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Territoriales : L’accord politique des Nationalistes met le cap sur l’autonomie


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 23 Septembre 2017 à 00:14 | Modifié le Dimanche 24 Septembre 2017 - 01:48


C’est désormais officiel : Femu a Corsica et Corsica Libera partiront unis dès le 1er tour des Territoriales sous la bannière Pè a Corsica. Vendredi soir, à Corti, ils ont présenté un accord stratégique de mandature décliné en dix points, notamment le cap sur l’autonomie à trois ans, la construction de la Corse du 21ème siècle à 10 ans, et l’ouverture aux autres composantes du mouvement national et aux forces de progrès. La majorité nationaliste demande au peuple corse de confirmer la confiance qu’il a déjà exprimée à son égard à deux reprises. Elle affirme que l’enjeu du scrutin de décembre sera institutionnel. Avec un nouveau slogan à la clé : Un paese da fà !


Les trois leaders nationalistes lisent l'accord sous l'olivier de l'université de Corse à Corte.
Les trois leaders nationalistes lisent l'accord sous l'olivier de l'université de Corse à Corte.
C’est sous l’olivier du parvis de l’université de Corse à Corti que les Nationalistes, qui raffolent des symboles, ont tenu à officialiser l’union de la majorité territoriale dont la nouvelle avait fuitée, il y a une semaine. « Un olivier symbole de paix, mais aussi du monde rural que nous défendons », précisera, in lingua nustrale, Gilles Simeoni, président de l’Exécutif et leader incontesté de la démarche. Autour de lui, le président de l’Assemblée de Corse et leader de Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni, le conseiller exécutif et co-leader de Femu a Corsica, Jean-Christophe Angelini, le Conseil exécutif, les conseillers territoriaux et des militants venus de toute l’île. En ces temps pré-électoraux agités par la polémique sur l’autodétermination, le plus attendu était l’accord politique entre Autonomistes et Indépendantistes, qui signe la feuille de route de la mandature. Comme en 2015, les partenaires de Pè a Corsica jouent sur du velours pour rassurer, désarmer les critiques, conjurer le vieil épouvantail électoral d’une pseudo-menace séparatiste que leurs adversaires brandissent déjà. Dans un long texte d’une dizaine de pages, ils déroulent un contrat clair, qui exclut l’indépendance, et décline dix points précis.
 
Dix années pour construire
Ce contrat propose aux Corses « de valider une philosophie d’action et un projet politique précis et complet s’inscrivant dans une temporalité de dix ans. Dix années pour construire avec tous les Corses la Corse du XXIème siècle ». Le premier point repose sur une exigence récurrente de paix et de démocratie, piliers de la démarche Pè a Corsica. Le second rappelle les valeurs et les fondamentaux de l’action qui continue de s’inscrire dans le fil historique du combat nationaliste. Le troisième dépasse les objectifs électoraux de court terme et fixe un calendrier politique sur 10 ans, alors que la prochaine mandature ne durera que 3 ans et demi. Le quatrième point est la mise en œuvre du projet de société que les Nationalistes ont commencé à décliner depuis deux ans, depuis leur accession aux responsabilités régionales. Il s’appuie sur un certain nombre d’orientations, notamment « la reconnaissance juridique de notre identité collective » et la construction d’un modèle de citoyenneté avec la langue corse comme ciment social. Les priorités restent les mêmes : l’éducation, la formation, l’emploi et l’insertion professionnelle, la liberté d’entreprendre, l’innovation, le numérique, la justice sociale, l’équilibre territorial….
 
Le combat pour l’autonomie
Jusque là, rien de bien nouveau par rapport au contrat politique passé entre les deux tours du scrutin de décembre 2015. Mais les Nationalistes dévoilent un objectif institutionnel temporellement très ambitieux : obtenir, dans les 3 ans, un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice, avec un pouvoir législatif, réglementaire et fiscal, et sa mise en œuvre en 10 ans. « Les Corses, qui voteront Pè a Corsica, valideront cet objectif. Nous nous engagerons à obtenir ce statut dans la mandature à venir et à le mettre pleinement et efficacement en œuvre dans la mandature suivante ». Les Nationalistes ne veulent pas d’un pseudo-statut ou d’une coquille vide, élaboré par Paris, mais d’un statut « voulu et construit par les Corses, conforme au principe d’autodétermination qui n’est rien d’autre que le droit reconnu au peuple corse à décider librement et démocratiquement de ses choix essentiels ». Ils optent pour un processus de dévolution des compétences qui renvoie l’épineuse question de l’indépendance à la fin de la décennie.
 
