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Restonica Trail by UTMB - Près de 5 millions d’euros de retombées économiques pour la ville


Mario Grazi le Samedi 27 Juin 2026 à 14:34

Le Restonica Trail by UTMB monte de plus en plus en puissance chaque année. De plus d’un millier d’inscrits lors de sa première édition en juillet 2009, cette 18e édition enregistre 5200 inscrits ! Et les organisateurs planchent d’ores et déjà à une cinquième épreuve pour ne pas saturer les quatre courses déjà au programme. Une épreuve qui génère de très importantes retombées économiques pour la ville, le centre Corse et bien sûr toute l’île. Pour évoquer cette 18 édition, René Cannac, responsable des inscriptions, répond aux questions de Corse Net Infos.



-Comment gère-t-on aujourd’hui ces 5200 inscrits ? Y a-t-il également deux fois plus de bénévoles que pour les éditions précédentes ?
- Effectivement, nous avons besoin de davantage de bénévoles pour assurer le bon déroulement et la sécurité de l’épreuve. Nous sommes d’ailleurs en permanence en recherche de ces bénévoles car sans eux, nous n’y arriverions pas. Nous avons besoin de bénévoles en montagne, sur les points de ravitaillement ou de contrôles. Généralement, toutes et tous sont de la région. Nous avons aussi quelques appoints de gens de l’extérieur, qui participent à une course ou à la marche, puis qui s’investissent à nos côtés pour prêter main forte puisque nous avons aussi besoin de signaleurs en ville. Il faut également des bénévoles à la restauration sur le parking Tuffeli, à la distribution des dossards mais aussi à la distribution des dotations que nous donnons aux coureurs, tout comme aux départs des courses. Bref, nous avons besoin de leur aide et nous continuerons jusqu’au dernier moment à recevoir leur demande d’inscription sur le site du Restonica Trail by UTMB. A l’échelle de la Corse, le Restonica Trail by UTMB représente l’épreuve la plus importante au niveau des inscrits. Jamais une épreuve n’avait rassemblé autant de participants. Mais ce n’est pas exceptionnel pour les trails puisque dans d’autres régions ce chiffre est multiplié au moins par deux, mais, il est vrai, avec des infrastructures bien plus importantes. Les moyens mis en œuvre dans les Alpes Maritimes, en Savoie ou en Alsace sont bien largement supérieurs aux nôtres. Nous restons à une échelle associative et nous nous démultiplions avec l’équipe existante pour répondre aux exigences d’une telle manifestation. La difficulté que nous rencontrons se situe bien sûr au niveau de l’hébergement. L’ensemble des structures d’accueil comme les hôtels, les campings, les maisons d’hôtes de Corte affichent complet pour la période du trail.

- Les organisateurs ont été contraints de se tourner vers le Crous cette année encore ?
- C’est d’abord à Corte et sur tout le centre-Corse que les athlètes ont trouvé à se loger, que ce soit le Boziu, le Venacais, le Vivariais, Ponte-Leccia, le Niolu et même jusqu’à Aleria et Ghisonaccia. Pour anecdote, un athlète de la catégorie élite se déplace avec tout un groupe devant participer aux différentes épreuves. Il nous a annoncé, il y a quelques jours, qu’il avait finalement trouvé une maison et que c’était parfait. Malheureusement, il s’est fié à la carte et c’est à Porto qu’il a trouvé à se loger. Nous lui avons donc expliqué que ce n’était pas une bonne idée car la distance kilométrique indiquée sur la carte, ne correspondait pas au temps nécessaire pour rejoindre la ligne de départ à Corte ! Finalement, c’est au Niolu que cette équipe, venue du Continent, à trouver à se loger. Malheureusement concernant le Crous, nous ne pourrons disposer que de quelques chambres puisqu’il y a des travaux engagés. Elles serviront à nos bénévoles venus de l’extérieur ainsi que pour les équipes techniques. En revanche, nous avons un partenariat avec la cité scolaire Pascal-Paoli et nous pourrons disposer des dortoirs du lycée.

- Par rapport au faible investissement de cette course, à hauteur de 150 000 euros, les retombées économiques pour la ville et pour la Corse sont très importantes ?
- Effectivement, car les athlètes qui viennent de l’extérieur et parfois de très loin comme la Chine, le Japon, les Etats-Unis, l’Australie, etc. sont accompagnés d’au moins une personne et le séjour à Corte, ou les environs, est d’une semaine, tandis qu’une autre semaine est passée au bord de mer. Cela veut dire qu’il faudra compter sur au moins la présence de 10 000 personnes durant la durée de l’épreuve. En terme financier cela représente près de 5 millions d’euros pour Corte, bien que nous n’ayons pas encore fait le calcul exact, mais par rapport à l’an passé, nous pouvons faire le ratio et nous devrions même dépasser cette somme. On peut également tabler sur cette même somme pour le centre Corse et toute la Corse. Ainsi, par rapport à l’investissement de départ, c’est colossal. Les retombées économiques sur cette période sont pour le moins exceptionnelles. Nous faisons une enquête après la course dans laquelle nous demandons aux participants le type de logement, le nombre de personnes qui ont accompagné l’athlète, la durée du séjour, l’argent dépensé pour les nuitées et pour l’achat de souvenirs, par exemple. Et nous sommes étonnés car plus de 40% des participants prennent le temps de répondre à cette enquête. Cela nous permet ainsi de solliciter les partenaires. Et c’est grâce à eux que nous pouvons doter cette épreuve.

- Est-ce-que la Restonica Trail by UTMB a l’intention de fixer une limite des inscriptions pour les années à venir vu le nombre toujours croissant de participants ?
- Nous allons fixer une limite sur le nombre de coureurs par course. Par exemple nous avons atteint le nombre maximum d’inscrits sur le Tavignanu Trail, nous avons encore quelques places sur le Restonica Trail et l’Ultra Trail di Corsica. Mais nous réfléchissons à une autre solution. En effet, nous pensons qu’il serait souhaitable de rajouter une autre course de manière à étaler la semaine. C’est notre idée pour le moment, bien que ce ne soit pas encore acté. Je dois ajouter, enfin, que cette année, nous avons 1000 étrangers qui sont inscrits aux différentes épreuves avec une cohorte belge phénoménale puisqu’ils seront 180 à prendre le départ sur les quatre épreuves ! Par ailleurs nous avons dépassé aujourd’hui les 60 nationalités. Mais ce qui reste compliqué, c’est le transport. Quand les gens viennent de très loin, ils s’inscrivent et déclarent forfait au dernier moment car les connexions avec les aéroports, les trains et les bateaux sont compliqués. Et dans ces conditions, s’ils ont pris une assurance annulation, le montant de leur inscription est remboursé par l’assurance grâce à un partenariat entre l’UTMB et la plateforme d’inscriptions. Les forfaits représentent moins de 10% chaque année.