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« Etre en tête au 1er tour pour rassembler la droite et gagner »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 31 Octobre 2015 à 22:06 | Modifié le Mardi 22 Décembre 2015 - 11:50


C’est sur une rive du barrage de Calacuccia, sur la piste nautique de Sidossi, au Niolu que Camille de Rocca Serra a présenté, samedi matin, sa liste : « Rassembler pour la Corse, Uniti per a Corsica ». La liste, la deuxième de droite, affiche 23 élus, dont 6 conseillers territoriaux sortants, notamment Stéphanie Grimaldi et Ange Santini, 12 maires, le sénateur Jean-Jacques Panunzi et le président de la Chambre de commerce, Paul Trojani. Son projet est de proposer une nouvelle vision de la Corse avec trois axes forts : liberté, responsabilité et solidarité. Coupant court aux rumeurs qui bruissent depuis des mois, Camille de Rocca Serra affirme clairement, à Corse Net Infos, qu’il fera l’union avec José Rossi au soir du 1er tour et qu’en aucun cas, il ne reniera sa famille politique et ne consentira à une alliance de 2nd ou de 3ème tour avec Paul Giacobbi.


Camille de Rocca Serra, entouré de ses colistiers.
Camille de Rocca Serra, entouré de ses colistiers.
- Comment définissez-vous votre liste ?
- C'est une liste de femmes et d’hommes qui partagent des valeurs et ont envie de sauver la Corse. Ils ne sont pas satisfaits de la mandature précédente qui n’a proposé que des réformes institutionnelles. Ils veulent parler d’économie, de formation, de numérique, de valeur ajoutée, de créations de richesses et d’emplois, des jeunes et de liberté, pas de tutelle, de clientélisme ou d’assistanat. Ils représentent la Corse qui travaille et se lève tôt. Comme l’a dit le président Paul Trojani, c’est cette Corse-là que nous revendiquons : celle de la fidélité à nos valeurs et le respect des hommes. Je vois des différences entre nous et d’autres.
 
- Lesquelles ?
- Par exemple, dans la construction de cette liste, il n’y a pas eu de Mr Malosse et cet irrespect pour un homme. Il y a eu une recherche de personnes que j’ai rencontrées et avec qui j’ai longuement parlé pour savoir si elles partageaient mon idéal et si nous pouvions nous rassembler avec nos différences. Comme l’a si bien dit, Jean-Martin Mondoloni, nous ne sommes pas des clones, nous avons, chacun, notre personnalité et notre originalité. Nous avons réalisé une alchimie pour créer un groupe uni au service de tous.
 
- Votre liste compte 23 élus. C’est une des listes qui en compte le plus. Est-ce un choix ?
- Ah bon ! Vous pensez ! Vous n’avez pas vu la liste de Paul Giacobbi ! Nous sommes la liste qui avons, surtout, la capacité de construire un Exécutif. Cette liste est bâtie, non seulement avec des élus, mais avec des gens qui apportent des compétences et un savoir-faire que tout le monde leur reconnaît. C’est là toute la différence. Nous couvrons la diversité des territoires, des métiers avec beaucoup de professions libérales, et des générations avec, à la fois, l’expérience et l’ambition du renouvellement. Je sais que cette liste impressionne déjà et inquiète, mais pas les Corses qui doivent se sentir représentés par l’équipe qui est à mes côtés.
 
- Pourquoi avez-vous présenté votre liste à Calacuccia en plein Niolu ?
- J’ai voulu être au cœur de la Corse, au cœur de la montagne, au pied du Paglia Orba et du Cinto, là où il y a des fragilités, là où on a perdu de la vitalité, pour montrer qu’il y a un espoir. Nous avons la volonté de faire vivre cet espoir.
 
- Vous parlez de cette élection comme un défi. En quoi l’est-elle ?
- Toute élection est un défi ! Quand on veut reprendre une collectivité parce que l’on considère qu’elle a été mal menée, mal gérée, et que les valeurs, que nous représentons, n’ont pas été suffisamment ou pas du tout incarnées, quand on conteste son bilan, il faut se mettre en situation de reconquête, mais avec humilité. La reconquête est un défi ! Nous avons jusqu’au 6 et au 13 décembre l’ambition de gravir ce sommet et d’amener la Corse à la victoire. La liste, que je conduis, rassemblée avec une autre liste avec laquelle nous fusionnerons le soir du 1er tour, sera victorieuse.
 
