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Municipales 2014 : Tête à tête avec... Simon Renucci


Rédigé par Vanina Bruna le Lundi 16 Décembre 2013 à 22:36 | Modifié le Mardi 17 Décembre 2013 - 16:44


Après Laurent Marcangeli et Jean-Paul-Carrolaggi c'est au tour du maire-sortant Simon Renucci, candidat à sa propre succession, qui a répondu aux questions de Vanina Bruna.


Définissez vous en quelques mots en tant qu'homme

Municipales 2014 : Tête à tête avec... Simon Renucci
Se définir en tant qu'homme est difficile car la vraie question est de savoir qui on est réellement. Ce serait prétentieux quand on est à la recherche de soi même. On pourrait dire que, le point fondamental de l'homme est de se demander qui on est, ce qu'on est réellement et qu'est ce qu'on apporte au monde que l'on ne fait que traverser. C'est à la fois un sentiment d'humilité mais aussi d'angoisse que peut générer la méconnaissance de soi ou de l'environnement. C'est aussi une source d'espoir parce que cela permet à chacun de s’améliorer. Sans citer Brassens, qui disait que la révolution c'est quand on se change suffisamment soi-même pour que d'autres puissent faire de même, pour que chacun aille dans le bon sens et qu'ensuite ce soit pour tous le chemin du progrès.

Qu'est ce que vous aimez dans la vie ?

J'aime les autres ! C'est un sentiment fort, simplement lié à mon éducation. Ma mère était institutrice, style  3° république. C'est à dire une exigence forte d être meilleur et d être actif et ouvert aux autres. Finalement, c'est parce qu'on aime les autres que l'on progresse soi même. seul nous ne sommes rien, c'est collectivement qu'on avance. J'aime bien rappelé cette phrase citée récemment de Mao Tsé Tung, bien que je ne sois pas Maoïste, qui dit qu'il vaut mieux cent personnes qui font un pas en avant dans le progrès qu'un qui en fait cent tout seul."

Quel est le dernier livre que vous avez lu?

Il y en a deux. Il y a la dernière référence au Pape Francois, "l'Eglise que j'espère", l'histoire d'un pape de son temps, une question : pourquoi ce Pape à cette période là ?
Le second est un livre de Jean Viard, "La France dans le monde qui vient". Un sociologue, que je connais d'ailleurs, puisqu'il est venu présenter quelques-uns de ses ouvrages ici. Un livre qui pense les formes politiques de demain, en corrélation avec la grande métamorphose qui s'opère aujourd'hui. Une vision globale de notre monde pour je cite "puisqu'au delà de la crise qui nous déstabilise, jamais la société n'a évolué aussi vite. Pour comprendre il faut a la fois analyser le recul de nos grandes appartenances à des classes à des nations, et le nouvel art de vivre qui s'installe du bonheur privé. Et comprendre la culture de la mobilité, du réchauffement climatique, la place nouvelle du travail la pression d un monde en permanence co informé...". C'est ce que j'appelle l'urgence de comprendre.

Corse Social Democrate c'est quoi?

Corse Social Démocrate, c'est la naissance, le 18 juin 1996, d'un mouvement qui était issu de plusieurs tendances. D'abord, une projection du club de Michel Rocard, qui était "Club Convaincre", avec une tendance politique qui, à l'époque, se cherchait. En 1996 il y avait au niveau nationaliste des questions, on a des personnes qui viennent du nationalisme création de gauche, et puis d'autres, proches des communistes ou des radicaux, mais aussi du centre. Nous avions l'envie de faire émerger un courant qui soit à la fois réformateur, rénovateur et réconciliateur. Le triptyque de CSD, c'est rénover, réconcilier, convaincre. Et c'est la démarche depuis le début. 
Corse, c'est l'identité; social, c'est ce qui relie les hommes, aujourd'hui c'est sous forme de pression, mais je préfère sous forme de dialogue, parce que ça permet d'aller plus loin et surtout ensemble; démocrate, la démocratie est la meilleure des choses, c'est ce qui permet de placer tout le monde à égalité et d'avoir une règle du jeu qui doit être respectée.
Dans le monde moderne j'ai traduis cela par comprendre, savoir, décider. Comprendre, parce qu'il faut comprendre le monde, savoir, pour partager et décider parce que c'est le plus difficile, c'est souvent ce qui est le moins bien compris parce que chacun ne partage pas forcément les objectifs qu'il faut redéfinir en permanence.

