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J-C. Angelini : « En ouvrant les bras et les cœurs, nous transformerons ce pays »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 30 Juillet 2017 à 17:40 | Modifié le Mercredi 9 Août 2017 - 02:16


Le parti politique Femu a Corsica a été porté sur les fonds baptismaux, samedi matin, à Corte. Issu de la plateforme électorale réunissant depuis 2008 les trois mouvements nationalistes modérés, Inseme per a Corsica, U Partitu di a Nazione Corsa (PNC) et A Chjama Naziunale, il entend devenir un parti de gouvernement et fédérer toutes les forces vives. Le leader du PNC, Jean-Christophe Angelini, explique, à Corse Net Infos, que cette structuration n’est qu’un point de départ, un outil pour préparer l’avenir et répondre aux enjeux. Sans rien renier des fondamentaux, il défend la nécessité de l’ouverture pour rassembler un maximum de Corses et réussir à transformer radicalement le pays.


Jean-Christophe Angelini, leader d'U Partitu di a Nazione Corsa (PNC), conseiller exécutif et président de l'ADEC.
Jean-Christophe Angelini, leader d'U Partitu di a Nazione Corsa (PNC), conseiller exécutif et président de l'ADEC.
- Que représente, pour vous, la création de Femu a Corsica ?
- C’est le début d’un parcours. Tout n’est pas entériné aujourd’hui, loin s’en faut ! Pour une raison simple : nous voulons associer, dans la construction à-venir, un maximum de gens, y compris des personnes qui ne seraient pas militantes des organisations qui ont fondé Femu a Corsica. C’est véritablement un moment de joie, d’émotion, de fierté, de bonheur que de voir, dix ans ou presque après nos premiers pas ensemble, se structurer une formation en capacité de répondre aux enjeux du moment et, plus généralement, aux enjeux de la décennie. Nous allons travailler sérieusement pour unifier un parti au service de la nation et de son avenir.
 
- La fusion n’a pas été simple, elle a même été très tendue. Avez-vous réussi à dépasser vos dissensions ?
- Tout ne sera pas immédiatement réglé dans les temps qui viennent. Il y aura, encore, des débats, pourquoi pas des polémiques, des critiques… Ce n’est pas grave ! C’est la vie démocratique d’un courant politique, la vie de militants qui, sans s’aligner sur l’un ou l’autre, se respectent, s’écoutent et se rassemblent. Mais, quelque soit l’ampleur des discussions, voire des divergences, un principe doit constamment guider nos pas : rien, jamais, ne doit nous séparer ! C’est le plus important !
 
- Vous prônez l’ouverture, certaines composantes du mouvement national craignent qu’elle ne se fasse à leur détriment. Qu’en est-il ?
- Gilles et moi, nous l’avons dit de manière très claire : ce que nous faisons aujourd’hui n’est pas dirigé contre qui que ce soit, mais orienté vers le plus grand nombre, particulièrement vers les Nationalistes auxquels nous voulons nous adresser de manière solennelle. Structurer Femu a Corsica, c’est mieux parler, mieux préparer l’avenir, mieux envisager tout ce que nous avons à faire ensemble et que nous ne pouvons faire qu’ensemble avec la majorité territoriale et au-delà, sur le terrain des luttes au quotidien. Je le dis au premier chef à nos amis et à nos partenaires de Corsica Libera, je le dis à tous les Nationalistes et à tous les Corses. Il est évident que nous devons rassembler, associer des Corses qui, même s’ils ne sont pas Nationalistes aujourd’hui, ont vocation à nous rejoindre. Il n’y a aucune crainte à avoir, seulement une perspective à ouvrir ensemble.
 
- L’ouverture ne comporte-t-elle pas le risque de diluer l’identité politique nationaliste ?
- Qu’est-ce qui fait notre identité politique ? Au-delà même des 50 dernières années traversées par des générations entières, c’est : l’amnistie des prisonniers politiques, le statut de résident, la coofficialité de la langue corse, toutes les demandes relatives à l’autodétermination du peuple corse… Avons-nous, une seule fois, renoncer à quoi que ce soit ? Jamais ! Nulle part ! Et, nous entendons bien qu’il en soit ainsi ! L’ouverture est ce qui consiste à offrir aux gens un espace de travail qui leur permet de nous rejoindre sans qu’ils épousent tout ce que nous disons, mais, en même temps, sans être en contradiction avec notre message. Ce n’est pas la dilution, c’est la capacité à aller au devant de gens qui, bien que ne se revendiquant pas du nationalisme, n’en sont pas moins engagés à nos côtés dans la constitution d’un pays ouvert et d’une nation.
 
