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Produire local : Le parcours du combattant en Corse


Rédigé par H.N. le Mardi 15 Août 2017 à 18:49 | Modifié le Mardi 15 Août 2017 - 22:21


Comme le dit la chanson qu’Antoine Marielli a composé pour la Scola di Cantu Natale Luciani “Camparà l’alivetu, camparà u castagnetu”... Tout simplement parce que dans un contexte où les organismes biologiques parasites et la détresse climatique semblent dicter leur loi, tous les acteurs semblent prendre les problèmes à bras le corps et trouver des solutions. La première d’entre elles reste, dans le domaine horticole comme dans d’autres, l’arrêt rapide et définitif de l’importation de plants produits ailleurs.
Alors on peut s’étonner de lire, sur les réseaux sociaux, l’appel de détresse de la Pépinière Lijnen (à Pisciatellu) face aux difficultés d’installation d’un projet visant à étendre la part de production d’essences insulaires.
Corse Net Infos est allé à la rencontre de Kevin Lijnen, gérant de l’entreprise.


Produire local : Le parcours du combattant en Corse
- Vous êtes un jeune pépiniériste, votre entreprise est située à Piasciatella et vous souhaitez transformer l'entreprise familiale et vous adapter face au désastre que génère la Xyllella en produisant local et en développant les variétés endémiques. Cela n'est pas sans poser de sérieuses difficultés, quelles sont-elles ?
-Tout d'abord je tenais à préciser que de 1973 à 2000 nous produisions déjà 60% de nos végétaux. Ensuite la mondialisation et le passage à l’euro ont favorisé l'importation de végétaux. Aujourd'hui avec l'apparition de la xylella la donne a changé et il me paraît opportun de relancer notre secteur de production. Hélas les lourdeurs administratives ralentissent considérablement notre projet, cela fait un an que je planche sur mon dossier d'installation, sans avoir d'aide concrète. il est difficile pour les pépiniéristes d'être renseigné ou aiguillé car notre secteur est peu représenté.
En ce qui concerne l'aspect foncier de mon projet, j'ai réussi a trouver un terrain exploitable pour construire nos serres de 2000m2 dédiées à la production mais je viens d'apprendre qu'il est classé zone EBC (espace boisé classé) ce qui m'empêche de l'exploiter et de rentrer dans le cadre du plan d'aide aux jeunes agriculteur.  Les divers arrêtés préfectoraux nous interdisent d'importer un grand nombre de plantes il est pour nous important que les services divers d'état soient à nos côtés pour accélérer l'implantation d'une unité de production.
 
- Comment expliquer qu'aujourd'hui les freins soient principalement administratifs ?
- Je pense qu'aujourd'hui il y a un fort décalage entre les agriculteurs et les personnes en charge de l'élaboration des dossiers Jeunes Agriculteurs.
Notre filière est aussi trop peu représentée à la chambre d'agriculture ce qui ne facilite pas notre développement. Mettons qu’il me faille deux ans pour monter mon projet, alors il s’agît de deux années de production perdues. Dans la situation actuelle le temps presse.

- L'ODARC vous accompagne et a pour volonté de soutenir votre parcours d'installation en qualité de jeune agriculteur, mais le PLU de Cauro ne vous permet pas d vous installer sur le terrain que vous avez trouvé. La situation peut-elle être débloquée ?
- Je l'espère...mon terrain est classé EBC (Espace Boisé Classé) ce qui le rend inexploitable et m'empêche de rentrer dans le cadre du plan d'aide aux jeunes agriculteurs. Le PLU de Cauro n'est pas encore clos, je suis toujours en attente d'un rendez-vous avec Mr le Maire pour lui exposer mon projet.
 
- Peu de gens savent que les pépinières sont considérées comme des exploitations agricoles et comme dans tous les secteurs ont trouvé toutes les approches et méthodes. Les pépiniéristes ne devraient-ils pas se structurer en filière et faire d'initiatives comme la vôtre la base d'un plan d'action pour la préservation et le développement des plants insulaires ?
- Vue la conjoncture je pense que cela s'impose. Aujourd'hui nous devons être les garants d'une agriculture en circuit court pour se prémunir d'éventuelles maladies qui pourraient mettre en péril notre environnement. L’avenir, plus que jamais, c'est le retour aux sources et à la base de notre métier : produire nos propres plants.
   

- Aujourd'hui c'est la demande qui dicte vos productions. Aussi peut-on, dans votre domaine (comme cela se fait dans d'autres), imaginer que la production identitaire soit favorisée par vos clientèles ?
- Le marché des plantes endémique est une niche, il ne faut pas se le cacher, mais il est vrai qu'avec la xylella les clients se tournent de plus en plus vers des plants identitaires. Le fort engouement pour les huiles essentielles permet aussi de mettre en lumière les bienfaits de l'immortelle. La demande de plantes endémiques est donc croissante depuis quelques années.
 
- Vous avez intégré le label Corsica Grana, qu'apporte ce label et que pouvez-vous lui apporter ?
- Le 21 juin 2016, le conservatoire botanique de Corse lançait Corsica Grana, un label visant à certifier l’origine corse des plants et assurer leur traçabilité. En intégrant ce label nous sommes tenus par un cahier des charges strict. La traçabilité des plantes est certifiée, tout comme le lieu de récolte des graines (point GPS) et le lieu de plantation. Acheter des productions labélisées Corsica Grana c’est l’assurance d'un plan produit "made in corsica".
Ce label est un véritable atout pour la pépinière.





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