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Serge Santunione (MEDEF Corse) : "Retrouver la confiance et la fierté d’entreprendre"


le Mardi 18 Novembre 2014 à 18:24 | Modifié le Mardi 18 Novembre 2014 - 18:36


Le Mouvement des Entreprises de France est une organisation patronale française créée en 1998. Son but est de fédérer et représenter les entreprises françaises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité auprès de l’Etat et des autres organisations syndicales salariées ou patronales. L’organisation revendique plus de 750 000 entreprises adhérentes, dont 90% de PME/TPE. En Corse, le MEDEF régional est présidé depuis 2010 par Serge Santunione, chef d’entreprise du BTP, qui nous a accordé un entretien sur la situation de l’organisation régionale et ses principaux objectifs.


Serge Santunione (MEDEF Corse) : "Retrouver la confiance et la fierté d’entreprendre"
- Serge Santunione parlez-nous ,en quelques mots, du MEDEF Corse
 - Le MEDEF Corse est une association régionale, loi 1901, composée d’un Conseil d’Administration de 14 chefs d’entreprises corses (7 / 2A et 7 / 2B), représentatifs de toutes tailles et de tous secteurs d’activités de l’entrepreunariat insulaire.
Les 850 entreprises adhérentes à notre mouvement régional sont à considérer en deux grandes familles d’adhérents ; d’une part, les adhérents directs et d’autre part, les adhérents de branches (S.P.T.C, F.H.P, Fédérations du Bâtiment, C.R.E.P.C.O…). La totalité de ces 850 entreprises, sur les 24 000 que compte le secteur marchand non agricole en Corse, emploie plus de 30% des salariés de ce même secteur, ce qui est tout à fait représentatif et respectable si l’on devait établir une comparaison avec d’autres régions de l’hexagone, mais ce qui n’est jamais assez pour être encore plus représentatif à mes yeux . Nous devons être encore plus nombreux pour être, encore mieux entendus…
 
-On voit de plus en plus souvent le MEDEF Corse dans différents débats et même dans les écoles. Est-ce une nouvelle stratégie ?
- Plus qu’une stratégie, c’est un devoir. Nous nous devons en effet de renouer le dialogue et la communication avec l’éducation nationale et les acteurs concernés par cet enjeu fondamental. Il faut arrêter de penser qu’il y a un mur qui sépare les entreprises des enseignants ou des parents. Si pour certains il existe encore, il faut absolument le faire tomber. Il faut inviter les jeunes à découvrir l’entreprise et ne pas oublier que nous avons nous aussi été jeunes un jour. Depuis de nombreuses années nous organisons des manifestations avec les jeunes et les enseignants comme par exemple « Les boss invitent les jeunes » lors desquelles quelques chefs d’entreprises ont pris le temps de pouvoir découvrir des PEPITES. Cela a d’ailleurs été mon cas, avec un jeune étudiant qui est désormais en CDI dans mon entreprise, mais je ne suis bien entendu pas le seul… c’est également pour nous l’occasion de prendre du recul sur notre quotidien, de découvrir de jeunes talents, de parler en toute franchise, de les écouter pour pouvoir mieux les comprendre, et pour eux de constater qu’un chef d’entreprise est un « ancien jeune » souvent, un père ou un grand­-père et en rien une personne « inabordable.
 
- La formation est l’un de vos chevaux de bataille ?
 - La formation est essentielle. Le MEDEF est, et a été, l’un des plus importants protagonistes de la réforme de la formation professionnelle via l’Accord National Interprofessionnel du 14 décembre 2013, transposé dans la loi du 5 avril 2014. Tous autour de Pierre GATTAZ, nous avons voulu cette réforme, afin que le chef d’entreprise ne considère plus la formation comme un impôt ou une taxe de plus, mais comme un investissement, une valorisation de son personnel, une amélioration de la compétitivité. »
 
- Les médias et notamment la télévision consacrent de plus en plus de sujets au MEDEF et à son rôle. Certains estiment même que certaines initiatives gouvernementales pourraient être guidées par le MEDEF ?
- Je ne crois pas que le MEDEF guide qui ou quoi que ce soit, mais il était vraiment temps que l’entreprise soit recentrée au cœur des débats économiques et sociaux de notre pays. Si vous parlez du pacte de responsabilité, qui dans sa première version avait pour nom pacte de confiance, il a en effet été proposé au gouvernement par le MEDEF, en dehors de toutes idéologie politique, afin de donner un projet et un cap économique et social, une vision stratégique. Le MEDEF national et régional pour ce qui nous concerne est une véritable force de proposition qui doit savoir donner des projets et des visions notamment au travers de France 2020, un projet pour faire gagner la France, ou au travers du projet 1 million d’emplois. C’est ainsi que nous pourrons retrouver la confiance et la fierté d’entreprendre.
 
