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Paul Giacobbi et Maria Guidicelli partent en binôme aux élections territoriales


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 31 Juillet 2015 à 20:04 | Modifié le Samedi 1 Août 2015 - 00:21


C’est dans le jardin de sa maison de famille, dans son fief de Venaco, que le président sortant du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse, Paul Giacobbi, a annoncé sa candidature aux élections territoriales de décembre prochain, en binôme avec Maria Guidicelli. La conseillère exécutive, en rupture de ban du Front de Gauche, qui a eu en charge les dossiers les plus importants de la mandature, rejoint, donc, sans surprise, le camp Giacobbiste. Dix jours après sa mise en examen dans l’affaire des détournements de fonds présumés du Conseil général de Haute-Corse, Paul Giacobbi affiche une grande sérénité, balaye d’un revers de main ses ennuis judiciaires et promet une liste ouverte, pleine de surprises. Il affirme, à Corse Net Infos, qu’il sortira largement en tête au 1er tour du scrutin et que sa victoire finale ne fait aucun doute !


Maria Guidicelli, conseillère exécutive, et Paul Giacobbi, président sortant du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse.
Maria Guidicelli, conseillère exécutive, et Paul Giacobbi, président sortant du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse.
- Votre candidature à votre propre succession n’est pas une surprise. Mais, pourquoi l’annoncer maintenant ?
- D’abord, je ne suis pas candidat à ma succession. Il s’agit de faire autre chose. Nous sommes côte à côte avec Maria Guidicelli qui a, incontestablement, joué un rôle majeur dans la mandature qui s’achève avec le PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse), l’énergie et le logement. Elle a vraiment représenté, d’une certaine manière, le meilleur de nous-mêmes. Ce n’est, donc, pas une succession, pas même une continuité, plutôt un renouvellement. Nous nous présentons en binôme et jouons le rôle majeur dans ce renouvellement.
 
- Maria Guidicelli a été élue, en 2010, sous l’étiquette Front de Gauche. Sa place en numéro 2 augure-t-elle aussi d’un renouveau de la liste ?
- C’est tout à fait juste ! Il y a, effectivement, sur la liste des éléments nouveaux. A toute dame, tout honneur ! D’abord Maria Guidicelli, mais il y en aura d’autres qui vont apparaître et qui n’étaient pas sur notre liste du 1er tour en 2010.
 
- Qui, par exemple ?
- Vous le verrez ! On ne va pas déflorer les choses tout de suite ! Mais vous serez intéressée par l’importance des personnalités qui nous rejoignent. Notre liste comporte, également, des sortants qui n’ont pas démérité et qui ont même très bien joué leur rôle. Pour autant qu’ils le souhaitent, nous leur ferons une place, ils resteront avec nous, ce qui est le cas pour beaucoup d’entre-eux.
 
- Y-aura-t-il des personnalités de droite ou nationalistes sur votre liste ?
- Nous serons ouverts à tous les gens qui veulent construire la Corse de demain.
 
- Pourquoi avez-vous refusé une place à ceux qui vous ont rejoint au 2nd tour en 2010, comme Corse Social Démocrate, à qui vous opposez une fin de non-recevoir, François Tatti, et consorts ?
- On ne dit pas les choses comme ça ! François Tatti m’a fait connaître qu’il souhaitait faire une liste au 1er tour, c’est très bien ! Corse Social Démocrate a souhaité, à l’inverse, venir, semble-t-il, dès le 1er tour, mais je ne suis pas tenu aux votes des militants de tel ou tel parti, quelqu’il soit. Donc, ça ne se passera pas ainsi ! Pour le moment, laissez-nous conduire notre démarche librement et indépendamment des partis, de leurs votes et de leurs considérations.
 
- La plupart de ces partis ont peu de chance de passer, seuls, la barre des 5%. Ne pas les intégrer au 1er tour, n’est-ce pas les condamner à disparaître de l’hémicycle ?
- Il faudrait, peut-être, qu’ils s’unissent ! Ça pourrait paraître une bonne démarche !
 
