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François Hollande : Les ambiguïtés d’une visite présidentielle


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 4 Octobre 2013 à 21:23 | Modifié le Samedi 5 Octobre 2013 - 20:20


C’est une visite au pas de charge, ramassée en une intensive journée, que le président de la République, François Hollande, a effectué, en Corse, pour commémorer le 70ème anniversaire de la libération de l’île. Trois escales : Ajaccio, Levie, Bastia. Quatre discours, des hommages aux morts et des médailles aux soldats survivants, des rencontres avec les élus et un silence brisé par un discours sibyllin. Au final, beaucoup de symboles, une promesse de dialogue comme seule réelle avancée et un parti-pris plus électoral que politique avec deux éloges appuyés de deux maires de gauche.


Moulay Rachid, le frère du roi du Maroc, et François Hollande, président de la République.
Moulay Rachid, le frère du roi du Maroc, et François Hollande, président de la République.
Le 10 septembre 1993, François Mitterrand était le 1er président de la République à venir commémorer la libération de l’île et à conseiller à la Corse « d’être elle-même ». Ces mots, si souvent répétés ces derniers temps, François Hollande, qui accomplissait la même démarche, 20 ans après, n’a pas manqué d’y faire allusion à Bastia, estimant que l’île avait suivi ce conseil à la lettre. Un clin d’œil personnel pour un président qui aspire à une stature mitterrandienne, mais aussi une œillade politique à des élus insulaires qui rêvent d’émancipation.
 
La rencontre avec les élus
La visite présidentielle a, d’ailleurs, débuté, à Ajaccio, par une rencontre avec les élus. D’abord, à la Préfecture, puis à la mairie, après une rapide détour vers la citadelle et un hommage rendu à Fred Scamaroni. Là, le président a prononcé son 1er discours devant le maire, Simon Renucci, les députés et sénateurs insulaires et nombre d’élus municipaux, de conseillers généraux et territoriaux, notamment les deux leaders nationalistes, Jean-Guy Talamoni et Jean-Christophe Angelini, et l’eurodéputé François Alfonsi. Il a, en pleine ébullition de l’Assemblée de Corse sur les dossiers majeurs de la mandature régionale, abordé, en les effleurant : le droit des successions avec les Arrêtés Miot, la réforme constitutionnelle, mais aussi le développement économique.
 
L’hommage aux Goumiers
Après une halte à Levie et un 2nd discours plus commémoratif, le cortège présidentiel a rejoint la Place Saint-Nicolas à Bastia. Avec le frère du roi du Maroc, Moulay Rachid, il a écouté l’un des derniers résistants encore en vie, Leo Micheli, raconter la libération de l'île. Puis, rendu un hommage vibrant aux Goumiers, ces soldats marocains qui ont pris le Col de Teghime et participé à la libération de Bastia, et aux résistants insulaires, en leur remettant la légion d’honneur dans une cérémonie très solennelle. La communauté marocaine, au premier rang du public, a manifesté son approbation. Comme à Levie, une place particulière a été accordée à la jeunesse avec la présence des lycéens du lycée Jean Nicoli à Bastia et du lycée de Corte.
La visite s’est achevée à la mairie de Bastia, où après un entretien avec le maire Emile Zuccarelli, François Hollande a prononcé son 4ème discours de la journée, revenant sur les questions politiques avant de conclure par un long éloge du 1er édile bastiais. Un hommage si appuyé que l’on aurait pu croire le président de la République en campagne électorale pour les municipales et sur lequel la presse parisienne, dans un entretien informel, n’a pas manqué d’ironiser, lui demandant s'il comptait visiter de même toutes les communes de gauche en difficulté.
 
Un appel entendu
François Hollande, dit-on, ne tenait pas à aborder la question corse, mais la pression a été telle que, pragmatisme politique oblige, il a du, bon gré, mal gré, prendre en compte la réalité insulaire et ses débats internes qui indisposent tant Paris. Et briser ce silence assourdissant, qui était, jusqu’à présent, son unique doctrine en la matière, par une promesse de dialogue et l’ouverture d’un cycle de concertations. « Je vous ai entendu », dit-il en substance, une semaine après le vote massif de l’Assemblée de Corse en faveur de la réforme constitutionnelle.
Mais si le Chef de l’Etat a tenu à donner le signe certain d’une bonne volonté présidentielle, il est resté très prudent, pour ne pas dire très évasif sur les questions qui fâchent, bottant la plupart du temps en touche sur un credo fermement républicain. Il n’a pas raté une seule occasion pour marteler l’indissolubilité du lien de la Corse avec la République française. Comme s’il estimait urgent de devoir le rappeler ! Le message était-il adressé aux Nationalistes corses ou à l’Exécutif territorial ? A moins qu’il ne visait l’opinion publique continentale ? Difficile à dire.

