Michel Castellani, député nationaliste de la 1ère circonscription de Haute-Corse, membre du groupe parlementaire LIOT.
- Quel bilan tirez-vous de ces journées consacrées au projet de loi d’autonomie de la Corse ? Quel est votre état d’esprit ?
- Ce furent des journées intenses. Il faut dire d’abord que ce sont deux conceptions de la République qui se sont affrontées. Les premiers amendements allaient jusqu’à proposer de ne pas examiner le projet, car il était supposé être une attaque contre l’unité et l’existence même de la France ! In fine, et c’est le plus important, nous aboutissons à un texte qui acte l’autonomie de la Corse ! Mais je le répète, ça n’a pas été simple. Il y a eu d’interminables discussions sur l’existence ou pas d’un peuple corse, ou d’une communauté ou d’une simple population. Sur les rapports des Corses à leur terre ou à la terre. Sur la langue, la fiscalité etc. A un moment donné, j’ai indiqué à l’Assemblée que je me sentais comme un insecte que l’on disséquait. Il a fallu arracher l’avancée du texte, et cela souligne la difficulté des choses. A Paris, la perspective n’est pas la même qu’en Corse.
- Vous évoquez deux conceptions de la République. Lesquelles ?
- Cela remonte loin dans le temps. Il y a eu, et il y a toujours, les tenants d’une République girondine, décentralisée, enracinée dans les réalités locales. Et puis, une conception bien différente qui n’admet qu’une stricte égalité devant la loi. Celle qui considère qu’il n’y a qu’une, et une seule, catégorie de citoyens, sans considération des conditions réelles de terrain, historiques, géographiques ou culturelles. Nous l’avons encore vécu ici.
- Il y a eu un début de polémique sur un amendement de LFI, sur lequel vous avez fini par demander le rejet. Qu’est-ce qui l’a déclenché ?
- C’est le prototype des tempêtes dans un verre d’eau qui surviennent dans ce type de texte. L’amendement de Ugo Bernalicis stipulait que les citoyens sont égaux devant la loi. Je rappelle que l’on enfonce une porte ouverte puisqu’il s’agit de la reprise de l’article premier de la Constitution. Le rapporteur général a d’ailleurs immédiatement signalé qu’il s’agissait d’un amendement superfétatoire ! Je n’ai aucune difficulté à soutenir cette disposition d’égalité, en soulignant systématiquement que l’égalité suppose un traitement différentié, suivant la nature des sujets. Quand j’ai vu que certains attaquaient cet amendement au nom du droit prioritaire des Corses sur leur terre, qui est pour moi une évidence, et qu’il y avait polémique, j’ai proposé un amendement de suppression afin que ma position soit sans ambiguïté. Amendement qui a été naturellement rejeté puisqu’il est impossible de s’opposer au principe d’égalité !
- Vous avez néanmoins été attaqué sur les réseaux sociaux… Comment réagissez-vous ?
- Quoique vous fassiez, quoique vous disiez, quoique vous votiez, vous serez toujours attaqué ! Je dois à la vérité de dire que ceux qui m’ont soutenu et remercié représentent l’immense majorité des posts. Cela, il ne faut pas l’oublier. Sur le fond, il sera quand même difficile de prétendre que je n’ai pas le souci éminent de défendre nos intérêts fondamentaux, comme nos intérêts matériels. Je m’efforce en toute circonstance d’être pragmatique, mais j’ai toujours comme fil directeur le respect de ceux qui ont donné leur liberté et leur vie pour notre peuple. Et aussi le souci d’être en règle avec ma conscience. Par conséquent, les critiques anonymes des réseaux ne me font ni chaud, ni froid.
- Comment voyez-vous la suite des évènements ? Etes-vous confiant pour le vote solennel ?
- Il y aura le vote solennel du texte mardi, et bien malin celui qui peut prévoir le résultat, tellement il y a des tensions dans chaque groupe. Puis, il y aura l’examen du texte au Sénat, où l’adoption s’annonce encore plus difficile. Et puis si tout va bien, le vote du Congrès. Vous comprenez donc que tout ceci est très compliqué, et que nous devons encore et toujours travailler !
