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Paul Giacobbi : « Le vote de la réforme institutionnelle est une victoire collective »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 28 Septembre 2013 à 22:45 | Modifié le Samedi 28 Septembre 2013 - 23:14


Après l’adoption, à une écrasante majorité, vendredi matin, à l’Assemblée de Corse (CTC), du rapport sur la réforme institutionnelle qu’il a initiée, le président de l’Exécutif territorial, Paul Giacobbi livre, à Corse Net Infos, sa réaction et se dit confiant à propos des négociations avec le gouvernement.


Paul Giacobbi, président du Conseil Exécutif de l'Assemblée de Corse.
Paul Giacobbi, président du Conseil Exécutif de l'Assemblée de Corse.
- Quelle est votre réaction après ce vote qui est une victoire ?
- C’est une victoire collective, celle de tous ceux qui ont participé à la rédaction du projet. Je dirais même que ceux, qui ont voté contre, ont eu une attitude utile et très constructive dans le débat. Ils ont essayé d’être le moins négatif possible. Cela a été, d’ailleurs, reconnu par tous. C’est, incontestablement, un progrès pour la Corse. A titre personnel, il est évident que je ne peux qu’être ému parce que cela fait de très longues années que j’essaye de trouver cette union des représentants du peuple.
 
- Que pensez-vous du débat qui a précédé le vote ?
- Il me semble que nous sommes allés loin et que nous y sommes allés dans un mouvement d’unité assez remarquable et sincère. Nous avons eu le sentiment de construire quelque chose, de faire un travail en y mettant la bonne volonté et la bonne foi de gens qui comprennent raisonnablement les choses. C’est très important. J’ai avancé dans une certaine voie. De l’autre côté, les Indépendantistes et les Nationalistes ont, aussi, avancé dans l’espoir de construire un projet raisonnable et intelligent qui correspond à nos véritables besoins et où on a gommé beaucoup d’idéologie.
 
- Escomptiez-vous une aussi large majorité ?
- Ah non ! Honnêtement, non ! Je savais qu’il y aurait une majorité, mais pas aussi large ! Je craignais que, malgré les efforts des uns et des autres, il n’y ait beaucoup d’abstention. Or, personne ne s’est abstenu. Tout le monde a voté Oui ou Non, mais tout le monde a voté. Ceux, qui ont voté Oui, l’ont fait très largement.
 
- Pour la coofficialité, il n’y a eu aucun vote contre, mais beaucoup de non-participations. Quel cas de figure jugez-vous préférable ?
- C’est toujours mieux d’obtenir un vote avec une belle majorité. Il y a toujours des oppositions qui ne sont, d’ailleurs, pas des oppositions de principe, mais des oppositions de prudence. Ce qui est assez différent quand même ! Cela me laisse penser que ces oppositions se fondent sur des ambiguïtés et des inquiétudes. Ceux, qui les expriment, n’ont peut-être pas tout à fait tort.
 
- Que va-t-il se passer maintenant ?
-  Nous allons rencontrer le gouvernement. Nous irons voir les groupes parlementaires. A ce titre, je suis tout à fait sensible et heureux de la proposition de Camille de Rocca Serra d’œuvrer ensemble. Ce qui nous permet d’ouvrir une fenêtre. Si nous étions certains que, quoi qu’il arrive, la droite, le 1er groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, serait hostile, nos chances de l’emporter, un jour, seraient extraordinairement limitées, pour ne pas dire inexistantes.
 
- Cela signifie-t-il que, cette fois, tous les députés corses vont porter, ensemble, le projet à Paris?
- Oui. Nous allons nous organiser pour faire en sorte de nous réunir les uns et les autres, de faire connaître ce que nous voulons, de montrer que cette réforme n’est pas une sorte de folie indépendantiste. Nous devons dire, très concrètement, que nous avons constaté que, sans cette évolution, qui a été faite pour toutes les îles de France et qui est considérable pour la Corse, nous sommes en contradiction permanente avec la loi fondamentale pour des choses que tout le monde considère comme utiles et légitimes.
 
- Etes-vous confiant pour la suite et les négociations avec le gouvernement ?
- Bien sûr ! Je suis confiant ! Il est très important d’entamer ces démarches avec une aussi forte majorité, un quasi-consensus. Pour autant, je ne peux pas dire à la population que tous nos problèmes sont réglés. Ce n’est qu’un aspect du problème qui ne nous empêche pas de travailler au jour, le jour sur d’autres questions. Nous avons déjà fait beaucoup de choses. Il s’agit de lever un obstacle juridique à beaucoup de choses que nous souhaitons et que nous devons faire. Il s’agit aussi de décider quelle est la vraie place de la Corse dans la République et dans la Constitution. Cela n’a jamais été fait à ce jour.
 
Propos recueillis par Nicole MARI
 




1.Posté par Otoudemoukratos le 29/09/2013 21:36
En 2003, la Corse s'est suicidée en suivant la folie d'Emile Zuccarelli. Nous avons respecté ce vote, parce que c'était la démocratie qui nous le commandait. Nous en avons subi les conséquences, que tout un chacun observe aujourd'hui : répression du mouvement nationaliste, bétonisation, spéculation immobilière et mafia. Super !

Aujourd'hui en 2013, la Corse se réveille et décide d'arrêter cela. Elle part dans le sens opposé : autonomie, co-officialité, statut de résident, arrêtés Miot.

Si en 2003 on a respecté le NON, alors en 2013 il faut respecter le OUI.
Ou alors il n'y a plus de démocratie, et nous sommes alors effectivement dans une situation coloniale.
Le Gouvernement française ne peut pas ignorer cela longtemps.

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