Et pour donner le coup d’envoi de cette nouvelle édition, le festival avait choisi une affiche prestigieuse, Renaud Capuçon au violon et Guillaume Bellom au piano, réunis autour de trois figures majeures du répertoire classique, Bach, Beethoven et Brahms.
Une aventure artistique mais surtout humaine, portée depuis plus d’un quart de siècle par Jean Sicurani, président et directeur artistique du festival.
Pour donner le coup d’envoi de cette nouvelle édition, les Rencontres avaient choisi une affiche prestigieuse. Renaud Capuçon au violon et Guillaume Bellom au piano, réunis autour de trois figures majeures du répertoire classique, Bach, Beethoven et Brahms.
Dans la douceur d’une soirée d’été, le public était venu nombreux. À mesure que la nuit tombait, le lieu prenait une autre dimension. Un cadre qui participe pleinement à l’identité des Rencontres et auquel les deux musiciens se sont montrés particulièrement sensibles.
Un dialogue entre deux musiciens
Le programme de cette soirée avait été pensé autour de trois œuvres majeures et de compositeurs particulièrement chers aux deux artistes. Mais il reposait aussi sur une complicité construite au fil des années.
Renaud Capuçon et Guillaume Bellom jouent ensemble depuis une dizaine d’années. Des retrouvailles qui conservent, expliquent-ils, la même envie d’écoute et de partage.
« Un duo violon-piano, ce n’est pas quelqu’un qui joue et quelqu’un qui accompagne. Ce sont deux personnes qui jouent et qui s’écoutent».
Un dialogue qui n’est jamais tout à fait le même. Il évolue selon les œuvres, le moment, mais également le lieu. Et à Calenzana, l’environnement devient presque un troisième partenaire.
La musique au milieu des éléments
Habitués des grandes salles de concert, les deux musiciens apprécient particulièrement cette possibilité de jouer dans des lieux où la musique classique sort de son cadre traditionnel.
« On est entouré de beauté. Il y a les montagnes, la mer, la nature, les arbres… Ce cadre est incroyable », confiait Renaud Capuçon avant le concert.
Ici, pas d’environnement totalement maîtrisé. Un souffle de vent, les sons de la nature ou encore la température qui évolue avec la nuit viennent accompagner le concert. Une particularité qui, loin d’être considérée comme une contrainte, participe pleinement à l’expérience.
Guillaume Bellom évoquait ainsi « un silence extrêmement vivant, qui respire », très différent de celui d’une salle fermée. « Même lorsqu’il fait nuit noire, on imagine les montagnes derrière nous, les arbres autour. On est en connexion avec tout cela».
Cette rencontre entre la musique et le paysage a pleinement accompagné les œuvres de Bach, Beethoven et Brahms, donnant dès la première soirée le ton d’une édition profondément liée aux lieux qui l’accueillent.
Jean Sicurani, une aventure portée depuis plus d’un quart de siècle
Mais derrière ces instants suspendus se cache un travail de longue haleine. Lors de la présentation de cette 26e édition, l’organisation a tenu à rappeler que le festival se construit tout au long de l’année.
Les partenaires publics et privés, la Collectivité de Corse, la commune de Calenzana, les différentes communes qui accueillent les concerts, les sponsors, mais également les bénévoles, techniciens, régisseurs et équipes de cuisine ont été chaleureusement remerciés.
Au cœur de cette aventure, Jean Sicurani occupe une place particulière. Président et directeur artistique des Rencontres, il accompagne et construit la manifestation depuis ses débuts.
Un hommage particulièrement chaleureux lui a été rendu lors de l’ouverture : « Sans Jean, rien de tout cela ne serait possible. Il fait plus que son maximum pour rendre ces Rencontres possibles et réalisables, quitte à déplacer des montagnes».
Une formule qui résume l’investissement nécessaire pour parvenir, année après année, à faire circuler artistes et publics à travers la Balagne.
Car si le festival se dévoile durant huit jours, sa préparation s’étend sur de longs mois. Il faut construire une programmation, accueillir les artistes, coordonner les communes et les différents sites, organiser les déplacements, la technique, l’accueil et la restauration.
