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Paul-Marie Bartoli : "Nous récusons le monopole, public ou privé"


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 20 Novembre 2012 à 00:48 | Modifié le Mardi 20 Novembre 2012 - 01:03


Le difficile vote, par l’Assemblée de Corse (CTC), le 9 novembre dernier, du cahier des charges des Obligations de service public (OSP) maritime a été, après celui houleux de la Délégation de service public (DSP), un nouveau soulagement pour le président de l'Office des transports. Paul-Marie Bartoli, explique, à Corse Net Infos, sa satisfaction et sonne le glas des monopoles publics et privés.


Paul-Marie Bartoli : "Nous récusons le monopole, public ou privé"
- Quel est votre sentiment sur les débats et le vote qui ont permis l'adoption du cahier des charges des OSP ?
- Les débats ont été très constructifs, très fructueux avec une volonté sur tous les bancs de l'hémicycle d'améliorer le texte pour garantir à la Corse une architecture de sa desserte maritime qui soit convenable et, bien entendu, fonction de ses intérêts. Comme l'a dit le président Giacobbi : pour la première fois, la Corse a voté sur la DSP et les OSP sans tenir compte des injonctions de quiconque, sans subir ou, du moins, en repoussant les pressions d'où qu'elles viennent. C'est à mettre au crédit de ceux qui ont voté.
 
- Ce vote, comme celui sur la DSP, n'a-t-il pas fracturé la majorité ?
- Les élus ont voté à 26 voix sur la DSP et à 22 voix sur les OSP. Il n'y a eu que 6 voix de la majorité contre, aussi bien le 5 octobre sur la DSP que le 9 novembre sur les OSP. Je n'en veux d'ailleurs pas du tout au Front de Gauche qui était dans sa logique et cohérent dans son positionnement. Il y a eu également 4 abstentions d'un autre groupe de la majorité. On ne va pas en faire un plat ! Il y a la liberté de chacun. Ce n'était pas des votes d'hostilité, mais des votes constructifs. Ce qui est normal dans une assemblée où il n'y a pas de majorité absolue, même sur l'ensemble de la gouvernance.
 
-  Que pensez-vous d'une majorité obtenue à l'arraché avec une partie des voix de droite ?
- Je suis satisfait qu'il y ait eu une majorité pour valider ce texte courageux. C'est une majorité de rencontre qui a été fructueuse parce qu'à mon avis, le texte va passer l'écueil des contentieux, même si je sais, d'ores et déjà, qu'au moins deux opérateurs ne sont pas contents. S'ils ne sont pas contents l'un et l'autre, cela veut dire que nous avons bien travaillé !
 
- Comment définissez-vous la desserte telle qu'elle se dessine globalement ? 
- Aujourd'hui, la Corse ne va plus payer que pour le service dont elle a besoin et uniquement pour ça. Dans ce marché captif de plus de 3 millions de passagers à transporter, nous avons garanti un équilibre entre la DSP et les opérateurs qui voudront se positionner sur les OSP. Cela se fera dans la plus grande clarté. Tout le monde a été mis à égalité de droits, mais également de devoirs.
 
- Est-ce la fin des situations de monopole ?
- Bien entendu ! Les OSP ont été bâties pour garantir, non pas les intérêts de telle ou telle compagnie, mais pour éviter que l'équilibre économique de la DSP ne soit remis en cause au bout d'une seule saison touristique. Il n'y a pas eu de volonté de notre part de rétablir un quelconque monopole. D'ailleurs, le règlement européen nous l'interdirait ! Nous récusons le monopole, qu'il soit public ou privé. Il y a de la place pour tout le monde, mais il faut mettre des garde-fous.
 
- C'est-à-dire ?
- C'est un constat. Quand on offre 9 millions de places alors qu'on ne transporte que 3 millions de passagers, il faut que les uns et les autres, sur l'île et en France continentale, comprennent que, seuls, les intérêts de la Corse doivent prévaloir dans ce dossier difficile et délicat.
Propos recueillis par Nicole MARI
 
 
 
 



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