C'est votre deuxième mandat en tant que maire de la ville d'Ajaccio, votre bilan

Etre maire de la ville d'Ajaccio, la capitale, c'est à la fois une exigence forte, source d'humilité, et une grande détermination. C'est un grand honneur, une fierté, et en même temps c'est une exigence de réussir. Nous avons beaucoup travaillé pour réussir dans une ville qui a longtemps été endormie, à côté des grands enjeux. Mais le travail d'aujourd'hui apparaît demain et la lecture de demain ne sera pas celle d'aujourd'hui.
La chance que j'ai eu, c'est d'avoir une équipe politique cohérente qui travaille beaucoup, une administration qui s'est affirmée de manière remarquable qui est aujourd'hui reconnue.
Nous avons créé la Communauté d'Agglomération, une entité qui implique un esprit communautaire que nous avons instauré. Nous avons mis aux normes tout ce qui concerne la scolarité avec la création d'une école et la pose de la première pierre d'une seconde dans quelques semaines, sans parler du Palatinu et de tout ce que ça apporte sur le plan sportif et culturel. Nous avons mis en place et réalisé l'ANRU, un projet de rénovation urbaine de 120 millions d'euros de travaux dont 40 millions ont déjà été réalisés.
Nous avons aussi amélioré les conditions de travail grâce au CAP, aux tickets restaurants. Nous avons levé la mise en demeure sur les déchets sur l'assainissement, et nous avons créé les conditions pour que la Ville maintenant puisse rayonner au-delà de la ville et du pays ajaccien. Il faut savoir que la ville d'Ajaccio n'est pas forcément aussi bien aidée que les autres régions, notamment par le conseil général, c'est leur droit, c'est une collectivité qui se gère par elle-même, c'est un simple constat, peut -être triste, mais ça ne nous empêche pas de faire.

Alors un troisième mandat ou pas?

Un troisième mandat c'est pour poursuivre ce que nous avons commencé, le réaliser en associant encore plus les habitants, pour qu'ils deviennent des acteurs, des citoyens. Dans la phase que nous avons réalisée, le traitement était en deux points.
Le premier, faire en sorte que l'égalité ne soit pas un vain mot. Traiter tout le monde à égalité est un effort constant. C'est la citation que  nous avons sur la statue de Pascal Paoli. Le deuxième point important c'est le progrès au point de vue social, c'est à dire que la société nous l'avons mise en marche et ce qui était déjà en marche nous l'avons accéléré. L'espace Diamant, le théâtre, c'est une vision injuste de dire que Bastia est la capitale culturelle, la véritable capitale culturelle c'est nous, parce qu'il y a davantage d'actions. La difficulté que nous avons c'est qu'il n'y a pas de lisibilité. J'ai demandé un schéma directeur pour la solidarité et je pense que dans la culture aujourd'hui, le rayonnement du Palatinu a apporté un plus, puisqu'il a été créé, entre autre, pour donner à Ajaccio le titre de capitale. Ce qui est extraordinaire et qui nous a dépassé c'est l'engouement pour ce lieu dans lequel on transcende les barrières sociales et on retrouve cet esprit de famille autour d'équipes sportives locales.

Pensez vous que les ajacciens ont voulu vous faire passer un message pour les legislatives?

Ce qui s'est passé aux législatives est, pour moi, très révélateur d'une situation qui était à plusieurs niveaux. Je me suis rendu compte que ce que j'avais promu comme thème de campagne a été validé par un sondage d'une part, et par l'Assemblée de Corse d'autre part... L'analyse politique n'était pas fausse. Pour un médecin, comme pour un politique, quand on se trompe d'analyse, ça n'est jamais bon. La ce n'était pas le cas. 
Je pense que si les gens ont voulu me faire passer un message, dans un contexte de cristallisation des frontistes, pour moi c'est un signe assez révélateur qu'il fallait que les choses changent vraiment , dans mon approche. Quand vous êtes médecin et que vous devenez maire de la ville d'Ajaccio vous n'avez pas forcément toutes les connaissances pour gérer la complexité, à la fois de la ville, des transformations en cours, sur la position d'Ajaccio sous l’échelon de la Région, de la Méditerranée, et, bien sûr, dans l'Europe
Je me suis interrogé, et quand on perd et qu'on pense qu'on va gagner, c'est toujours triste. Comme la vérité, elle est triste, mais il ne faut pas qu'elle soit âpre. Donc on essaie de faire en sorte que les choses se modifient. L'expérience en politique, ou ailleurs, c'est une somme d'erreurs corrigées.

Pourquoi avoir demandé à aiaccini de s'associer à votre équipe?

