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Bastia - Rémy Furfaro s’en est allé, le rugby corse perd l’un des siens


le Samedi 15 Août 2026 à 20:32

Figure historique du rugby bastiais et insulaire, Rémy Furfaro est décédé ce samedi 15 août. Avec lui disparaît l'un de ces hommes qui ont accompagné le ballon ovale en Corse à travers les époques, à XV comme à XIII. Un joueur à la stature imposante, un pionnier, mais surtout un homme de fidélité et d'amitié, dont la macagna dissimulait mal la générosité.



Rémy Furafro à gauche en compagnie du regretté Victor Serafini (@cni)
Rémy Furafro à gauche en compagnie du regretté Victor Serafini (@cni)
Le rugby corse vient de perdre l'un des siens. L'un de ceux qui comptaient. Rémy Furfaro s'en est allé ce samedi 15 août, laissant derrière lui le souvenir d'une force de la nature au grand cœur et d'une certaine idée du rugby, celle où le jeu, les combats sur le terrain et les maillots n'avaient finalement de sens que par les liens qu'ils permettaient de nouer entre les hommes.

Rémy appartenait à l'histoire du rugby bastiais. En 2012, lorsqu'étaient célébrés les cinquante ans du rugby à Bastia, il figurait avec le regretté Victor Serafini et Michel Guillaumin parmi ceux que l'on présentait comme les « pionniers ». Une histoire passée par le RCB, le SECB, le BUC, Bastia XIII, le SCB Rugby puis Bastia XV.

Il avait lui-même traversé ces époques et ces changements de code. Les archives photographiques le montrent notamment sous le maillot de Bastia XIII dans les années 1970. Mais réduire Rémy Furfaro à une succession de clubs, de saisons et de rencontres serait passer à côté de l'essentiel.
Car chez lui, le rugby était d'abord une histoire d'hommes.


Le rugby comme une fraternité
Il en était encore une belle illustration en avril 2024, à Volpaghju. Des anciens étaient venus d'Ajaccio, de Balagne, de Casinca et de Bastia pour se retrouver autour d'un barbecue et refaire quelques-uns des matches d'autrefois. Quinzistes et treizistes réunis, sans autre enjeu que celui de l'amitié. Ce jour-là, Rémy Furfaro et Michel Guillaumin étaient au centre de cette réunion des générations du rugby insulaire.
Tout Rémy était sans doute là.
Dans cette capacité à faire du rugby bien davantage qu'un sport. À prolonger les rencontres longtemps après le coup de sifflet final. À entretenir ces amitiés particulières nées dans les vestiaires, dans les mêlées, au cours des déplacements et, bien sûr, lors des troisièmes mi-temps.
Avec lui, les liens pouvaient se distendre au fil des années et des chemins différents empruntés par chacun. Mais il suffisait d'une rencontre pour qu'ils se renouent immédiatement. Une poignée de main, un sourire, une macagna, et la conversation reprenait exactement là où elle s'était arrêtée, comme si le temps n'avait pas passé.
C'était aussi cela, Rémy Furfaro.


La macagna et la fidélité
Une carrure que l'on remarquait. Une présence. Et puis cette manière toute bastiaise de manier la macagna, cet art de se moquer de l'autre d'autant plus volontiers qu'on l'aime bien.
Il fallait parfois savoir encaisser. Mais derrière la plaisanterie, derrière la boutade qui pouvait faire mouche, il y avait surtout un homme sur lequel on savait pouvoir compter.
Lorsque les circonstances l'exigeaient, Rémy était là.
Cette fidélité aux hommes allait de pair avec celle qu'il vouait au rugby. En septembre 2020 encore, lors du passage en Corse du trophée Webb Ellis avant la Coupe du monde 2023, il était présent aux côtés de Michel Guillaumin et André Cecil, lui aussi disparu, parmi les anciens représentants du rugby bastiais. Comme si, des décennies après ses premiers pas sur les terrains, il était toujours naturel pour lui de se trouver là où battait le cœur du rugby corse.
Parce que ce rugby-là était une partie de sa vie.
Et parce que Rémy faisait partie de la sienne.


Salut l'ami !
Il est toujours difficile d'écrire sur la disparition d'un ami.
La distance que l'on recherche lorsque l'on raconte la vie des autres devient soudain impossible lorsque surgissent les souvenirs, les visages, les éclats de rire et ces rencontres parfois espacées de plusieurs années qui effaçaient pourtant, en quelques secondes, tout le temps écoulé.
Rémy était de ces amis-là.
De ceux que l'on ne voit pas nécessairement tous les jours mais dont on sait qu'ils sont là. De ceux avec lesquels nul besoin n'est de refaire connaissance après une longue absence. De ceux qui vous accueillent avec une macagna avant même de vous demander comment vous allez.
Aujourd'hui, le rugby corse perd l'un de ses pionniers et l'une de ses figures. Beaucoup perdent un compagnon de terrain, un adversaire devenu ami, un copain de troisième mi-temps.
Et certains perdent simplement un ami.
Salut Rémy.