- Pensez-vous que votre liste sortira en tête des listes de Droite au soir du 1er tour ?
- J’ai appris que ce qui comptait, c’était le résultat du 1er tour. Je mets tout en œuvre pour que les gens, que nous rencontrons et à qui nous montrons qui nous sommes et ce que nous voulons faire, aient envie de partager ce chemin. En même temps, il faut mobiliser. Aujourd’hui, c’est le début de la mobilisation. Plus la Corse votera, plus le suffrage universel s’exprimera, plus nous serons en tête ! Mon but n’est pas seulement d’être en tête, ni d’être en tête dans une concurrence interne à ma famille politique, c’est d’être en tête pour rassembler et gagner.
 
- Avec qui ?
- Je sais que ce que je dis va déranger, mais je suis Républicain. Je suis élu à l’Assemblée nationale. Je suis vice-président des Républicains dans le groupe des Républicains à l’Assemblée nationale et certains oseraient douter de mon appartenance ! Je n’ai jamais trahi ! Je n’ai jamais faibli ! J’ai toujours été fidèle à mes valeurs et à mes amis ! Si d’autres se sont parfois égarés, cela n’a pas été mon cas. Je sais où est le chemin. Le soir du 6 décembre, ce sera le chemin de la fusion.
 
- Certains disent que vous ne voulez pas cette fusion. Vous affirmez, donc, le contraire ?
- Je vais le dire comment ! Qui peut douter que je n’ai jamais trahi ! Qui peut douter que j’ai toujours été fidèle ! Je l’ai dit, dès le début : c’est dans mon ADN ! Ceux, qui n’ont pas permis l’union, mais qui acceptent la fusion, doivent savoir qu’il n’y a qu’avec moi qu’il y aura fusion. C’est parce que je serai fort avec ma liste qu’il y aura fusion. Cette fusion s’impose. Je l’imposerai à tous.

- Accepterez-vous la fusion même si vous n’êtes pas en tête des listes de droite ?
- Bien sûr ! J’ai pris un engagement ! Je n’ai jamais failli dans ma vie ! D’autres ont failli ! Je n’ai jamais trahi ma famille ! J’ai toujours rassemblé, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai presque toujours gagner, je n’ai perdu qu’une fois.
 
- Vous dites que vous ne fusionnerez qu’avec la liste de José Rossi. Est-ce un démenti aux rumeurs de tractations de 2nd ou 3ème tour que vous auriez avec Paul Giacobbi ?
- Quelles rumeurs ? Qui les propage ? Arrêtons ces bêtises ! Ce n’est pas parce que l’on colporte des rumeurs qu’elles deviennent des vérités ! Ce sont des rumeurs totalement absurdes ! Je n’ai pas fait voter Paul Giacobbi en 2010 ! Demandez à ceux qui l’ont fait voter alors, au lieu de soutenir leur famille politique, si, aujourd’hui, ils regrettent le choix qu’ils ont fait à ce moment-là. Qu’ils ne me fassent pas, aujourd’hui, le grief de leurs propres turpitudes ! Je suis clair. Je n’ai qu’une famille politique. Je ne l’ai jamais trahi. Combien de fois dois-je le répéter ?
 
- Vous avez dit dans votre discours : « Je ne partage pas les mêmes valeurs que Paul Giacobbi, je ne participe pas au clientélisme et à l’assistanat ». Est-ce un enjeu ?
- Depuis toujours ! Je suis Gaulliste, je crois en l’homme libre. La liberté, le droit de l’homme c’est quoi ? C’est de pouvoir travailler, faire vivre sa famille et élever ses enfants. Ce n’est pas d’être sous tutelle et soumis ! Mon père m’a appris cette liberté. Il a créé l’activité économique à Porto-Vecchio pour que les gens se sentent libres. C’est vrai que, comme ça, les élections sont bien plus difficiles, on ne gagne pas avec 80% des voix, mais, au moins, en conscience, on peut être fier du travail accompli. Il n’y a rien de plus beau que d’offrir la liberté à ceux-là même qui voudraient demander. Par contre, la solidarité, c’est autre chose. Je suis solidaire et je sais défendre les plus faibles et les plus fragiles.
 