- Pendant votre mandature, la gauche a complètement éclaté en Corse. Quel regard portez-vous sur ce qu’il en reste ?
- Je n’ai pas d’analyse parce que je ne suis pas un homme de parti, ni de grandes tendances. Si la gauche a éclaté, la droite a éclaté encore plus et bien plus profondément et violemment puisqu’à l’évidence, sa réunion est impossible. La famille nationaliste a éclaté plus encore puisque sa réunion me paraît grandement impossible et son état de division, encore plus grand. Si on se réfère aux partis, toutes les tendances ont explosé. La tendance, que je représente, s’est affirmée partout, y compris au département de la Haute Corse, malgré tous les combats, les politicards, les choses les plus ignobles qui se sont passées. Aujourd’hui, son président est François Orlandi dont tout le monde prévoyait l’échec et dont on constate la réussite. Mais, encore une fois, je ne me situe pas dans cette vision-là : la gauche, la droite, les Nationalistes… ça n’a aucun sens ! Il faut rassembler pour que la Corse fonctionne dans les deux ou trois prochaines années.
 
- Partirez-vous sans aucune étiquette politique ?
- Je n’ai jamais eu le privilège des étiquettes, pas plus que celui des investitures ! Cela fait très longtemps que je fais de la politique, j’ai longtemps appartenu au PRG, il m’a rarement fait l’honneur de son investiture. Ce n’est pas un grand changement !
 
- Quand dévoilerez-vous votre liste ?
- Nous sommes très en avance sur les uns et les autres. Nous présenterons la liste définitive assez tard, mais l’armature essentielle, dès la rentrée.
 
- Vous dites qu’il y a pléthore de candidatures. Avez-vous du mal à constituer la liste ?
- Non ! Nous n’avons pas de mal ! Si nous souffrons, c’est plus du trop plein que du manque ! On ne parcourt pas la Corse à la recherche de candidats ! La liste se prépare de manière assez sereine et assez forte. En tous cas, vous ne serez pas déçu du voyage !
 
- Doit-on s’attendre à des grosses surprises ?
- Oui ! Vous aurez un certain nombre d’indications intéressantes sur les gens qui figureront sur la liste. Un binôme entre Maria et Votre Serviteur est, déjà, quelque chose d’important !
 
- Pensez-vous arriver en tête au 1er tour ?
- Cela me paraît assez logique ! Quand vous verrez la liste, vous comprendrez que ce n’est pas une ambition outrecuidante !
 
- En 2010, vous avez choisi l’union de la gauche au 2nd tour. Ce n’est visiblement plus votre stratégie. Ferez-vous le choix d’une ouverture à large spectre ?
- Il y a la gauche et le reste. Déjà, sur notre liste en 2010, il y avait des gens qui n’étaient pas de gauche. Je reste un homme de gauche et un homme de rassemblement. Pour la Corse, je pense qu’il ne faut pas faire passer le politicien avant le Corse, pas faire passer l’intérêt personnel ou partisan avant l’intérêt de la Corse. Cela a toujours été ma ligne, même dans des circonstances très difficiles, comme en 2004. Je persisterai dans cette voie-là.
 
- Vers qui vous tournerez-vous ?
- Nous verrons ! Vous le verrez au fur et à mesure. Je n’ai pas à vous dire aujourd’hui ce que nous ferons dans le détail. La presse a toujours, et ce n’est pas un reproche, la volonté d’anticiper les choses. Pour le moment, nous présentons une équipe pour gouverner la Corse, à la fois, dans la continuité et dans le renouveau, et face aux taches qui nous attendent les deux prochaines années. C’est cela le plus important !
 
- Etes-vous confiant ? Pensez-vous gagner au 2nd tour ?
- On verra ! Nous sommes très confiants pour arriver en tête au 1er tour. Les conditions sont posées pour une victoire au 2nd tour. C’est une évidence ! Sinon, expliquez-moi qui va gagner à notre place !
 
- Ne craignez-vous pas que vos ennuis judiciaires ne pèsent sur votre campagne ?
- Je n’ai aucun ennui judiciaire, à ma connaissance !
 
