Il avait 32 ans et déjà une idée précise de ce qu’il voulait faire de sa médecine. À Marseille, où il avait étudié et était devenu interne des hôpitaux en anesthésie-réanimation, son professeur souhaitait le conserver auprès de lui. Mais en 1976, une autre possibilité se présente : rentrer en Corse et y créer un SAMU. Le choix est immédiat. « Tôt ou tard, son choix, c’était de rentrer », raconte sa fille, Christelle Combette.
Elle a alors quatre ans lorsque la famille rejoint Ajaccio. Le 1er août 1976, son père crée le premier SAMU de Corse. À l’époque, il est régional et couvre toute l’île, bien avant que les SAMU 2A et 2B ne deviennent départementaux. Mais Paul Combette ne se contente pas de créer un service. Il bâtit, autour de lui, toute une nouvelle organisation de l’urgence.
La même année, il crée la première réanimation polyvalente du territoire, inaugurée par Simone Veil. Il met en place les premières évacuations sanitaires vers le continent, organise les transferts interhospitaliers et développe le centre 15. Il crée également les SMUR de Porto-Vecchio, Sartène et Bonifacio, qui existent toujours aujourd’hui. « Il a participé à ces différentes innovations au service de la prise en charge des patients », souligne Laurent Germani, directeur par intérim de l’hôpital d’Ajaccio.
Elle a alors quatre ans lorsque la famille rejoint Ajaccio. Le 1er août 1976, son père crée le premier SAMU de Corse. À l’époque, il est régional et couvre toute l’île, bien avant que les SAMU 2A et 2B ne deviennent départementaux. Mais Paul Combette ne se contente pas de créer un service. Il bâtit, autour de lui, toute une nouvelle organisation de l’urgence.
La même année, il crée la première réanimation polyvalente du territoire, inaugurée par Simone Veil. Il met en place les premières évacuations sanitaires vers le continent, organise les transferts interhospitaliers et développe le centre 15. Il crée également les SMUR de Porto-Vecchio, Sartène et Bonifacio, qui existent toujours aujourd’hui. « Il a participé à ces différentes innovations au service de la prise en charge des patients », souligne Laurent Germani, directeur par intérim de l’hôpital d’Ajaccio.
Paul Combette est aussi un homme de transmission. Pendant des années, il dirige l’école régionale des conducteurs ambulanciers et s’investit dans la formation des infirmiers et des médecins. Pour Evelyne Allodi, directrice de la filière urgences, SAMU-SMUR, cette volonté de transmettre fait partie de son héritage : « Il a formé tout son personnel à tous les postes sur lesquels il a voulu qu’on se positionne. Il a su nous former, nous accompagner pour qu’on marche tous ensemble. »
Une phrase qui résume peut-être le mieux la philosophie du médecin : construire une équipe avant de construire un service.
Une passion qui débordait sur la vie de famille
À la maison, pourtant, Paul Combette parlait peu de ce qu’il accomplissait. « C’était quelqu’un de très discret, qui fuyait les honneurs », raconte sa fille. « Il ne vivait qu’à travers son métier, qui était sa passion. » Sa famille vivait malgré tout au rythme du SAMU. Un appel pouvait interrompre n’importe quel repas, n’importe quel anniversaire ou n’importe quelle fête. Christelle se souvient notamment des glaces que son père aimait manger au Glacier du Port : « Dès qu’il y avait une urgence, le SAMU venait le chercher en voiture. Il posait la cuillère, qu’il ait mangé une bouchée ou qu’il ait fini sa coupe, il partait, ou alors l’hélicoptère venait le chercher. »
Une phrase qui résume peut-être le mieux la philosophie du médecin : construire une équipe avant de construire un service.
Une passion qui débordait sur la vie de famille
À la maison, pourtant, Paul Combette parlait peu de ce qu’il accomplissait. « C’était quelqu’un de très discret, qui fuyait les honneurs », raconte sa fille. « Il ne vivait qu’à travers son métier, qui était sa passion. » Sa famille vivait malgré tout au rythme du SAMU. Un appel pouvait interrompre n’importe quel repas, n’importe quel anniversaire ou n’importe quelle fête. Christelle se souvient notamment des glaces que son père aimait manger au Glacier du Port : « Dès qu’il y avait une urgence, le SAMU venait le chercher en voiture. Il posait la cuillère, qu’il ait mangé une bouchée ou qu’il ait fini sa coupe, il partait, ou alors l’hélicoptère venait le chercher. »
Elle sourit. « C’était plus fort que tout. » Cette disponibilité permanente ne semblait pourtant jamais relever, chez lui, d’une recherche de reconnaissance. « Il était beaucoup trop humble pour penser à ce qu’il était en train de construire. Pour lui, c’était le patient qui était important. Ce n’était pas lui. »
Cette philosophie se retrouvera dans les grandes interventions qui jalonneront sa carrière. En 1992, lorsque la catastrophe de Furiani survient, Paul Combette est devant sa télévision. Un hélicoptère vient le chercher à Ajaccio et l’emmène à Bastia. Sur place, il participe à l’organisation des secours et à la répartition des blessés dans les différents établissements de santé. Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé, lui remettra par la suite la Légion d’honneur. Mais même cette distinction, Paul Combette la reçoit seul : « Il n’a fait ni fête, ni cérémonie, ni rien du tout », souffle Christelle Combette.