Main tendue aux autres Nationalistes
L’accord confirme, également, la volonté d’ouverture « à tous les Corses et à toutes les forces vives », prônée par Gilles Simeoni et qui se traduira par l’intégration de candidats d’ouverture dans la liste Pè a Corsica. Il valide la nécessité du « dialogue et la recherche de convergence stratégique avec les Nationalistes s’étant pour l’heure affirmés en désaccord avec la majorité… ». En ligne de mire : « U Rinnovu, qui a développé depuis le début de la mandature des analyses très critiques de l’action de la majorité territoriale, ou encore de militants issus du Soffiu Novu ou de la Manca Naziunale. Nous souhaitons entretenir avec ces formations des relations apaisées et constructives. Sur le fond, il nous parait naturel et souhaitable que toutes les forces militantes ou sympathisantes issues du combat historique pour l’émancipation et la reconnaissance du peuple corse convergent et s’unissent pour bâtir la Corse d’aujourd’hui et de demain. Nous sommes et serons donc disponibles pour engager avec les militants ou autres formations, qui ne sont à l’heure actuelle pas partie prenantes de Pè a Corsica, un cycle d’échanges et de concertation ».
 
Bâtir des ponts, pas des murs !
L’accord renforce, aussi, la stratégie de concertation mise en place depuis deux ans privilégiant la convergence avec les forces de progrès et les plateformes d’action autour des thématiques stratégiques qui « rassemblent aujourd’hui majoritairement les Corses, au-delà de leurs différentes appartenances. Là où d’autres essaient de dresser des murs et de ressusciter l’idée d’un « front » dit « républicain » qui renvoie à des logiques de bloc contre bloc, nous voulons inlassablement construire des ponts et travailler au rassemblement et à la cohésion de tous les Corses ». L’accord réaffirme l’engagement pris sous serment le 17 décembre 2015 par la majorité territoriale d’une « gouvernance claire, transparente et démocratique… de gouverner la Corse en servant l’intérêt général, en respectant l’esprit démocratique et en se conformant aux exigences d’éthique et aux principes de transparence, d’équité et de pluralisme ». Le texte se conclut sur la détermination des Nationalistes à obtenir « une solution politique négociée » de la question corse qui passe, notamment par le rapprochement immédiat de tous les prisonniers politiques et l’amnistie.
 
N.M.

Réactions des leaders nationalistes

 

Gilles Simeoni : « Nous avons voulu dire aux Corses sur quels principes d’actions nous comptons avancer pour, en l’espace de dix ans, construire la Corse du 21ème siècle »
« Cet accord politique est un document de fond qui nous engage. Il a une valeur contractuelle, non seulement pour nous, mais aussi pour tous ceux qui décident d’y souscrire, qu’il s’agisse de citoyens ou de forces politiques. Ce document reflète une réflexion, une vision stratégique, une idée haute et exigeante de ce que nous devons faire au service de la Corse dans les années à-venir. Nous avons voulu dépasser le cadre d’un simple texte électoral pour jeter les fondations d’une démarche intitulée Paese da fà, et dire aux Corses sur quels principes d’actions nous comptons avancer pour, en l’espace de dix ans, construire la Corse du 21ème siècle ».
- Trois ans pour un statut d’autonomie, est-ce raisonnable ? « Trois ans est le temps maximum que nous devons mettre pour obtenir le statut d’autonomie. Un statut de plein droit et de plein exercice est l’un des éléments de la solution politique dont nous avons besoin pour construire une société apaisée et répondre aux aspirations du peuple corse. L’Etat doit s’engager clairement en ce sens, mais, pour l’instant, il ne veut rien entendre, il reste dans une attitude de négation de la dimension fondamentalement politique de la question corse. Il faudra, donc, continuer à assumer un rapport de forces démocratique avec Paris. Les Corses, à travers leurs suffrages, peuvent renforcer notre légitimité ».
- La confirmation de l’ouverture politique ? « Cet accord s’est nourri de nos deux années d’expérience d’exercice des responsabilités où nous avons obtenu des résultats significatifs, mais, en même temps, nous avons pu mesurer la gravité et l’ampleur de certains retards, la difficulté de la tâche, et nous avons acquis la conviction que la Corse a plus que jamais besoin de toutes ses forces vives et de tous ses enfants pour se construire et se projeter dans l’avenir. Nous lançons un appel à tous les Corses, bien sûr, aux autres Nationalistes qui ne se reconnaissent pas, pour l’instant, dans la démarche de la majorité territoriale, avec lesquels nous voulons avoir des relations constructives, mais aussi à tous ceux qui ne sont pas nationalistes. Nous leur disons que ce pays, nous devons le construire ensemble ».