Propos recueillis par Nicole MARI.
- Ce furent des journées intenses. Il faut dire d’abord que ce sont deux conceptions de la République qui se sont affrontées. Les premiers amendements allaient jusqu’à proposer de ne pas examiner le projet, car il était supposé être une attaque contre l’unité et l’existence même de la France ! In fine, et c’est le plus important, nous aboutissons à un texte qui acte l’autonomie de la Corse ! Mais je le répète, ça n’a pas été simple. Il y a eu d’interminables discussions sur l’existence ou pas d’un peuple corse, ou d’une communauté ou d’une simple population. Sur les rapports des Corses à leur terre ou à la terre. Sur la langue, la fiscalité etc. A un moment donné, j’ai indiqué à l’Assemblée que je me sentais comme un insecte que l’on disséquait. Il a fallu arracher l’avancée du texte, et cela souligne la difficulté des choses. A Paris, la perspective n’est pas la même qu’en Corse.
- Vous évoquez deux conceptions de la République. Lesquelles ?
- Cela remonte loin dans le temps. Il y a eu, et il y a toujours, les tenants d’une République girondine, décentralisée, enracinée dans les réalités locales. Et puis, une conception bien différente qui n’admet qu’une stricte égalité devant la loi. Celle qui considère qu’il n’y a qu’une, et une seule, catégorie de citoyens, sans considération des conditions réelles de terrain, historiques, géographiques ou culturelles. Nous l’avons encore vécu ici.
- Il y a eu un début de polémique sur un amendement de LFI, sur lequel vous avez fini par demander le rejet. Qu’est-ce qui l’a déclenché ?
- C’est le prototype des tempêtes dans un verre d’eau qui surviennent dans ce type de texte. L’amendement de Ugo Bernalicis stipulait que les citoyens sont égaux devant la loi. Je rappelle que l’on enfonce une porte ouverte puisqu’il s’agit de la reprise de l’article premier de la Constitution. Le rapporteur général a d’ailleurs immédiatement signalé qu’il s’agissait d’un amendement superfétatoire ! Je n’ai aucune difficulté à soutenir cette disposition d’égalité, en soulignant systématiquement que l’égalité suppose un traitement différentié, suivant la nature des sujets. Quand j’ai vu que certains attaquaient cet amendement au nom du droit prioritaire des Corses sur leur terre, qui est pour moi une évidence, et qu’il y avait polémique, j’ai proposé un amendement de suppression afin que ma position soit sans ambiguïté. Amendement qui a été naturellement rejeté puisqu’il est impossible de s’opposer au principe d’égalité !
- Vous avez néanmoins été attaqué sur les réseaux sociaux… Comment réagissez-vous ?
- Quoique vous fassiez, quoique vous disiez, quoique vous votiez, vous serez toujours attaqué ! Je dois à la vérité de dire que ceux qui m’ont soutenu et remercié représentent l’immense majorité des posts. Cela, il ne faut pas l’oublier. Sur le fond, il sera quand même difficile de prétendre que je n’ai pas le souci éminent de défendre nos intérêts fondamentaux, comme nos intérêts matériels. Je m’efforce en toute circonstance d’être pragmatique, mais j’ai toujours comme fil directeur le respect de ceux qui ont donné leur liberté et leur vie pour notre peuple. Et aussi le souci d’être en règle avec ma conscience. Par conséquent, les critiques anonymes des réseaux ne me font ni chaud, ni froid.
- Comment voyez-vous la suite des évènements ? Etes-vous confiant pour le vote solennel ?
- Il y aura le vote solennel du texte mardi, et bien malin celui qui peut prévoir le résultat, tellement il y a des tensions dans chaque groupe. Puis, il y aura l’examen du texte au Sénat, où l’adoption s’annonce encore plus difficile. Et puis si tout va bien, le vote du Congrès. Vous comprenez donc que tout ceci est très compliqué, et que nous devons encore et toujours travailler !
Propos recueillis par Nicole MARI.
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