- Quelle limite fixez-vous à cette volonté d’ouverture ?
- Nous l’avons dit tout au long des campagnes électorales passées. Le dialogue n’est naturellement pas ouvert avec les gens qui ont été dans des attitudes d’alignement sur les pouvoirs parisiens et sur les systèmes du passé. Pour des raisons évidentes : ce serait un simple bavardage ! On peut toujours parler de tout, mais si on veut construire résolument, on ne peut pas le faire avec les hommes, les outils et les idées du passé. Le dialogue s’adresse, donc, aux personnes qui sont, aussi clairement que nous, en rupture avec les errements du passé et en capacité d’adhérer à un minimum de revendications politiques que je viens de rappeler. Cela me paraît une garantie forte que nous offrons à tous ceux qui douteraient ou s’interrogeraient sur le bien-fondé de l’ouverture. Je veux leur redire que c’est en ouvrant les bras et les cœurs que nous avons gagné. C’est en continuant d’ouvrir, que par-delà les victoires électorales et les succès politiques, nous transformerons radicalement ce pays.
 
- U Rinnovu affirme attendre un geste de votre part pour amorcer un dialogue d’union de toutes les forces nationalistes. Que lui répondez-vous ?
- Le dialogue est ouvert en permanence ! Nous ne l’avons jamais refusé à qui que ce soit, ni, surtout, à aucun Nationaliste. L’ouverture, ce n’est pas s’adresser à tous et refuser la discussion aux Nationalistes. C’est parler, d’abord, à tous les Nationalistes, sans exclusive, sans préalable, et se mettre, ensuite, en capacité de parler au plus grand nombre sur des bases politiques claires. U Rinnovu est intégré tout naturellement à un cycle de dialogue. Il a un espace stratégique, un rapport à la clandestinité et des idées qui ne sont pas, en tous points, celles de Femu a Corsica. Il a annoncé qu’il faisait sa propre liste pour les Territoriales de décembre. Nous regardons cela avec bienveillance parce qu’il s’agit d’une composante du mouvement national. Nous attendrons sereinement le verdict des urnes.
 
- Concrètement, que va-t-il se passer maintenant pour Femu a Corsica ?
- Nous avons fait remplir des centaines de formulaire de pré-inscription. Sur cette base, nous réunirons quatre groupes de travail organisés autour de deux grandes commissions : faisabilité d’une part, politique et enjeux d’autre part. Nous convoquerons, ensuite, un congrès constitutif à la rentrée.
 
- Quand déciderez-vous de la constitution de la liste pour les prochaines élections territoriales ?
- Durant l’été, nous commencerons tranquillement à poser les jalons. Comme en décembre 2015, je pense que la liste sera finalisée dans sa totalité au mois de septembre ou d’octobre.
 
- Corsica Libera souhaite une liste unique Pè a Corsica dès le 1er tour. Quelle est votre position ?
- Le débat n’est pas clos. Nous avons eu, notamment ces dernières 72 heures, une bilatérale importante avec Corsica Libera. Nous leur avons dit que ce débat serait réglé dans le courant du mois d’août. A ce stade, les deux options – listes séparées ou liste unique dès le 1er tour – restent d’actualité. Très démocratiquement, en consultant les territoires, les élus, le Conseil exécutif, l’ensemble de la majorité territoriale, nous arrêterons une position au cours des prochaines semaines. C’est un débat qui sera partagé.
 
- Participerez-vous aux Ghjurnate di Corti ?
- Oui ! Nous serons tous, vraisemblablement, aux Ghjurnate di Corti. Pour ma part, j’irai, comme je l’ai fait, depuis quelques temps maintenant, pour porter le même discours et la même exigence de projets, d’accords politiques et d’unité. Il va de soi que nous entendons avec nos amis de Corsica Libera avancer sur la constitution d’une offre politique réunifiée à un moment que nous déterminerons, au 1er ou au 2nd tour, mais qui, dans le sillage de la nouvelle majorité, donnera, au mouvement national, de nouvelles chances de victoire.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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