Jean-Guy Talamoni : « Nous nous présentons avec un projet, un bilan et la volonté inaltérable de servir les intérêts de ce pays » 
« L’union, c’est ce que nous voulions, ce que voulaient aussi l’ensemble des Nationalistes. C’est ce qu’attendaient de nombreux Corses, même non Nationalistes, qui pensent que, depuis deux ans, nous avons travaillé dans le bon sens au service de tous les Corses, et pas seulement de ceux qui avaient voté pour nous. Il fallait pouvoir continuer ce travail. C’est, aujourd’hui, une chose extraordinaire que de dire ensemble que nous allons poursuivre, si les Corses nous font de nouveau confiance en décembre, comme ils nous ont fait confiance en décembre 2015 et en juin à l’occasion des Législatives. Nous nous présentons avec humilité devant le peuple avec un projet, un bilan et la volonté inaltérable de servir les intérêts de ce pays. »
- L’autodétermination ? « Nous avons évalué à une dizaine d’années le temps nécessaire pour, une part, nous doter de nouvelles institutions performantes, obtenir un nouveau statut et le mettre en œuvre, et, d’autre part, construire une économie pour apporter aux Corses la stabilité matérielle. Dans 10 ou 12 ans, les Corses auront peut-être d’autres choix à faire, mais pour les faire librement, ils doivent être assurés d’une certaine stabilité matérielle. En Catalogne, la question économique et la stabilité, qui est acquise pour es Catalans ,jouent un grand rôle dans la détermination du peuple catalan. Aujourd’hui, en Corse, nous ne sommes malheureusement pas dans la même situation sur le plan économique et sur le plan politique. Les Catalans disposent d’une large autonomie, réelle avec un pouvoir législatif. Nous voulons que la Corse soit, dans les dix ans à-venir, placée dans une situation d’émancipation, de pouvoir choisir. Les choix se feront de la manière la plus démocratique qui soit. C’est cela notre détermination : le choix de son devenir ».
 
Jean-Christophe Angelini : « Une union stratégique pour transformer en profondeur la société corse » 
« Cet accord était très attendu. Aussi avons-nous accéléré sa présentation au public. Il est écrit, il nous engage et, surtout, il traite d’une durée de dix ans durant laquelle nous voulons déployer une stratégie nouvelle. Les mouvements, les sensibilités et les partis conservent leur spécificité et leur originalité, mais s’entendent stratégiquement. C’est fondamental ! Les dix points, qui vont de la mise en œuvre d’un statut nouveau à celle d’un projet de société en passant par la relation apaisée avec l’Etat dans le cadre d’une solution politique négociée, constituent des éléments fondamentaux pour l’avenir. Aujourd’hui, nous entamons notre dynamique de travail. Nous appelons les Corses, Nationalistes ou non, qui souhaitent travailler avec nous, a le faire. Ce n’est pas la campagne qui est lancée, c’est la dynamique d’union stratégique en vue des territoriales et d’une reconduction de la majorité, mais, d’abord et avant tout, pour transformer en profondeur la société corse ».




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