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Jean-Christophe Angelini : " Le PNC fêtera ses 10 ans en novembre."


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 2 Septembre 2012 à 11:32 | Modifié le Vendredi 28 Décembre 2012 - 10:08


U Partitu di a Nazione Corsa (PNC) a été créé en décembre 2002. Il fêtera donc ses dix ans, cet automne. Son conseil exécutif s’est réuni, ce dimanche, à Corte, pour discuter des modalités de cette célébration, assez unique pour un parti nationaliste. Son leader Jean-Christophe Angelini explique, en avant-première, à Corse Net Infos, l’importance de cet anniversaire et les enjeux à-venir. L’élu territorial de Femu a Corsica, formation dont le PNC est partie prenante, en profite pour annoncer la couleur de la rentrée politique des nationalistes modérés.


Jean-Christophe Angelini : " Le PNC fêtera ses 10 ans en novembre."
- Le PNC a atteint 10 ans. Que ressentez-vous ?
- C’est très important pour nous d’un point de vue symbolique et politique. Ces dix ans font du PNC le plus vieux mouvement nationaliste actuellement sur la scène publique puisque que nos partenaires, Inseme et A Chjama, et les autres nationalistes, notamment Corsica Libera, ont été créés un peu après. Nous n’en tirons pas de fierté particulière, mais cette antériorité est, pour nous, le gage d’une fiabilité, d’un sérieux, d’une expérience et d’une continuité qui est importante pour les Corses. La Corse a besoin de stabilité, de durée et de repères. Être dans un mouvement, qui s’ancre dans la durée et arrive à fêter son dixième anniversaire avec un certain nombre d’acquis importants, est essentiel.
 
- De quelle manière, allez-vous fêter ce 10ème anniversaire ?
- Notre exécutif de rentrée, aujourd’hui à  Corte, est précisément dédié à cette question. Nous réfléchissons non pas à un événement unique, mais à une série d’évènements, une séquence entière sur le mois de novembre. Le débat n’est pas clos, mais faites-nous confiance pour fêter ces 10 ans de manière très digne et très belle !
 
- Que représente le PNC aujourd’hui ?
- C’est près d’un millier d’adhérents et de sympathisants actifs, 150 élus locaux, 4 conseillers territoriaux, 1 conseiller général, 1 député européen et un organe comme Arriti qui est le doyen de la presse d’opinion insulaire et qui a bientôt 50 ans. Egalement des partenariats de toute nature avec Régions et Peuples Solidaires, Alliance Libre européenne, Europe Ecologie… Ce patrimoine politique ne se résume pas uniquement au nombre de militants ou aux voix réalisées, mais, avant tout, à la durée de l’engagement et à la qualité du message. Nous pensons qu’avec la création de Femu a Corsica, notre vision du nationalisme a atteint une maturité et une crédibilité qui nous permettent d’envisager tous les possibles avec beaucoup d’ambition et de sérénité. Ce 10ème anniversaire nous offre l’occasion de revenir sur ce parcours qui a débuté en décembre 2002 et, à travers les 10 années écoulées, de mesurer l’évolution, pas seulement du nationalisme mais de toute la société corse.
 
- A l’inverse d’autres formations nationalistes, le PNC est un parti. Pourquoi ce choix ?
- Nous avons été, pour ce choix, critiqué par les uns, félicité par d’autres parce qu’un parti est synonyme de direction pyramidale, de discipline autoritaire, etc. Ce qui n’est pas, du tout, le cas au PNC. Un parti oblige à un effort supplémentaire en termes de structuration. Un mouvement, auquel j’ai, comme tant d’autres, participé durant des années, est, pour schématiser, un message avant une structure. Celle-ci est importante, mais relative par rapport à la souplesse du fonctionnement, à une certaine forme de légèreté synonyme d’un enthousiasme militant, etc. Un parti, c’est un effort de professionnalisation et de structuration de l’action politique.
 
- N’est-ce pas aussi une machine de guerre électorale ?
- Ça peut aussi être une machine de guerre électorale, mais, aujourd’hui, il faut être clair. Il y a un découplage entre un parti politique comme le PNC et une stratégie électorale durablement investie au travers de Femu a Corsica. La stratégie électorale ne se résume pas au parti. Même si le parti est important, y compris d’un point de vue électoral. Par exemple, c’est par le PNC que nos candidats ont pu être affiliés à des formations nationales présentes aux législatives et, de ce fait, bénéficier d’une dotation financière importante.
 
- La plateforme électorale Femu a Corsica ne rend-elle pas le PNC moins visible sur la scène locale ?
- Je n’en suis pas sûr. Elle rend, c’est vrai, tous les partenaires, le PNC, Inseme et A Chjama, moins visibles qu’ils ne l’étaient avant sa création. Ceci étant, les gens distinguent bien les mouvements les uns des autres. Mais, je pense qu’il est temps de réfléchir de manière très concrète, avec un calendrier, à la création de quelque chose de plus efficace. Je ne suis pas dans le fétichisme du PNC ou dans la religion d’un parti qui serait le nôtre uniquement. Je suis pour que l’on structure l’action politique de manière plus efficace.
 