Dans les coulisses, un festival en mouvement
Alors que la programmation se poursuit, c’est justement cette mécanique que l’on découvre en suivant les Rencontres au quotidien.
Techniciens, régisseurs, bénévoles et équipes chargées de l’accueil ou de la restauration s’activent derrière chaque rendez-vous. À peine un concert terminé, il faut déjà préparer le suivant, parfois dans un autre village et dans un environnement totalement différent.
La particularité des Rencontres tient en effet à leur implantation, le festival ne reste pas cantonné à une seule scène. Près d’une trentaine de concerts investissent cette année 23 lieux différents, faisant circuler la musique à travers le territoire.
Malgré l’ampleur prise par la manifestation, Jean Sicurani et son équipe ont tenu à conserver l’esprit qui accompagne les Rencontres depuis leur création.
« Les Rencontres, c’est l’humain avant tout », a rappelé l’organisation lors de l’ouverture.
Amener la musique là où on ne l’attend pas
Cette dimension humaine passe aussi par une ambition revendiquée, rendre la musique accessible au plus grand nombre.
« Notre but, c’est de rendre accessible au plus grand nombre et de permettre à chacun de découvrir un style musical qui est souvent vu comme élitiste », a rappelé Jean Sicurani.
Une majorité des concerts est ainsi proposée en accès libre. Un choix destiné à faire tomber certaines barrières autour d’un répertoire encore parfois perçu comme élitiste et à permettre à des personnes qui ne fréquentent pas habituellement les salles de concert de tenter l’expérience.
Une démarche à laquelle adhèrent pleinement Renaud Capuçon et Guillaume Bellom. Pour les deux musiciens, les festivals d’été ont cette capacité particulière de provoquer des rencontres inattendues.
Un vacancier présent en Balagne peut ainsi découvrir qu’un concert se tient à proximité de son lieu de séjour, entrer dans une église ou rejoindre une place de village et entendre, parfois pour la première fois, une œuvre de Bach, Beethoven ou Brahms.
« Si à la fin du concert, quelqu’un vient nous voir et nous dit que c’est la première fois qu’il écoute cette sonate de Beethoven ou cette musique de Bach, c’est merveilleux », expliquaient les musiciens.
L’enjeu est aussi là, provoquer une première émotion et, peut-être, donner envie de poursuivre cette découverte une fois les vacances terminées.
Un festival inscrit dans l’identité du territoire
Lors de l’inauguration, Pierre Guidoni, le maire de Calenzana a lui aussi insisté sur le chemin parcouru. Après 26 éditions, les Rencontres font désormais partie de l’histoire culturelle du village et, plus largement, de la Balagne.
Au fil des années, elles ont su conserver ce qui constitue leur singularité, l’exigence artistique, la découverte, la convivialité et le partage.
À Calenzana et dans les villages qui accueillent les concerts, la musique dialogue avec les église, les places, le patrimoine, les paysages et les traditions. Elle crée des passerelles entre les générations, les cultures et les territoires.
Le maire a également rendu hommage à Jean Sicurani et à toutes celles et ceux qui œuvrent souvent dans l’ombre à la réussite de la manifestation. Une telle longévité, a-t-il rappelé, « n’est jamais le fruit du hasard », elle témoigne d’une passion, d’une fidélité et d’une volonté commune de faire vivre la culture au cœur du territoire.
Dans une époque où les espaces de dialogue et de rencontre sont plus que jamais nécessaires, il a également rappelé la place de la culture, qui « nous rassemble » et « nous apprend à écouter l’autre ».
Après plus d’un quart de siècle, le résultat est là. Les Rencontres ne sont plus seulement un festival accueilli à Calenzana, elles font désormais partie du paysage culturel de la Balagne.
Renaud Capuçon et Guillaume Bellom en ont donné les premières notes. Mais derrière l’éclat des artistes et des grandes soirées se dessine une aventure beaucoup plus vaste, celle imaginée et portée par Jean Sicurani, son équipe et des dizaines de personnes qui, d’un village à l’autre, font vivre chaque été cette rencontre entre la musique, le territoire et le public.
