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Bastia : Les atouts de l'école de la 2ème chance


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 26 Septembre 2012 à 00:46 | Modifié le Dimanche 7 Octobre 2012 - 15:35


Mardi après-midi, l'école de la 2ème chance, située rue San Angelo, à Bastia, a ouvert ses portes pour présenter à des jeunes âgés de 16 à 25 ans, sortis sans diplôme, ni qualification du système scolaire, l'aide qu'elle peut leur apporter pour construire leur projet professionnel. Explications, pour Corse Net Infos, de Bernard Guidicelli, Directeur de la Mission locale et de l'école de la 2ème chance


Bastia : Les atouts de l'école de la 2ème chance

- Pourquoi organiser une journée Portes ouvertes ?

- Ouverte en septembre 2010, l'école de la 2ème chance a profité de ses deux ans d'activité pour organiser une journée de présentation du dispositif de formation et ce qu'elle propose en termes d'emplois et d'insertion professionnelle pour des jeunes âgés de 16 à 25 ans. C'est l'occasion de faire connaître une autre manière d'accéder à la vie active, différente des formations classiques et de l'apprentissage, de faire connaître les lieux, l'équipe pédagogique et les outils utilisés. Enfin, de montrer notre volonté d'aider les jeunes à, d'abord, chercher l'emploi qui leur convient, ensuite, l'entreprise susceptible de les embaucher.

 

- Les jeunes connaissent-ils l'existence d'une telle école sur Bastia ?

- Nous devons nous faire connaître sur l'ensemble du territoire. Pour cela, nous utilisons nos relais partenaires, notamment la Mission locale et Pôle Emploi. L'objectif de cette journée n'est pas tant de montrer qu'on existe, mais comment on travaille et ce que l'on peut apporter concrètement aux jeunes quand ils souhaitent s'investir dans un parcours.  

 

- À quelle catégorie de jeunes vous adressez-vous ?

- À ceux qui ont quitté le système scolaire, prioritairement à ceux qui sont sans diplôme, ni qualification, à ceux qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire, qui se posent beaucoup de questions sur leur avenir. Nous sommes là pour les rassurer, pour leur dire qu'il y a sûrement une place pour eux, même si c'est difficile actuellement. D'où la nécessité de se donner tous les moyens pour trouver l'emploi qui convient et pour le garder.

 

- C'est une école et pourtant les jeunes ne retournent pas à l'école !

- Non. Ils ne retournent pas à l'école. Le fil rouge à l'école de la 2ème chance est le parcours professionnel. Dans le système scolaire, on n'enseigne pas le projet professionnel. Les jeunes ont besoin, à la fois, d'apprendre et de découvrir le monde de l'entreprise. La particularité de l'école de la 2ème chance, c'est qu'elle fait les deux, en dédiant une part très importante à la vie de l'entreprise et une part toute aussi importante à l'acquisition des savoirs fondamentaux.

 

- Comment ça se passe concrètement ?

- Nous parlons de l'environnement professionnel, des emplois et des secteurs professionnels qui existent et qui recrutent. Ensuite, nous mesurons, avec les jeunes, les écarts entre ce qu'ils savent faire et ce qu'ils devraient faire si, demain, ils étaient embauchés. La formation doit permettre de réduire ces écarts et d'acquérir les connaissances nécessaires à l'accès à la vie professionnelle. Le marché du travail est complexe. Il faut savoir ce que les entreprises attendent, mais aussi ce que le jeune peut produire comme compétences pour parvenir à être embauché.

 

- C'est-à-dire ?

- Il faut qu'ils apprennent la ponctualité, la rigueur, le respect des consignes, le travail en équipe... Certains ont plus de compétences que d'autres, mais il faut surtout leur révéler leurs qualités que, souvent, ils mésestiment. Certains jeunes sont naturellement ponctuels et n'en font pas un atout alors que, visiblement, dans le monde d'aujourd'hui, c'en est un. C'est ce que nous appelons l'école des compétences. Quand, par exemple, on vise le métier de peintre, on n'est pas obligé de maîtriser l'informatique, par contre il faut savoir mesurer, faire des métrages, des conversions...

 

- Vous faites presque du sur-mesure ?

- Oui. C'est de la formation individualisée, personnalisée. On va concentrer les acquisitions de base sur les connaissances nécessaires au projet professionnel.

 

- Quelles sont globalement les compétences qui manquent le plus aux jeunes ?

- Les compétences sociales attendues par les entreprises : la communication, la confiance en soi, l'estime de soi... Notre public a vraiment besoin de se construire un avenir d'adulte, mais pas sur les bases de son éducation scolaire et d'un passé qui est souvent vécu comme un échec. L'échec scolaire est toujours, malheureusement en France, connoté échec social, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays. La caractéristique des jeunes, qui viennent à nous, est leur besoin de construire ces compétences sociales sans lesquelles ils ne pourront jamais travailler. La difficulté est aussi que moins ils sont formés, moins ils ont envie de se former.

 

- Quelles sont les questions que les jeunes posent le plus ?

- Où je peux disposer d'un emploi ? Combien ça paye ? C'est-à-dire la disponibilité de l'emploi et le niveau de rémunération.

 

- En deux ans, combien de jeunes avez-vous aidé ?
- Aujourd'hui, l'école a déjà accueilli 140 jeunes, dont 110 qui se sont inscrits dans une démarche longue de 9 mois et 82 parcours aboutis qui, au final, ont débouché soit sur un emploi, soit sur une formation qualifiante.





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