objectifs de valorisation ». Selon Piaghja di Golu, le projet du centre de tri de Monte « s’inscrit dans un vide juridique ». Enfin, le collectif s’inquiète du fait que ce projet pourrait être « un piège à déchets et un cheval de Troie pour l’incinération ». « Le projet de Monte ne trie que 36 % des déchets entrants au lieu de 55% selon les directives de l’UE, et a pour fonction de produire massivement des CSR [combustibles solides de récupération, ndlr]. Aucune étude sanitaire n'a été menée sur la filière globale ; ni sur les rejets atmosphériques du futur incinérateur (dioxines, furanes) ni sur la gestion des résidus (mâchefers, REFIOMS) », estime le collectif.
Face aux différents points soulevés, Piaghja di Golu demande « un moratoire immédiat sur l’arrêt de la filière CSR/Incinération et du projet de Monte » ainsi qu’« une réactualisation du plan de 2016 visant à gérer les déchets au plus près des gisements et utiliser des sites déjà dédiés sur Bastia, Ajaccio, Corte, la Balagne et le Sud ». Contactée, l’Agence régionale de santé de Corse indique ne pas vouloir s’exprimer publiquement sur le dossier en cours.
-
Éclipse au col de Teghime : un spectacle exceptionnel… mais une organisation qui a viré au cauchemar
-
EN IMAGES - La Corse au rendez-vous de l’éclipse solaire
-
Eclipse en Corse - Objectif des astrophotographes bastiais « réussir la photo parfaite ! »
-
Beach-volley - Le tournoi de Lava réunit plus de 300 joueurs pour son édition 2026
-
Éclipse solaire en Corse : envoyez-nous vos plus belles images du phénomène










Envoyer à un ami
Version imprimable