Le médecin organise également le premier don d’organes en Corse après l’accident d’un jeune homme. Une fois les prélèvements organisés, il attend chez lui l’avion chargé de transporter les organes. À chaque bruit de moteur, il sort regarder. « Il était dans sa bulle et il fallait qu’il reste dans sa bulle », raconte sa fille.
Cinquante ans après, « la base est toujours là »
Depuis 1976, le SAMU a évidemment changé. Les véhicules, les équipements, les moyens de communication et l’organisation n’ont plus rien à voir avec ceux des débuts. Le centre 15 s’est informatisé. Et depuis 2024, le Service d’accès aux soins permet aussi d’orienter les patients vers des consultations de soins non programmés.
Mais pour ceux qui travaillent aujourd’hui au SAMU 2A, l’essentiel n’a pas bougé. « On ne fait que continuer son œuvre », insiste Evelyne Allodi. Elle cite les évacuations sanitaires, toujours organisées par le SAMU, les trois SMUR créés à l’époque, mais aussi la formation et cette culture de la coordination qui reste au cœur du métier.
Cette philosophie se retrouvera dans les grandes interventions qui jalonneront sa carrière. En 1992, lorsque la catastrophe de Furiani survient, Paul Combette est devant sa télévision. Un hélicoptère vient le chercher à Ajaccio et l’emmène à Bastia. Sur place, il participe à l’organisation des secours et à la répartition des blessés dans les différents établissements de santé. Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé, lui remettra par la suite la Légion d’honneur. Mais même cette distinction, Paul Combette la reçoit seul : « Il n’a fait ni fête, ni cérémonie, ni rien du tout », souffle Christelle Combette.
Le médecin organise également le premier don d’organes en Corse après l’accident d’un jeune homme. Une fois les prélèvements organisés, il attend chez lui l’avion chargé de transporter les organes. À chaque bruit de moteur, il sort regarder. « Il était dans sa bulle et il fallait qu’il reste dans sa bulle », raconte sa fille.
Cinquante ans après, « la base est toujours là »
Depuis 1976, le SAMU a évidemment changé. Les véhicules, les équipements, les moyens de communication et l’organisation n’ont plus rien à voir avec ceux des débuts. Le centre 15 s’est informatisé. Et depuis 2024, le Service d’accès aux soins permet aussi d’orienter les patients vers des consultations de soins non programmés.
Mais pour ceux qui travaillent aujourd’hui au SAMU 2A, l’essentiel n’a pas bougé. « On ne fait que continuer son œuvre », insiste Evelyne Allodi. Elle cite les évacuations sanitaires, toujours organisées par le SAMU, les trois SMUR créés à l’époque, mais aussi la formation et cette culture de la coordination qui reste au cœur du métier.
Pour Laurent Germani, cette continuité est frappante lorsqu’on regarde le SAMU 2A aujourd’hui : « Des choses se sont évidemment transformées avec les années, mais la base qu’a créée Paul Combette il y a 50 ans est toujours là. »
Paul Combette restera près de quarante ans au sein du service qu’il a créé, jusqu’à sa retraite au milieu des années 2010. Il aura formé plusieurs générations de professionnels et accompagné l’évolution du SAMU sans jamais véritablement chercher à en tirer la lumière. C’est peut-être pour cela que, cinquante ans plus tard, son nom continue de circuler autrement : dans les souvenirs de ceux qu’il a soignés.
Christelle en fait régulièrement l’expérience. « Quand je me présente dans des endroits où je ne suis pas connue autrement, les gens me disent : “Ah, vous avez un lien avec le docteur Combette ?” Je réponds : “Oui, je suis sa fille.” Et alors ils me racontent : “Il a sauvé ma mère, mon père, mon fils. Il était sur tel accident…” » Des histoires par dizaines qui ne conforte qu’une idée chez sa fille : « Pour moi, c’est mon héros. »
Mais l’hommage rendu ce samedi par l’hôpital d’Ajaccio dépasse le regard d’une fille sur son père. Il est celui de toute une profession envers celui qui en a posé les fondations.
Paul Combette restera près de quarante ans au sein du service qu’il a créé, jusqu’à sa retraite au milieu des années 2010. Il aura formé plusieurs générations de professionnels et accompagné l’évolution du SAMU sans jamais véritablement chercher à en tirer la lumière. C’est peut-être pour cela que, cinquante ans plus tard, son nom continue de circuler autrement : dans les souvenirs de ceux qu’il a soignés.
Christelle en fait régulièrement l’expérience. « Quand je me présente dans des endroits où je ne suis pas connue autrement, les gens me disent : “Ah, vous avez un lien avec le docteur Combette ?” Je réponds : “Oui, je suis sa fille.” Et alors ils me racontent : “Il a sauvé ma mère, mon père, mon fils. Il était sur tel accident…” » Des histoires par dizaines qui ne conforte qu’une idée chez sa fille : « Pour moi, c’est mon héros. »
Mais l’hommage rendu ce samedi par l’hôpital d’Ajaccio dépasse le regard d’une fille sur son père. Il est celui de toute une profession envers celui qui en a posé les fondations.












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