C'est très simple. Chaque fois que nous avons fait des alliances, elles étaient sous le sens de l'objectif de la réforme, de la démocratie d'abord, et du social. Une des grandes constantes de la démocratie, c'est que ça prend du temps et ça demande beaucoup de travail. Mais aussi de la compréhension et beaucoup de tolérance. Lorsque nous ne sommes pas tolérants, nous cultivons la haine, et la haine c'est le poison de l’âme.  
Cela était naturel que je fasse appel à eux pour la gestion de la ville, puisque ce sont des personnes qui avaient soutenu ma candidature au second tour des législatives.
La ville n'a pas de coloration politique, nous avons surtout l'objectif de répondre à un besoin, de le faire démocratiquement et d'avoir une vision du territoire. Cette vision là il faut la partager, mais elle a aussi une démarche. La rencontre avec aiaccini et ensuite avec d'autres, c'était sur la base de l'éthique, la morale, le bien commun et la tolérance. Avec ça, on peut aller loin... en respectant les règles démocratiques. C'était une chance aussi de pouvoir associer des gens qui m'avaient déjà aidé, sans conditions. Ca n'empêche pas que les négociations se fassent au second tour avec les autres forces politiques qui existent démocratiquement, dans notre volonté, toujours, de réconcilier, de rénover et de construire une société.

Va-t-il y avoir des changements dans votre équipe?

Le changement réel il viendra des gens que nous avons agrégé. Il viendra peut être des communistes s'ils ont de nouvelles personnes, nous avons aussi agrégé et associé "Europe écologie, les Verts", il est là le changement. Mon équipe elle est sérieuse et rigoureuse, nous n'allons pas la changer ! L'image d'une équipe soudée elle existe toujours, il faut le souligner. 

Quelle place pour Ajaccio dans l'Europe selon vous?

C'est une très bonne question, et, en même temps, c'est un défi. Il y a un point essentiel sur l'Europe, c'est que c'est un vecteur de paix indéniable. Même si il y a toujours des différences, il y a une nécessité que le bloc Franco-Allemand soit la. Il ne faut pas oublier que l'Europe est un acquis, et que les générations qui ont la chance de ne pas connaitre la guerre, doivent être attentives au fait que l'on vient de loin. L'Europe égale la paix, une paix qui se construit tous les jours.
C'est aussi un moyen de contrer l'enjeu des grandes puissances, si nous voulons affronter les difficultés économiques, il faut les traiter ensemble. Sachant que c'est très difficile parce qu'il n'y a pas d'Europe politique, l'Europe sociale est à construire, et que l'Europe économique est quand même en déséquilibre lié à plusieurs facteurs. Ca c'est l'Europe. Et les corses ne votent pas pour l'Europe...
Quand on dit, Ajaccio dans l'Europe, qui, pour moi, est la place la plus importante, il faut redéfinir le cadre, donc il faut que les Corses, les Ajacciens deviennent plus Européens et pas forcément qu'ils caricaturent les situations. La place d'Ajaccio dans l'Europe est d'autant plus importante qu'elle est au cœur de la Méditerranée, c'est pour ça qu'avoir la citadelle et en faire une cité ouverte, une cité plutôt pour les femmes, la cité d'elles... c'est aussi pour nous un temps fort parce que ça permettrait de rayonner dans l'Europe.
Pour rayonner, Ajaccio doit être elle-même, c'est a dire que ce soit le lieu de convergence de toutes les politiques qui rassemblent. La santé publique par exemple, ou encore l'éducation, les langues internationales, et bien sûr la culture. La culture permet aux gens de transcender les clivages et de se retrouver et dans l'imaginaire et dans le vécu.
Nous voyons bien que nous avons tout ce qu'il faut, à condition que l'on soit unis. Je ne fais pas de politique de clivage, je suis un homme de paix. Il me semble que le plus important est que les gens arrivent à se retrouver. Il vaut mieux une bonne parole partagée par tous, qu'un très bon mot qui monte les gens les uns contre les autres.
Quelle que soit la situation que l'on aborde, il faut que le lendemain des élections la ville soit unie, rassemblée et que tout le monde soit vainqueur. Nous n'avons pas l'esprit conquérant, nous sommes déjà là... nous avons plutôt l'esprit de convergence. Convergence sur les objectifs, sur le partage, mais surtout, pour que les gens se sentent chacun partie prenante de cette ville. C'est ce qui me semble essentiel dans le patrimoine c'est qu'il appartient à tous en général et à chacun en particulier. C'est à la fois une patrie de l'universel et une part de chacun. 

Alors quelle place pour la culture dans votre programme?

