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H. Santoni : « La Corse est amarrée dans la République et elle doit le rester »


Rédigé par le Jeudi 22 Octobre 2015 à 23:33 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 14:28


La liste de « Debout la France » a été dévoilée ce jeudi en fin d’après-midi, à Ajaccio, en présence de Nicolas Dupont-Aignan, président national du parti. Après une journée passée entre Bastia et la cité impériale pour présenter la démarche, Hyacinthe Santoni, ancien député des Bouches du Rhône, qui conduira la liste pour les élections territoriales de décembre prochain, est revenu sur les raisons qui ont poussé Debout la France à entrer en course pour ces élections. Et s’il assura n’avoir eu aucun mal à rassembler les 51 noms nécessaires pour constituer la liste, la tête de liste de Debout la France affiche, d’ores et déjà, une ambition assumée de dépasser la barre des 7% lors du premier tour. Interview pour Corse Net Infos de Hyacinthe Santoni, tête de liste de Debout la France


H. Santoni : « La Corse est amarrée dans la République et elle doit le rester »
 
- Quel est le sens de votre démarche ?
- Notre démarche est très simple. Il y a une multitude de listes qui se présentent à cette élection, et celles-ci ont un seul objectif : rester au pouvoir, s’emparer du pouvoir, le pouvoir pour le pouvoir. Nous, nous voulons tout simplement montrer que nous sommes des hommes et des femmes libres. Nous ne subissons aucune contrainte, aucune pression, et nous voulons arriver à l’Assemblée de Corse pour tenir bon, pour faire en sorte que ça ne parte pas à la dérive : avec la nouvelle institution qui va être créée, l’Assemblée Territoriale unique, nous voulons pouvoir participer aux débats, et dire fort ce que nous pensons. Nous pensons qu’actuellement on est en train de détruire toute la politique de proximité, que nos communes rurales vont disparaître, et que ce n’est pas à travers une intercommunalité démentielle que l’on va régler le problème. La véritable représentation c’est la représentation des territoires, et ces territoires ne peuvent être représentés que par ceux qui étaient avant les conseillers généraux, devenus aujourd’hui conseillers départementaux. Nous voulons donc une assemblée territoriale unique, mais avec une vraie représentation des territoires en son sein.
 
- Comment qualifieriez vous les gens présents sur votre liste ?
- Ce sont des gens qui arrivent d'horizons divers. Il y en a qui ont été nationalistes à un moment donné, qui sont aujourd’hui déçus et qui disent que justement notre façon de voir les choses est très réaliste. C'est cette façon de voir les choses qui va nous amener à entrer à l'Assemblée Territoriale et qui va faire en sorte qu'une majorité silencieuse va enfin prendre part au débat.
Certains journalistes ont parlé de mercato par rapport à ceux qui sont actuellement en train de négocier des places, c’est grave ! La politique ce n'est pas un marchandage, la politique ce sont des valeurs pour lesquelles on se bat, pour lesquels on croit.  Moi je respecte tous les hommes qui ont des convictions quelles qu'elles soient, on peut ne pas être d’accord, mais dans le respect. Je respecte toutes les tendances à une seule condition : qu'elles soient représentées par des gens de conviction, et des hommes qui refusent et rejettent la violence.  Il appartient à l’homme politique de tout mettre en œuvre pour que la violence ne s’exprime jamais. Il n’y a qu’une seule force qui vaille dans une véritable démocratie : c’est le bulletin de vote, et celui-ci est à la disposition de tous les compatriotes le 6 décembre. Il faut voter fermement pour que la Corse reste bien amarrée dans la République, que son identité et sa spécificité soient reconnus, pour que l’on fasse tout pour que les terroirs prospèrent, pour que nos étudiants soient les meilleurs, pour que notre île devienne la plus belle des îles de Méditerranée, là où il fait bon vivre. Quand on regarde ce que la mandature Giacobbi-Talamoni a donné au bout de six ans de gouvernance, on s’aperçoit que c’est un échec total, notamment dans le traitement des déchets: nous nous proposerons des choses là dessus, et la Corse sera une île propre, enviée par tout le monde.
 
- Sur quels thèmes allez vous faire campagne ?
- Sur des thèmes nationaux tout d’abord, par exemple sur le problème des travailleurs détachés : il n’est pas normal que dans une île où il y a entre 23 000 et 25 000 chômeurs on emploie des travailleurs venus d’ailleurs, comme des Roumains, des Albanais ou des Polonais. Il n’est pas normal que l’on ne se préoccupe pas de ces chômeurs qui sont en train de quémander une augmentation pour la Noël, pendant que l’on accorde généreusement des subventions pour que les supporters d’une équipe de football se déplacent à Paris. Par ailleurs, il faut réduire à tout prix les frais de fonctionnement et les gaspillages inutiles, et consacrer toutes nos forces aux investissements créateurs d’emplois.
 
- Plus que jamais, on note également une volonté très forte de promouvoir les valeurs de la République au cœur de votre projet
- Nous sommes fiers d’être Corses, mais nous sommes aussi fiers d’être Français, et nous n’acceptons pas la moindre dérive. C’est pour cela que nous disons stop à certaines propositions faites par l’ensemble, stop à la coofficialité, stop au statut de résident, stop à un nouvel article de la Constitution. La Corse est amarrée dans la République et elle doit le rester, et actuellement il est temps de l’affirmer haut et fort.
 
