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Paul-Félix Benedetti : " Le PADDUC doit un document de paix qui réconcilie les corses."


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 14 Août 2012 à 14:19 | Modifié le Vendredi 28 Décembre 2012 - 10:00


Les grandes orientations du futur PADDUC, Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse, ont été adoptées, fin juillet, à l’assemblée de Corse. Conseiller territorial de Corsica Libera, Paul-Félix Benedetti explique, à Corse Net Infos, pourquoi les Indépendantistes ont voté, stricto sensu, le document proposé qui, selon lui, prend en compte les fondamentaux du nationalisme : le peuple corse et la souveraineté politique.


Paul-Félix Benedetti : " Le PADDUC doit un document de paix qui réconcilie les corses."
- Quel est votre sentiment sur les orientations concernant le PADDUC ?
- Ce n’est pas encore le PADDUC. C’est le programme du futur PADDUC. C’est simplement un schéma général, une feuille de route. Il fait un constat de la situation de la Corse, conforme à ce que les Nationalistes ont toujours dit : un héritage colonial avec une société déliquescente, une île où il ne fait pas bon vivre, aujourd’hui, alors que tous les paramètres auraient normalement du donner une position inverse.
 
- A l’inverse des modérés, votre groupe a voté ce programme sans déposer d’amendements. Y adhérez-vous complètement ?
- Ce document est un canevas politique qui nous convient aujourd’hui. C’est un principe général sans ligne directive. Il prend en compte les deux piliers qui sont les fondamentaux du nationalisme, à savoir la reconnaissance de l’individu dans sa dimension sociale, humaine et culturelle et la définition d’une politique spécifique pour promouvoir leur protection. Nous disons : oui. Nous allons l’étudier. A ce stade, il n’y avait pas lieu, à notre sens, de déposer des amendements. Nous approuvons l’amendement principal, de mettre en avant la notion de peuple corse comme le chapeau légitime à tout.
 
- Ce document vous rend-il confiant pour l’avenir ?
- Ce document se veut porteur d’espoir pour les défenseurs de la Corse que nous sommes parce qu’il prône la défense de deux aspects : l’aspect individuel et sociétal et l’aspect patrimonial, foncier et spéculatif. On ose espérer qu’au final, ce ne sera pas qu’un simple document d’aménagement du territoire, mais un document de paix, généreux, qui réconcilie les Corses avec eux-mêmes et les Corses avec tous leurs autres voisins. Cela dépendra de la manière dont, ensuite, seront menées l’organisation du travail et la recherche des consensus sachant que, dans un document d’aménagement quel qu’il soit, il y a des choses interdites et des choses autorisées. Cet aspect binaire sera agrémenté de conditions limites.
 
- C’est-à-dire ?
- Il faudra déterminer la part qui sera interprétable de ce que l’on peut faire et ne pas faire, de ce qu’on veut aménager et promouvoir et de ce qu’on veut limiter et freiner. Il faut que ce soit, par exemple, un trait sur une carte de délimitation, qui soit précis et non interprétable, pour que le document soit opposable, ferme, directif, qu’il permette, pour les générations futures, de redonner à la Corse une dimension sociétale qu’elle n’aurait jamais du quitter.
 
- Le caractère très autonomiste de ce document vous surprend-il ?
- Ce qui me surprenait, c’est que, malgré l’évolution du monde et des comportements, la modification des Etats nations, il y ait encore autant de personnes archaïques en Corse. Je me réjouis de voir que les idées, que nous avons portées pendant près de 40 ans, sont reprises, aujourd’hui, par d’autres. On a besoin de protéger l’entité individuelle et culturelle corse.
 
- De quelle manière, selon vous ?
- Pour nous, en définissant le peuple corse. Cette communauté intégrative de culture et d’histoire, qui permet de brasser y compris les religions, s’appelle un peuple. Ensuite, le contenu de ce peuple. C’est une île, donc avec un territoire défini, où il faut des règles politiques spécifiques. Nous, nous voyons ce peuple à travers une indépendance, qui n’est pas forcément formelle, frontale, de rupture, séparatiste comme ça a été dit à certains moments, mais une indépendance dans l’interdépendance européenne où chacun doit trouver sa place.
 
- Est-ce ce qui est proposé dans ce document ?
- Ce qui est proposé globalement dans ces orientations, à des degrés divers dans la gradation des prises de responsabilités pour l’avenir, c’est un contenu avec deux piliers : le pilier individuel et sociétal articulé autour de la valeur des hommes, de leur patrimoine culturel, de leur héritage. Pour nous, c’est le peuple. Et le volet institutionnel, politique, qui, pour nous, dessine les contours d’une nation souveraine. D’autres n’y voient qu’une simple région avancée, autonome, mais nous sommes, peut-être, aux prémices, du moins je l’espère, d’un consensus territorial national.
 
- Le fait que ce PADDUC soit soumis à une évolution constitutionnelle ne risque-t-il pas de le fragiliser ?
- Cela va le renforcer. Si le PADDUC est orienté vers l’obligation d’une réforme constitutionnelle, cela veut dire que la Corse connaîtra une troisième réforme de ses institutions territoriales. Nous osons espérer qu’il y aura un saut qualitatif tel, qu’il rapproche la Corse d’une mesure politique normative la mettant au niveau des régions à très forte autonomie comme les régions espagnoles, au niveau d’un espace fédéral où l’entité corse pèsera, par exemple, autant que le Kosovo.
                                                                                    Propos recueillis par Nicole MARI



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