Un week-end dense avant la grande clôture de lundi
Ce samedi 22 août, quatre rendez-vous sont proposés. À 11 heures, l’église de Curbara accueillera Baroque sacré, un programme consacré au répertoire religieux européen des XVIIe et XVIIIe siècles avec Yves Sotin à l’orgue et Margaux Poguet au chant. À 18 heures, direction Galeria pour Duo-Ravel, autour de la Sonate pour violon et violoncelle de Maurice Ravel, interprétée par Charlotte Saluste-Bridoux et Aurélien Pascal.
À 19 h 30, la place du village de Cassanu prendra des airs d’Europe centrale avec un programme mêlant Bartók, Kodály, Strauss et Waldteufel. Denis Pascal, Alexandre Pascal, Raphaël Sévère, Eva-Nina Kozmus, Jeroen Suys, Guillaume Latour, Marie-Paule Milone et Jeanne Bonnet feront dialoguer traditions populaires, virtuosité et esprit de fête.
La journée s’achèvera à 21 h 30 aux Jardini di Santa Restituta à Calinzana avec le Quatuor Leonis, ensemble reconnu pour son approche inventive et accessible de la musique de chambre, entre grand répertoire, théâtre, humour et création.
Mozart, Brahms, Schubert et chants corses dimanche
Dimanche 23 août, le festival fera étape dès 11 heures sur la place de la mairie de L’Isula-Rossa avec Mozart à vingt ans. Un programme qui mettra en lumière la précocité du compositeur à travers notamment le Quatuor pour hautbois et la Symphonie n°25.
À 18 heures, l’église Saint-Nicolas de Felicetu accueillera Le dernier Brahms, autour de son célèbre Quintette pour clarinette, une œuvre empreinte de profondeur et de nostalgie.
À 19 h 30, retour à L’Isula-Rossa, à l’église de l’Immaculée Conception, pour Schubert intime. Seul au piano, Denis Pascal fera entendre les Impromptus du compositeur autrichien, pages parmi les plus sensibles et poétiques de son répertoire.
La journée se terminera à 21 h 30 à Santa Riparata avec Cantu in Celli. Ce projet né à Moita réunit grandes voix traditionnelles corses et ensemble de violoncelles. Anto Secondi, Bastianu Tramoni, Michè Paoli et Laetizia Giuntini partageront la scène avec les « violoncelles de Moita » pour un rendez-vous profondément ancré dans la tradition insulaire.
Lundi, une clôture entre musique corse et Requiem de Mozart
Lundi 24 août, ultime journée de cette 26e édition, débutera à 11 heures au lieu-dit Bartasca, sur la route de Calenzana, avec Pastorales et fantaisies, consacré à Britten et Poulenc.
À 18 heures, la confrérie A Casazza accueillera le Trio L’Onda, formation originale associant bandonéon, marimba, vibraphone et percussions. Philippe Biondi, Romain et Jean-Michel Giannelli proposeront un voyage entre musique corse, création contemporaine et improvisation.
À 19 h 30, la Cappella Santa Restituta résonnera des voix d’Isulatine, figure incontournable de la polyphonie féminine corse. Élisabeth Volpei Parigi, Maryline Pietrucci et Lesia Leoncini feront entendre un répertoire où tradition, création, mémoire et langue corse se répondent.
Enfin, à 21 h 30, l’église Saint-Blaise de Calinzana accueillera l’un des grands temps forts de cette édition : le Requiem de Mozart.
Présentée dans une version de chambre réunissant quatre solistes vocaux et quinze artistes résidents du festival, l’ultime œuvre du compositeur viendra refermer huit jours de musique. Une conclusion pensée comme un moment de partage, de recueillement et d’émotion, fidèle à l’esprit voulu par Jean Sicurani et toute l’équipe des Rencontres.
Une dernière soirée qui résume finalement l’ambition du festival, faire cohabiter grands chefs-d’œuvre du répertoire, musique de chambre, création et culture corse, dans des lieux qui participent eux-mêmes pleinement à l’expérience musicale.
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