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Sénatoriales de Haute-Corse : Plébiscite pour Joseph Castelli


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 28 Septembre 2014 à 20:23 | Modifié le Dimanche 28 Septembre 2014 - 21:25


C’est avec un score sans appel de 343 voix sur 600 inscrits, 594 votants et 582 suffrages exprimés, soit 58,93% des suffrages, que le président du Conseil général, Joseph Castelli, a remporté l’élection sénatoriale de Haute-Corse. Très loin derrière, la candidate de droite, Anne-Marie Natali, n’a pas rattrapé son retard et n’a, avec 164 voix, engrangé que 9 voix de plus qu’au 1er tour. Le troisième candidat en lice, le Nationaliste modéré, Jean-Félix Acquaviva, qui a perdu 9 voix entre les deux tours, a recueilli 75 voix. Réactions en vidéo.


Joseph Castelli, nouveau sénateur de Haute-Corse.
Joseph Castelli, nouveau sénateur de Haute-Corse.
C’est avec beaucoup d’émotion que Joseph Castelli a accueilli l’annonce de sa victoire largement prévisible, tout suspense ayant disparu dès les résultats du 1er tour où il rate de seulement 21 voix son élection. Le président du Conseil général a jeté toutes ses forces dans la bataille d’une élection âprement disputée et l’a remportée haut la main. N’ayant reçu aucune investiture d’aucun parti de gauche, ni aucun soutien officiel de la majorité territoriale, il peut s’enorgueillir d’un succès tout à fait personnel qu’il attribue à « ses amis ». Déjà les 278 voix récoltées au 1er tour prouvaient son emprise dans son fief de Casinca et dans les cantons alentour où il a fait le plein. Il a ratissé large dans tout le département, récupérant une grande partie des voix libérales des grandes villes de droite, qui n'ont pas voulu se reporter sur Anne-Marie Natali. Au 2nd tour, il a récupéré la quasi-totalité des 54 voix récoltées par Pierre Ghionga et quelques voix communistes.
 
L’échec de la droite
Anne-Marie Natali n’a pas assisté au dépouillement du 2nd tour, ni à la proclamation des résultats. C’est que la potion est amère pour la mairesse de Borgo qui n’a pas su convaincre sa propre famille politique. Déjà, les résultats du 1er tour, où elle n’avait récolté que 153 voix, étaient un désavœu cinglant. Ayant mis le camp libéral devant le fait accompli de sa candidature, piétinant d'autres ambitions qui se jugeaient plus légitimes, elle paye le prix de ce coup de force et des divisions à droite. Une partie des élus libéraux n'apprécient pas non plus son soutien indirect au président de l'Exécutif territorial, Paul Giacobbi, qui se traduit, depuis le début de la mandature en 2010, par une stratégie d'abstention sur les dossiers importants. Anne-Marie Natali fait moins que Tony Sindali qui, en 2008, avait aligné, au 1er tour, 182 voix sur 540 votants.
 
Les Nationalistes en 3ème position
Dans ce duel de géants, le maire de Lozzi, Jean-Félix Acquaviva, perd 9 voix entre les deux tours. Si le candidat de Femu a Corsica fait le plein des voix nationalistes modérées, il ne réussit pas, dans cette élection où le poids institutionnel a fortement joué, à engranger au-delà de sa famille politique. Néanmoins, pour sa première participation à un scrutin sénatorial, Femu a Corsica consolide ses positions. Son candidat, considéré comme un outsider, réalise un score supérieur à celui de Pierre Ghionga, issu de la majorité territoriale.
 
Des fractures avérées
A l’inverse de celle de Corse-du-Sud qui a vu, dès le 1er tour, la victoire attendue du candidat UMP, Jean-Jacques Panunzi, l’élection sénatoriale de Haute-Corse fait bouger les lignes en profondeur en faisant apparaître ou resurgir des fractures internes tant à droite qu’à gauche. Aucun des deux camps ne s’est présenté groupé pour gagner cette élection qui devrait laisser des traces de part et d’autre. Si la droite ne peut pas faire l’impasse d’une profonde restructuration, la gauche ne peut pas plus se contenter d’une union de façade. A six mois des Cantonales et à 14 mois des territoriales, il y aura fort à faire pour recoller les morceaux !
 
N.M.

La victoire en vidéo du sénateur Joseph Castelli, réactions d'Emmanuelle de Gentili, secrétaire départementale du Parti socialiste, et de Jean-Félix Acquaviva, candidat de Femu a Corsica.


Stephanie Grimaldi, Présidente de la fédération UMP de Haute Corse :
« Les élections sénatoriales sont, en général, des élections très difficiles car elles ne concernent que les grands électeurs, pas la population. Les grands électeurs sont, en fait, tous des élus. C'est donc une élection qui est liée à la personnalité des candidats et surtout au pouvoir qu'ils peuvent exercer. Quand François Giacobbi a été élu sénateur, il était président du Conseil général. Quand Paul Natali a été élu sénateur, il était président du Conseil général. Jean Jacques Panuzzi, dont je me réjouis aujourd'hui du succès, est président du Conseil général. Aujourd'hui, même si le score est décevant, il fallait s'attendre à ce que le poids du Conseil général de la Haute Corse joue dans cette élection. Maintenant, il est vrai qu’il y a aussi les divisions et les rancœurs dans notre famille politique, il faut que cela cesse ! Cela ne cessera à mon sens qu'avec des élus qui représentent la nouvelle génération comme moi. Il faut que les choses puissent être comprises dans la famille libérale, qu'il y ait un sursaut collectif pour éviter les séquelles aux prochaines échéances électorales ».



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