Je suis en train de demander à nos services de faire un peu le point, comme j'ai fait le point du social.
Dans le monde d'aujourd'hui, la culture tient une place particulière. Elle est liée à l'éducation, qui est malheureusement aujourd'hui, inégalement répartie. Les rythmes scolaires, dont on parle beaucoup, sont basés sur deux points : l'amélioration de l'apprentissage avant la maternelle supérieure et le rôle important des familles.
C'est parce qu'il y a un parallélisme entre les difficultés que rencontrent les gens sur le plan social et des adaptations de l'école qu'il y a une réforme. C'est une réforme sociétale, dans laquelle les familles ne doivent pas être pénalisées. Ça nécessite au niveau des enseignants une meilleure reconnaissance de leur statut, de ce qu'il sont, et ça c'est difficile parce que le monde va très vite.
La culture, c'est d'abord l'éducation. Nous essayons de faire en sorte qu'il y ait une égalité d'accès à la culture, il n'y a qu'à voir les prix qui sont pratiqués, nous allons travailler maintenant pour un rayonnement beaucoup plus grand. L'avantage du Palatinu, c'est à la fois une attractivité supérieure, mais aussi un plus grand bonheur commun et partagé. même si il faut insister sur l'importance qu'il y a sur chacun des secteurs de la ville avec la chance qui va être offerte de rayonner à travers les médiathèque dans les quartiers. Nous voyons que les gens sont beaucoup plus partie prenante de l'égalité d'accès à la culture. 

Quelles actions pour le logement et pour l'emploi, dans le passé et à l'avenir?

La politique que nous allons mettre en place, correspond à ce qui est développé dans le PADDUC, pour en avoir longuement discuté avec Maria Guidicelli, qui sera la deuxième sur ma liste. Les deux points que nous mettrons en avant seront la jeunesse et le logement.
Pourquoi la jeunesse? Il y a deux préoccupations. La préoccupation majeure c'est la lutte contre la drogue, c'est pour nous notre cheval de bataille, c'est une priorité. La meilleure façon de lutter reste encore la prévention.
Le deuxième souci pour les jeunes, à travers les universités; et au-delà, c'est d'obtenir un meilleur rayonnement. Une société, un peuple, une vie, ne peut pas se construire si on n'augmente pas la conscience collective. Ce qui fait progresser le monde? C'est la conscience collective. Cette conscience collective aujourd'hui est battue en brèche par tout ce qui est momentanée, c'est le zapping d'un sujet à l'autre sans approfondir.  La société doit aussi évoluer progressivement, c'est la place qu'accorde les réformateurs à la modification en profondeur et au progrès social. 
Ce qui est anxiogène, pour la jeunesse c'est d'abord une méconnaissance des choses et un manque d'engagement pour une idéologie générale. Dans les perspectives à venir, pour qu'elle soit moins anxiogène, il faut renoncer au superflu, et ça c'est pas forcément à la mode. Renoncer au superflu c'est un peu l'explication du bonheur. Passer de la quantité à la qualité comme l'évoque Frédérique Lenoir. 
Puis, il y a ceux qui sont exclus du système. Pour ces personnes il y a les missions locales, mais elles sont trop morcelées pour qu'on puisse avoir une lisibilité. Le problème est très grave, très important! Il est nécessaire de mettre nos objectifs en commun de travailler ensemble, en privilégiant les autres. C'est difficile dans le monde moderne ou tous s'identifient les uns contre les autres. Il faut changer le paradigme, le rendre plus cohérent. Dans les grandes familles corses, dans la solidarité, ces tendances-là étaient déjà très forte.
Pour le logement, nous avons créé à l'époque un fonds d'intervention foncier, qui a permis l'acquisition de terrains mis à la disposition d'une société pour la construction d'un tiers de logements sociaux, un tiers d'accession à la propriété, c'est ce qui manque le plus, un tiers de logements de standing. Nous souhaiterions maintenant favoriser l'accession à la propriété en ramenant le prix du mètre carré à 2000 euros.

Qu'avez vous envie de dire aux ajacciens?

J'ai confiance en vous, en votre bon sens, et même si il nous reste encore beaucoup de choses à accomplir, et nous avons l'humilité de reconnaître que la tâche est encore ingrate et difficile, notre façon de faire et ce que nous voudrions partager c'est la joie d'être dans cette ville, c'est notre liberté de penser, qui est la vôtre, et aussi rester fidèle à  nos convictions, à ce que nous avons reçu de nos parents, pour que notre ville rayonne davantage, que chacun y ait sa place. Et ça n'est pas en remplaçant untel par untel que les choses iront mieux. C'est en faisant confiance à ceux qui ont déjà porté à bout de bras cette ville, qui sont fiers de le faire, qui ne se plaignent pas même lorsqu'ils reçoivent des coups, mais les coups n'atteignent que ceux qui sont faibles. 




1.Posté par DIANA le 17/12/2013 11:58
Sans doute est-ce parcequ'il aime tellement "Mao" qu'il a fait ressembler à lui "son" Pascal Paoli !?!...


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