- Vous êtes, quand même, mis en examen ?
- Je suis mis en examen pour une affaire totalement mineure avec des circonstances de fait et de droit qui me tranquillisent totalement. D’abord, j’ai été tranquillisé dans la mesure où je savais que je n’avais rien fait de répréhensible. En tous cas, je n’étais pas conscient, je n’ai pas souvenir d’avoir fait quelque chose de répréhensible. L’examen du dossier me démontre que je n’ai rien fait qui puisse m’être incriminé durablement et valablement devant un tribunal. Je ne connaissais pas le dossier, maintenant je le connais. On y a apporté des éléments nouveaux et je n’ai rien à redouter sur le plan judiciaire. En revanche, il y a une campagne de presse nationale, dont je connais à peu près les tenants et les aboutissants, qui continue.
 
- Et sur le plan politique ?
- Les réactions, que j’entends en Corse, les gens qui se manifestent auprès de moi, qu’ils soient des amis politiques ou parfois des adversaires politiques, démontrent que cela ne me pose pas de problèmes. La plupart des gens, pour ne pas dire la totalité, indiquent qu’ils pensent bien que cette mise en examen est du à des questions qui n’ont rien à voir avec le fond du droit et des faits. Maintenant, la justice est saisie. Elle ira au fond des choses. Je n’ai vraiment rien à redouter !
 
- Après cinq ans de mandature, vous avez déclaré être très satisfait de votre bilan. Comment le résumeriez-vous ?
- Je ne suis pas satisfait ! On ne l’est jamais complètement ! Mais enfin, nous avons investi beaucoup, emprunté très peu et à un taux très bas, de façon peu coûteuse. Contrairement à ce qui a été dit, notre bilan financier a été salué par la Chambre régionale des comptes qui a souligné les difficultés du temps, la diminution des dotations… et a constaté que nous avons respecté les engagements que nous avons pris en 2012. Nous n’avons pas laissé repartir les crédits européens, nous les avons pleinement consommés. Nous avons engagé le PEI (Plan exceptionnel d’investissements), travaillé dessus, avancé considérablement sur la solution des questions maritimes et aériennes. Nous avons fait le PADDUC et obtenu une loi spécifique dessus et sur l’Office foncier de la Corse. Nous avons réalisé que la loi allait faire la collectivité unique. Nos débats ont permis d’ouvrir une voie nouvelle et une perspective constitutionnelle pour la Corse. Depuis que l’Assemblée de Corse existe en 1982, je mets au défi de trouver une mandature qui aurait eu un bilan égal ou supérieur !
 
- En Conseil des ministres, le gouvernement a décidé, vendredi matin, de réviser la Charte européenne des langues minoritaires. Avec quel impact pour la Corse ?
- La question se posera de savoir si la Corse sera intégrée ou non dans cette révision constitutionnelle. Elle se pose, aujourd’hui, au plus haut niveau de l’Etat. Nous verrons ce qui se fera. J’ajoute que les débats généraux de l’Assemblée ont permis qu’il n’y ait plus de violence politique en Corse. Un dialogue démocratique l’a remplacée. C’est une différence notable et notoire que l’on peut mettre, en partie, aussi, à notre actif. Nous n’avons pas à rougir de notre bilan. Que ceux qui en parlent, attendent d’en avoir un ! Quand on voit certains débuts catastrophiques et chaotiques, il vaudrait mieux ne pas évoquer la question du bilan !
 
- Sur quels thèmes ferez-vous campagne ?
- Sur deux choses essentielles. La mandature, qui s’ouvre, durera deux ans. Elle aura à relever le défi de la collectivité unique. C’est une organisation administrative et un dialogue avec les départements que nous avons anticipés. Nous travaillons depuis longtemps, par exemple, à la fusion des SDIS, également sur les routes départementales et sur bien des sujets. Le second débat sera d’avancer sur le PADDUC, le plan pour l’Energie, les financements…, de parachever le programme d’infrastructures tel qu’il est programmé. Un troisième sujet très important est l’entreprise. Nous mettrons la volonté de développer l’entreprise au cœur de notre campagne. Sans entreprise, il n’y aura pas de vrai développement de la Corse.
 
- Avec quels outils ?
- Les outils sont là ! Nous avons, d’ailleurs, contribué à les mettre en place avec tout le travail fait sur la BPI, l’ADEC, la CADEC... Il faudra démultiplier tout cela dans un travail commun qui comprend la formation, notamment l’université, ainsi que l’entreprise et les moyens de l’aider. Il faut travailler plus sur la capacité à innover. Ce sera, pour nous, le maître-mot de notre campagne.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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