- La période que nous traversons est dite de crise et la situation de la Corse n’est guère reluisante. Quelle est la position du MEDEF Corse ? 
- En Corse, nous avons toujours observé un effet sur l’économie que l’on pourrait qualifier de « ressort » en situation de crise ; lorsqu’une crise sévit, au niveau national ou international, la Corse semblait l’accuser avec un retard et de façon légèrement moins violente, sans toutefois perdre de vue qu’elle touchait l’île tôt ou tard. Cela a été le cas en 2007 / 2008,  notamment grâce au levier vertueux du crédit d’impôt sur investissement mais aujourd’hui elle dure et n’en finit plus ; force est de constater que cette fois-ci l’amortisseur de la fonction publique et de la commande publique (48% du PIB) n’a pas suffit. La crise est bien plus grave, elle est structurelle. Il convient à mon sens d’innover et d’oser imaginer des solutions dont tout le monde parle mais que personne n’ose mettre en œuvre en se cachant derrière des dogmes et des postures. Il faut fluidifier et améliorer le marché du Travail et lutter, la main dans la main, contre le fléau du chômage. Nous ne gagnerons que collectivement…
 
- Parlons du chômage. Il est à la hausse comme chacun sait. Que faire pour endiguer et sortir de cette mauvaise spirale ? Quel regard portez-vous sur cette situation ?
- C’est bien entendu une des conséquences de la crise mondiale que nous traversons mais nous avons les moyens de réagir. Il faut absolument modifier et réformer, sortir des postures. Nous devons par exemple revoir, modifier les effets de seuils, en portant par exemple les seuils de 10 à 20, de 20 à 50 et de 50 à 100. Il faut oser intégrer dans les règlements de consultation des marchés publics en Corse des clauses et des critères de RSE qui permettront aux chefs d’entreprises qui respectent des valeurs entrepreneuriales d’être reconnues et différenciées par leur bonnes pratiques, par les donneurs d’ordre publics surtout lorsque l’on sait qu’en Corse la commande publique représente 48% du PIB.
Il faut dans le BTP, comme dans le HCR (industrie du tourisme), limiter à sa juste proportion l’emploi en sous-traitance totale de main d’œuvre déplacée. Cette fameuse main d’œuvre que l’on fait entrer à outrance et que l’on utilise comme seul et unique moyen de production au détriment de la formation, du maintien de l’emploi local et de nos savoir-faire. C’est certainement un bon calcul économique mais uniquement sur du très court terme et de cela il faut en tenir compte. Les pouvoirs publics et les donneurs d’ordre doivent absolument reconnaître les bonnes pratiques et les bons élèves afin de tirer l’économie par le haut, faute de quoi nous allons finir par déstructurer irrémédiablement notre société.
A titre d’exemple, nous pouvons aussi nous inquiéter de voir des semi-remorques arriver tous les jours sur le bas côté de nos routes nationales et distribuer à la sauvette des marchandises, alors que des industriels et des négociants qui maintiennent l’emploi et l’économie depuis des décennies sont tous les jours un peu plus affaiblis par la crise.
Il faut absolument que tout forme de concurrence déloyale puisse trouver une réponse vis-à-vis de ceux qui œuvrent pour qu’économie rime avec social sur notre île.
 
- Dernier point, le PADDUC. Il a été voté. Est-ce une bonne chose ?
 - Comme je vous l’ai déjà dit plus haut, le MEDEF est apolitique, je ne me positionnerai donc pas sur un plan idéologique sur ce dossier. Mais sur un plan purement économique, je pense que ce PADDUC a le mérite d’exister, et qu’à partir de ce document nous allons peut-être enfin pouvoir parler et échanger tant d’économie que de social dans notre île, sans avoir à opposer ces deux piliers fondamentaux. Je voudrais aussi en toute simplicité rendre hommage à la ténacité et au travail de Maria Guidicelli et son équipe dans ce chantier, comme quoi le travail n’est pas forcément à conjuguer avec pénibilité. Je pense que ce PADDUC doit nous faire retrouver la confiance et le plaisir d’entreprendre avec nos collaborateurs, dont nous avons tous besoin dans notre pays et sur notre île. 
Propos recueillis par J.F.



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