- Vous avez martelé deux mots forts : « Liberté et responsabilité ». Sont-ce les grandes lignes de votre programme ?
- Oui ! Avec la solidarité et le dialogue. On ne peut pas sans arrêt dire que si on ne réussit pas c’est la faute aux autres, à pas de chance. Nous avons une responsabilité. Nous assumons les nôtres avec tous les autres acteurs publics, économiques, associatifs… Nous devons travailler ensemble, mais, en même temps, nous devons faire des choix. La responsabilité, c’est de faire des choix et de les assumer. Je ne choisis pas des sujets impossibles, comme le statut de résident dont on sait qu’il est juridiquement impossible, économiquement une folie, et, politiquement absurde. Engager cela alors qu’on sait que ça ne va pas réussir, c’est de l’irresponsabilité. Je suis responsable, j’engagerais des projets importants pour la Corse et je porterais une vision pour les 20 ou 30 prochaines années.
 
- Si vous êtes élu, reviendrez-vous sur ce qui a été voté depuis 5 ans ?
- Nous ne sommes pas d’accord avec le PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse) qui a été voté. Nous ne reviendrons pas au PADDUC ancien. Nous construirons un projet au service de tous. Bien sûr que j’ai réfléchi et que j’ai évolué comme d’autres, mais avec des principes et des valeurs essentiels, comme le respect de l’homme qui est au cœur de toute politique. C’est cela l’important !
 
- Quelle vision de la Corse comptez-vous porter ?
- La vision de permettre à chacun de trouver sa place et de favoriser la création d’activités. Aujourd’hui, l’emploi public trouve ses limites. La vision de libérer les transports par de grands projets d’infrastructures routiers, multimodaux, sur 20 ou 30 ans. Quand on met 3 heures en plein hiver et 4 heures l’été pour aller de Porto-Vecchio à Bastia ou 2h40 pour aller à Ajaccio, c’est un frein au développement économique. Cet axe est saturé, or c’est un axe économique entre l’Italie du Nord, la Corse et la Sardaigne. Il faut redéployer autrement les moyens et chercher des financements à la Banque européenne d’investissements, ce que l’on n’a jamais fait. Nous n’avons pas assez d’ingénierie pour construire la Corse de l’intérieur, c’est pourquoi je veux travailler avec la DATAR sur l’aménagement du territoire. Je ne suis pas pour la concentration autour des grands pôles, même s’ils ont un rôle fondamental, il faut servir toute la Corse.
 
- Quels sont, pour vous, les enjeux ?
- Il y a deux choses fabuleuses en Corse : l’environnement et une jeunesse qui a de la matière grise. Cette matière grise, personne ne l’empêchera d’aller à New-York, à Shanghai ou ailleurs, mais on peut lui donner les moyens de se développer ici. C’est un enjeu considérable. Comme l’économie numérique. Pour cela, il faut un engagement réel et déterminé et une concordance de tous les moyens qui, aujourd’hui, sont dispersés. En tant que parlementaire, j’ai créé le FIP (Fonds d’investissement de proximité) corse, j’ai permis de rénover et de redéployer la CADEC, d’améliorer le crédit d’impôt au service des entreprises. Je viens de déposer une proposition de loi sur le CDI saisonnier. L’économie, je veux la faire, pas avec des chercheurs, même s’il y en a beaucoup qui me soutiennent, mais avec les acteurs, les entrepreneurs, les agriculteurs… L’agriculture a une valeur ajoutée à développer. Par mon engagement, quatre AOC ont été obtenus depuis 2002. Ce n’est pas suffisant. Il faut créer les conditions pour donner la liberté d’agir, de se déplacer avec des prix raisonnables, de rassembler la Corse qui, aujourd’hui, est éclatée.
 
- Pensez-vous que la droite unie peut gagner le 13 décembre ?
- Bien sûr ! Pourquoi croyez-vous que je me bats et que je m’investis ! Ce qui n’a pas été possible aujourd'hui, nous allons le créer le soir du 1er tour, le mettre en œuvre, pour qu’une majorité claire puisse se dégager au 2nd tour. Nous allons construire ensemble à droite. Nous avons une vision qui n’est pas si éloignée. S’il y a des nuances sur certains points, nous allons les aplanir. L’homme, que je suis, a toujours su dépasser les clivages, les ressentiments, les trahisons, les infidélités… Je ne suis pas là pour ressasser le passé, mais construire l’avenir le 6 et le 13 décembre au service de la Corse.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Camille de Rocca Serra, entouré de ses colistiers.
Camille de Rocca Serra, entouré de ses colistiers.

 « Etre en tête au 1er tour pour rassembler la droite et gagner »

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