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DOSSIER. Les députés Horizons formulent une proposition pour mettre fin aux déserts médicaux


le Dimanche 6 Novembre 2022 à 18:18

Le groupe parlementaire, dont le député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud, Laurent Marcangeli, est président a souhaité engager un débat sur les règles d’installation des médecins lors des débats sur le projet de loi de Financement de la Sécurité sociale 2023. Si la proposition n’a pas été retenue, Horizons entend bien continuer à travailler sur le sujet



Laurent Marcangeli président du groupe Horizons à l'Assemblée Nationale. Photo Michel Luccioni
Laurent Marcangeli président du groupe Horizons à l'Assemblée Nationale. Photo Michel Luccioni
Favoriser l’installation des médecins dans les déserts médicaux. C’est l’objectif de la mesure qu’Horizons a présenté fin octobre dans le cadre des débats sur le projet de loi de Financement de la Sécurité sociale (PFLSS) 2023. Le groupe parlementaire souhaitait pour ce faire engager un débat sur les règles d’installation des médecins à travers un amendement porté par le député Thomas Mesnier.
 
« La méthode que nous avons proposée vise à faire qu’un médecin qui veut s’installer dans une zone sous-dense, c’est-à-dire qui n’est pas bien dotée, aurait une autorisation automatique. Cela représente 87% du territoire. En revanche, si le médecin souhaite s’installer dans les zones bien dotées, qui ne représentent donc que 13% du territoire, il ne peut le faire que s’il remplace un confrère qui cesse son activité, part à la retraite ou déménage, et qu’il s’engage parallèlement à un exercice temporaire, d’une journée ou une demi-journée, dans une zone qui elle n’est pas bien dotée », explique le député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud, Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée Nationale. Il souligne en outre que « ce dispositif ne serait pas régulé par le gouvernement, mais par l’Ordre des médecins ». « Ce ne serait pas le gouvernement qui fixerait des quotas et dirait aux médecins où ils peuvent s’installer ou non. Ce que l’on voudrait, c’est que l’Ordre des médecins prennent la main et à travers ce dispositif favorise l’activité médicale dans des zones en difficulté », insiste-t-il.
 
Si cette proposition n’a pas été retenue dans le cadre du PLFSS, il indique que son groupe compte bien continuer à travailler sur le sujet. « Ce n’est pas pour autant qu’on va baisser pavillon et abandonner le principe. D’abord parce qu’il a été plus ou moins annoncé dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron et que donc nous n’avons pas le sentiment d’être contradictoires avec nos campagnes électorales de la présidentielle et des législatives. Et puis ensuite parce que je crois que c’est le meilleur système eut égard à ce réel problème dont il faut s’occuper. Avec ce dispositif nous voulions créer un mécanisme qui permette un peu plus d’équilibre », expose le président d’Horizons. Il faut dire que travailler à résorber les déserts médicaux tient particulièrement à cœur au député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud. « En Corse, il y a une grande problématique d’accès aux soins, notamment pour les zones rurales. Cela occasionne une difficulté de maintien de nos personnes âgées dans le monde rural. On voit bien que la peur de tomber malade ou d’avoir un petit accident quand on est dans une zone périphérique de montagne ou de montagne est une réalité », souffle-t-il. « Nous allons donc essayer de convaincre. Pour l’instant, effectivement le Ministre de la Santé a rendu des arbitrages qui étaient plutôt négatifs, considérant que les médecins n’allaient pas accepter le mécanisme et que donc il n’était pas souhaitable que ce que nous voulions créer à travers cet amendement soit organisé. Mais nous pensons sincèrement que c’est une bonne solution. Peut-être faut-il que nous la travaillions davantage, on ne va pas non plus dire que c’est la possibilité de régler le problème clefs en main, mais nous considérons qu’il y a quand même fort à parier que c’est plutôt vers ce type de dispositif qu’il faudra aller si on veut commencer à répondre à ce sujet », ajoute-t-il. 
 
Bien que la proposition d’Horizons ait pour le moment été écartée, le PLFSS 2023 a toutefois permis l’adoption d’un amendement concernant l’organisation par les conseils de l’Ordre des médecins de consultations de médecins généralistes ou spécialistes dans les zones à faible démographie médicale sous forme d’une expérimentation de 3 ans. De quoi peut-être commencer à répondre à la problématique des déserts médicaux. 


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