Avant de poser ses valises en Fiumorbu, Fiona Gorin, fondatrice et gérante de l'Écurie Solea, a mené deux carrières successives. Sept ans comme consultante pour des entreprises du monde du cheval, puis six ans à l'étranger, entre la Floride, Dubaï et le Cameroun, où elle a dirigé des centres équestres. Titulaire du BPJEPS Équitation et du Brevet Fédéral d'Équitation Éthologique, des diplômes d'État français obligatoires pour encadrer des groupes, c'est précisément cette qualification qui lui a ouvert les portes à l'international. C'est finalement une opportunité locale qui a scellé son retour : Thierry Fougier, propriétaire d'un terrain en plaine avec accès à la plage, lui a proposé de s'y installer. "Les gens me demandent depuis des années de monter un centre équestre ici", confie-t-elle.
Le bien-être animal comme modèle
L'Écurie Solea repose sur le concept d'écurie active, encore rare en France. À rebours du box individuel traditionnel, ce modèle place le cheval dans son environnement naturel : vie en troupeau, déplacement libre et alimentation continue. "En respectant leurs besoins naturels, ils sont en meilleure santé, plus calmes, et offrent plus de sécurité au public", explique Fiona Gorin. La structure accueille aujourd'hui douze équidés, des Shetlands d'un mètre de hauteur jusqu'aux chevaux de sport de type Anglo-Arabe, en passant par des trotteurs et des croisements.
Tourisme équestre et ancrage local
Le site propose déjà des balades à cheval pour découvrir les plages et les paysages de la Plaine Orientale, avec des formules variées : galop sur la plage, baignade avec les chevaux, tours à poneys. La clientèle se partage entre touristes et locaux, ces derniers redécouvrant leur région depuis le dos d'un cheval. Des partenariats sont en cours de finalisation avec des campings, des hôtels et des propriétaires de locations saisonnières, ainsi qu'avec les offices de tourisme de Corse-Orientale et de Solenzara. Dès septembre, une école d'équitation ouvrira ses portes pour tous les niveaux, du baby poney de deux ans au cavalier confirmé, avec une quinzaine d'heures de cours par semaine dispensées par Fiona Gorin elle-même.
Un projet collectif
Pour monter l'Écurie Solea, la fondatrice a bénéficié de trois types de soutien. La Collectivité de Corse, via ses services dédiés à l'entrepreneuriat, au tourisme et au développement économique, a joué un rôle central. Les mairies de Prunelli di Fium'Orbu et de Serra di Fiumorbu, la plage se trouvant à cheval sur les deux communes, ont également apporté leur appui. Le reste, c'est la solidarité du village : famille, amis et voisins ont participé à l'installation, dans un esprit de débrouillardise assumé. "J'ai fait le choix d'investir sur le matériel, mais on a tout monté nous-mêmes et on a fait beaucoup de récupération", résume Fiona Gorin. Deux employés rejoindront la structure en juillet. L'objectif affiché est de grandir progressivement, sans jamais dépasser une taille permettant de bien s'occuper des animaux comme des visiteurs.
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