- Quel score espérez vous atteindre lors du premier tour ?
- Je ne spécule pas, mais je sens sur le terrain une forte mobilisation, une prise de conscience que je n’avais jamais ressentie jusqu’à présent. Depuis le mois de mai, je creuse un sillon, et si j’avais vu que cela ne marchait pas j’aurais dit à Nicolas Dupont-Aignan que ce n’était pas la peine de faire une liste. Mais je me suis aperçu que des hommes et des femmes de qualité se sont joints à notre démarche. Et c’est pour cela que nous avons constitué une liste, sans grande peine, et sans support médiatique aucun. On ne nous a jamais vu dans les émissions de télévision, on ne nous a jamais vu assis à une table de négociation, pourtant je représente un homme qui a été candidat aux élections présidentielles. Actuellement en campagne électorale, bien sûr tout le monde est invité, mais pour constituer la liste personne ne m’a donné un coup de main. Par contre, on a vu d’autres hommes qui s’affichaient en grand, aussi bien sur les écrans que dans les pages de journaux, qui ont jeté l’éponge, et qui ont négocié leur place auprès d’autres listes, c’est ça le mercato que nous condamnons.
 
- Si vous atteignez la barre des 5% à l’issue de ce premier tour, vers quelles alliances serez vous susceptibles de vous tourner ?
- Nous n’allons pas dépasser la barre des 5%, nous allons dépasser les 7% et nous allons nous maintenir au second tour. Nous sommes dans une logique toute simple, notre objectif est d’atteindre les 7% et nous allons les atteindre.
 
- Ne craignez vous pas que la multiplication des listes aussi bien à droite, qu’à gauche puisse finalement faire le jeu des nationalistes qui partent somme toute beaucoup moins divisés?
- Sur le terrain je ne sens plus un fort courant pour les nationalistes, mais plutôt des nationalistes qui viennent vers nous. La preuve, sur notre liste, à la place n°10, Jeanne-Marie Simeoni avait quelque sympathie pour les nationalistes et a fini par les quitter parce qu’elle trouve qu’ils ne sont pas réalistes, qu’ils font du rêve et que le rêve ne sert à rien.
 
 Manon PERELLI
 
 
Les 51 noms de la liste Debout la France
 
  1. Hyacinthe Santoni, Ancien député, retraité de l’Education Nationale – Sartène
  2. Jeanne Gallego- Astolfi, Médecin – Calvi
  3. Jean-Christophe Orticoni, Chargé de mission du patrimoine culturel- Ile Rousse
  4. Antoinette Coudert, Conseillère communautaire Cap Corse – Brando
  5. Antoine Battini, Commerçant – Porto
  6. Anne-Laure Cure, Ancienne élève de l’école du Louvre, chargée de projet – Grosseto Prugna
  7. Kévin Rocchetti, Etudiant en Droit et Sciences Politiques – Afa
  8. Alix De Poix, Administrateur de société – Ajaccio
  9. Jean Bacchelli, Ingénieur Génie Civil – Arbellara
  10. Jeanne-Marie Simeoni, Universitaire – Lozzi
  11. Bernard Poussier, Juriste International – Sartène
  12. Odile Mondoloni, Directreice d’école, retraitée de l’Education Nationale – Sartène
  13. Jean-Louis Poletti, Colonel Retraité du Ministère de la Défense – Venzolasca
  14. Jacqueline Castellani, Surveillante de nuit – Pianottoli
  15. Gilbert Tamburini, Artisan – Sartène
  16. Evelyne Santi, Chef d’entreprise – Sisco
  17. Jacek Zaniewicki, Colonel Retraité – San Nicolao
  18. Ginette Giacomoni, Retraitée BTP – Santa Maria Figaniella
  19. Jean-Baptiste Franceschini, Exploitant agricole, conseiller municipal – Montegrosso
  20. Marcelle Lorendeaux, Femme au foyer - Pruno
  21. Antoine Corti, Employé – Sartène
  22. Sylvaine Casasoprana, Agricultrice – Alata
  23. Marc-Antoine Giovacchini-Mariani, Etudiant – Bastia
  24. Angèle- Marie Cianfarani, Artisan – Sartène
  25. Antoine Tramoni, Retraité - Sartène
  26. Marie-Caroline Marini, Agent de voyage – Afa
  27. Joseph Battestini, Membre du Corps Diplomatique Honoraire – Ile Rousse
  28. Marie-Josiane Sintes, Retraitée CPAM – Lucciana
  29. Frédéric Rinieri, Professeur – Corte
  30. Paulette Daubricourt, Retraitée cadre banque – Figari
  31. Jean-Luc Bertheloot, Dirigeant d’entreprise – Ajaccio
  32. Marguerite Fittipaldi, Femme au foyer – Pianottoli
  33. Don Jérôme Fieschi, Etudiant – Sartène
  34. Pierrette Capelle, Aide médico psychologique – Propriano
  35. Joseph Sereni, Retraité de la Fonction Publique – Bastia
  36. Murielle Lanfranchi, Employée – Viggianello
  37. Thierry Vasseux, Agent d’accueil – Porto Vecchio
  38. Annie Valery, Femme au foyer – Bastia
  39. Ange Amaducci, Retraitée de l’Education Nationale – Sartène
  40. Antoinette Mondoloni, Femme au foyer – Arbellara
  41. Marc-André Goti, Employé de restauration – Sartène
  42. Louise Santoloni, Retraitée – Rospigliani
  43. Christian Garreau de Loubresse, Régisseur – Lucciana
  44. Hélène Franceschi, Retraitée – Ajaccio
  45. Anthony Orsini, Commercial – Peri
  46. Marie-Andrée Berge, Retraitée, Rospigliani
  47. Gérard Comte, Chef d’entreprise, ancien président du tribunal de commerce – Bastia
  48. Simone Bonelli, Retraitée de l’Education Nationale – Rospigliani
  49. Jean-Pierre Antoni, Proviseur honoraire – Omessa
  50. Christiane Devaux-Scamaroni, Professeur d’éducation physique retraitée – Bastia
  51. Jean Pozzo di Borgo, Médecin – Ajaccio



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