- Cela signifie-t-il créer le parti Femu a Corsica ?
- Le parti, la démarche… En tous cas, qu’on y réfléchisse. Mais, je ne vais pas rouvrir ce débat aujourd’hui parce qu’il a déjà eu lieu, en amont, au sein de Femu a Corsica et il est provisoirement clos. Chacun préfère, pour l’instant, conserver, à la fois, l’unité qu’offre Femu a Corsica et la diversité que permet la pluralité des mouvements. Le débat reste posé pour les mois et les années qui viennent. Je suis très attaché à cette idée de rigueur et de structuration qui est importante parce qu’à un moment donné, on a besoin de locaux, de moyens financiers, de moyens humains et matériels. Le nationalisme, aujourd’hui, ne peut plus penser et agir comme il le faisait il y a 10 ou 20 ans.
 
- A cause des résultats électoraux ?
- Aujourd’hui, nous représentons, dans notre diversité, 36% des suffrages. Nous sommes parvenus, Gilles Simeoni et moi-même, au 2nd tour des législatives, ce qui n’avait jamais été permis à des candidats nationalistes jusqu’à présent. Gilles obtient 32% des voix, j’en obtiens 47%. On nous prédit, à tort ou à raison, des résultats importants, pour ne pas dire historiques, aux prochaines municipales et, je l’espère, une participation des Nationalistes aux responsabilités au sein de la prochaine assemblée et de la prochaine majorité territoriales. Au moment où 1 Corse sur 3 vote Nationaliste et où Femu a Corsica représente la part essentielle de cette volonté de changement, nous devons professionnaliser. Le PNC est l’aiguillon vers cette idée de structuration. Sans prétention et avec beaucoup d’humilité, nous l’assumons. Nous avons besoin de partenaires de la même manière que nos partenaires ont besoin de nous.
 
- Pour les municipales, vous présenterez-vous sous le sigle PNC ou Femu a Corsica ?
- Non. Ce ne sera, à priori, ni l’un, ni l’autre. De la même manière que Gilles est candidat avec Inseme per Bastia et que d’autres le sont sous des étiquettes locales, je privilégierai une approche locale qui ne sera pas réductible au PNC ou à Femu a Corsica. Pas plus qu’à Portivechju Altrimenti, au titre duquel j’ai été candidat en 2008 et qui, aujourd’hui, est largement débordé par l’arrivée de centaines de personnes nouvelles qui veulent continuer avec nous et qui n’appartiennent à aucune des trois formations. Le moment viendra d’inventer un cadre plus adapté à cette réalité nouvelle d’autant que, depuis les dernières municipales, nous avons localement remporté les européennes, les territoriales et les cantonales. La tendance de fond est, donc, incontestablement, très positive. Le débat reste ouvert sur la forme qu’il faudra lui donner, ce sera une forme plurielle, diverse et très ouverte.
 
- Outre les 10 ans, quelle est votre actualité politique pour cette rentrée ?
- Elle est marquée par deux points essentiels. Le premier est le contexte de crise dans lequel le monde évolue et dont la Corse subit le contrecoup. On le voit avec la saison touristique en demi-teinte qui suscite pas mal de débats parmi les socio-professionnels et la population. L’action politique doit intégrer ce nouveau paradigme. Là aussi, on ne peut pas réfléchir et agir de la même manière qu’il y a quelques années. Il faut réfléchir, à partir de la Collectivité territoriale (CTC) et de la puissance publique en général, à une manière de faire plus opérationnelle et plus économe en deniers publics, en temps et en circuits de décision. Aujourd’hui, les préoccupations des gens sont l’emploi, le logement et la santé. Le sentiment de précarité touche les agriculteurs, les commerçants, les classes moyennes... Les Nationalistes doivent s’emparer de ces sujets, ne pas rester dans une lecture idéologique des problèmes corses, mais avoir une lecture très pragmatique et réaliste. Le deuxième point concerne la réforme institutionnelle discutée au sein de la Commission Chaubon.
 
- Justement, les opposants à cette réforme, comme Emile Zuccarelli, donnent, en ce moment, de la voix.
- Ce qui est choquant, ce n’est pas uniquement que les gens, qui se sont opposés à tout ou presque depuis des années, s’opposent aujourd’hui, c’est qu’ils s’opposent avant même de connaître le contenu exact de la réforme envisagée. Aujourd’hui, on a des pistes qui, pour certaines d’entre elles, ont été empruntées avec un peu plus de précision, mais on n’a pas encore les conclusions de la Commission Chaubon qui viendront en débat en octobre à la CTC. On est vraiment face à une opposition manichéenne de principe à toute évolution.
 
- Ces opposants plaident que la réforme n’est pas la priorité face à la crise. Que répondez-vous ?
- Cette voie est la seule possible, y compris par rapport aux problèmes d’emploi, de logement, de santé, de crise et de précarité. Je ne suis pas un fanatique du changement des institutions, mais il est évident que ce changement est, aujourd’hui, indispensable. Après trois statuts, au rythme d’une évolution tous les 10 ans, nous ne sommes pas encore allés au bout de la logique qui consiste à octroyer à la Corse une autonomie politique dans l’Europe, comme le processus en cours tend à l’accréditer. Il faut, comme nous l’avons fait pour le PADDUC, montrer beaucoup de pragmatisme, de résolution, de détermination, mais aussi de sérénité. On ne peut pas faire l’économie d’une réforme large dont nous espérons qu’elle sera adossée à une majorité tout aussi large. Je suis persuadé qu’aujourd’hui, le consensus politique et social est tellement puissant qu’il devrait à-priori balayer les derniers conservatismes.
                                                                                     Propos recueillis par Nicole MARI



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