Florilège de réponses
Quoi qu’il en soit, François Hollande, fidèle à lui-même, a excellé dans l’art de l’esquive.
L’appel au dialogue lancé par la CTC ? « Le gouvernement y répondra en recevant prochainement les élus de l’Assemblée de Corse dans le cadre de la République pour laquelle nous avons tous ici le même attachement ».
Engager un cycle de négociations avec l’Etat ? « Je recevrai les élus de Corse, mais comme je reçois tous les autres élus de la République sans distinction ! Je ne veux pas qu’il y ait de préalable ».
La spécificité de la Corse ? « L’unité n’est pas uniformité. L’identité de chaque voix singulière fait l’harmonie de la nation. Il faut tirer les leçons du statut particulier. J’ai demandé au gouvernement de l’évaluer et de voir pourquoi il n’y a pas autant de délégations qu’il est possible d’en faire sur un certain nombre de domaines. La Corse doit améliorer sa place dans les régions françaises ».
Les Arrêtés Miot ? « Il semble y avoir un problème à régler, mais le manque de titre de propriétés existe dans d’autres régions françaises, la solution devra pouvoir s’appliquer ailleurs ».
Le statut de coofficialité de la langue ? « Inconstitutionnel ! »
La Charte de la langue régionale ? « J’ai fait la promesse, mais on me dit : Non. Je n’ai pas la majorité des 3/5ème au Congrès pour changer la Constitution. Moi, je suis prêt ».
Le statut de résident ? « Inconstitutionnel ! Avant d’introduire je ne sais quelle disposition spécifique, il faut utiliser les outils existants ».
La réforme constitutionnelle ? « Une Constitution se modifie exceptionnellement. Elle suppose une majorité des 3/5ème au Congrès. Et l’opposition a déjà déclaré qu’elle ne l’accepterait pas. On perd du temps ».
En off avec la presse, il doute : « Il y a certaines ambiguïtés. Il faut se demander quelle sera la conséquence de cette inscription de la Corse dans la Constitution. Va-t-elle renforcer la place de la Corse dans la République ou, au contraire, exprimer une volonté de sortir de la République ? ».
La violence ? « Nous devons éradiquer la criminalité organisée. J’irai jusqu’au bout »
 
Des réactions mitigées
Comme on pouvait s’y attendre, la gauche s’est presque unanimement, félicitée du discours présidentiel et de sa priorité accordée au développement économique. La droite s’est montrée plus circonspecte. Le député UMP, Camille de Rocca Serra, s’est dit « déçu » du manque de réponse sur les Arrêtés Miot. Les Nationalistes prennent acte de la volonté de dialogue et de l’ouverture esquissée par le chef de l’Etat. Selon le président de l’Exécutif territorial, Paul Giacobbi, ces rencontres débuteraient dès la semaine prochaine.
A Bastia, les Nationalistes, toutes tendances confondues, n'ont pas assisté à la cérémonie de commémoration. Les élus modérés de Femu a Corsica, invités, ont décidé de ne pas rejoindre les tribunes officielles sur la place Saint-Nicolas, préférant rester du côté du public, derrière les barrières de sécurité. La raison est le refus de l’Elysée de joindre un drapeau corse aux drapeaux français et européens pour la cérémonie de commémoration. « Nous voulons marquer notre désapprobation face à ce choix manifestement délibéré et provocateur de ne pas mettre le drapeau corse aux côtés des drapeaux français et européens. On ne peut pas prétendre honorer la libération de la Corse sans le drapeau corse alors même que les patriotes et les résistants corses, au moment où ils s’apprêtaient à faire le sacrifice de leur vie, ont dit et écrit qu’ils s’engageaient aussi pour le drapeau corse ! », explique Gilles Simeoni.
En cette journée de symboles, au moment où le Chef de l’Etat semble faire un geste d’ouverture, le refus net et sec du drapeau corse laisse songeur.  
 
N.M.

Extrait concernant la Corse du discours de François Hollande lors de sa réception à la mairie de Bastia

A suivre : Quelques réactions d'élus.









1.Posté par arbasgiu le 05/10/2013 20:53
"....Ambiguïtés..." Je me permets de vous citer c'est le moins qu'on puisse dire, disons que C'est le "minimum syndical" et encore un syndicat "acheté", il y en a ...Hé oui !!! lol !

Soyons clair, il nous a pris pour des jambons comme ses prédécesseurs (Liber Bou exemple etc....) et comme le veut son caractère de "petit" homme, et pas que par la taille.
Bon on fera sans lui, sans Paris, démocratiquement, entre Corses, et avec les différentes institutions internationales (Europe, ONU) !

Avà basta à cumèdia !!!!!! On est plus en 1950 ou 1970 ou 1870, que les "jeunes" de 45 ans, "fils à papa", "héritiers de fiefs des papas" ne se fassent pas d'illusions, malgré les "conclaves", les lacoves les coulisses plus ou moins discrètes et secrètes (Les frères trois points , le compas et les équerres etc...) .On se connait plus qu'ils ne le croient.

Le jour du peuple viendra, et ils n'y pourront rien et ils seront jetés aux poubelles de l'histoires, assez vite je pense. Président, grand argentier des organismes etc....

Plus dur sera la chute pour les petit marquis, caniches de leurs maîtres....

Comme on pardonne nous, on leur laissera une petite place de fonctionnaire, un petit placard, qu'ils puissent vivre eux et leur famille, leurs enfants , leurs maîtresses (?), mais le pouvoir c'est terminé pour ses "pleutres" (j'essaye de peser mes mots).

Hollande ? Qui c'est ?

A prestu o Ghjente !

Le jour arrive, démocratiquement, vous avez perdu, je parle des "jeunes corses"....D'ici 5, 10 ans peut être plus vite, peut-être on vous fera muter dans le 93......Pourquoi pas ? aprés tout.....On verra, selon la "fictivité de vos emplois et des emplois des vôtres"

On verra.....

2.Posté par colonna d istria le 08/10/2013 00:15
la liberte ne s octroie pas si un peuple refuse de se battre un autre vient et prend sa place la republique a pris ses responsabilites il reste au peuple corse si il est encore vivant a prendre les siennes les elus a commencer par les soit disant nationalistes devraient arreter de prendre les vessies pour des lanternes il me semble qu ils ne sont pas de taille avec hollande ou alors ils nous bernent et sont ses complices autrement si il leur reste un peu d honneur qu ils se brulent la cervelle proprement

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