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Assises de la Corse-du-Sud : Paul-Roch Martini maintient sa ligne de défense


le Jeudi 30 Janvier 2014 à 00:45 | Modifié le Jeudi 30 Janvier 2014 - 01:34


Lors de la première journée du procès en assises de Paul-Roch Martini, poursuivi pour le viol et le meurtre de Joanna Tavera le 21 septembre 2010 à Cauro, le principal mis en cause a maintenu sa ligne de défense. Affirmant de nouveau qu’il n’était pas l’auteur ni du viol, ni des nombreux coups portés et qui ont conduit au décès de la jeune femme. Son père, Gérard Martini, poursuivi pour non-assistance à personne en danger, comparaissait libre devant la Cour d’Assises.


La toute première journée du procès de Paul-Roch Martini n'a réservé aucun élément nouveau. (Photo : DR)
La toute première journée du procès de Paul-Roch Martini n'a réservé aucun élément nouveau. (Photo : DR)
Une ambiance pesante au sein de la salle d’audience du tribunal d’Ajaccio, qui était pleine mercredi matin, pour l’ouverture du procès de Paul-Roch Martini et de son père Gérard Martini (qui lui comparaissait libre) devant la cour d’Assises de la Corse-du-Sud.
La famille de la victime, des amis, des proches venus soutenir la famille mais aussi des anonymes qui s’étaient déplacés en nombre pour assister à l’audience.

Paul-Roch Martini maintient sa version des faits et nie avoir porté les coups mortels sur Joanna Tavera
Une première journée d’audience consacrée à l’audition de Paul-Roch Martini. Première journée qui, dans l’absolu, n’a réservé aucuns éléments inédits depuis le drame.
Le meurtrier présumé de Joanna Tavera, sanglotant parfois dans son box, n’a toutefois pas varié d’un iota sur sa version des faits.
Poursuivi pour "violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner", Paul-Roch Martini a maintenu la ligne de défense adoptée depuis sa mise en examen et nié en bloc avoir violé et porté les nombreux coups qui ont entrainé le décès de la jeune femme dans la nuit du 21 septembre 2010 à Cauro.

De la drogue, deux ou trois gifles, mais ni viol ni coups mortels…
Si le meurtrier présumé reconnait « avoir pris beaucoup de drogue » et « donné deux ou trois gifles » à Joanna Tavera le soir des faits car « elle était en train de se massacrer » elle-même, il affirme qu’il n’a « pas voulu la tuer » et conclue qu’il n’a « pas su gérer la situation ».
Paul-Roch Martini maintient la version selon laquelle la jeune femme se serait elle-même infligé les nombreux coups violents qui lui ont coûté la vie en se cognant sur le sol et contre des meubles. Affirmant également que Joanna Tavera était fréquemment sujette à des crises « d’hystérie ».
« Il n’a reconnu aucun caractère intentionnel et volonté de faire mal pour cela, il a réaffirmé qu’il ne l’avait jamais violée. Paul-Roch Martini s’est exprimé, ou on l’a forcé à s’exprimer concernant son vécu et j’espère que l’ensemble des jurés ont compris quand même qu’on était très loin du monstre que l’on décrit depuis le départ » a soutenu Maitre Jean-Marc Lanfranchi, l’avocat du principal mis en cause.

« Personne ne croit en la version de Monsieur Martini, il se décharge complètement et se victimise ! » Maitre Alijia Fazai, avocat de la partie civile   
« Joanna Tavera a été découverte, couverte d’ecchymoses, il n’y avait pas un centimètre carré de sa peau qui n’avait pas reçu de coups et elle a en outre subi un viol dans les instants qui ont précédé sa mort clinique. Voila le tableau clinique de l’horreur ! » a pour sa part réaffirmé Maitre Jean-Michel Mariaggi, avocat de la partie civile.
Une version des faits donnée par le meurtrier présumé, littéralement opposée à ce que dit le rapport d’autopsie et la contre expertise, rappelle également Maitre Alijia Fazai, avocat de la partie civile : « Le 21 septembre, on a retrouvé le corps de Joanna Tavera supplicié littéralement, puisqu’il est couvert de nombreux hématomes, lésions, ecchymoses. Le médecin légiste qui sera chargé de l’autopsie va même confirmer l’existence d’un viol avec une pénétration sexuelle d’une violence inouïe qui ne peut pas, en aucun cas, être assimilé à un rapport consenti. Monsieur Martini depuis le début se décharge complètement, il se victimise (…) Personne ne croit en la version de Monsieur Martini ».

Gérard Martini « ne pouvait pas avoir conscience qu’un drame se jouait au sein de cette habitation » Maitre Cécile Pancrazi, avocate de Gérard Martini
Enfin, le père de Paul-Roch Martini, Gérard Martini poursuivi pour non-assistance à personne en danger, comparaissait libre devant le tribunal. « Il n’a pas pu entendre des cris, tel que cela a été dit au début de ce procès. Il était présent dans son jardin quand les faits se sont déroulés, il n’a pas pu avoir conscience qu’un drame se jouait au sein de cette habitation et c’est la raison pour laquelle il n’a pas pu intervenir. Donc on lui reproche une non-assistance à personne en danger, mais encore faudrait-il démontrer, ce qui n’est pas le cas et qui n’a pas été le cas au cours de l’instruction, qu’il était en capacité d’imaginer, de savoir qu’un réel danger était encouru par Joanna Tavera » a affirmé Maitre Cécile Pancrazi, avocate de Gérard Martini.
La famille, visiblement meurtrie et éprouvée s’est, pour sa part, refusé à tout commentaire. La seconde journée d’audience s’ouvre jeudi matin et le procès, prévu pour durer jusqu’à vendredi, pourrait se prolonger jusqu’à samedi.
Yannis-Christophe GARCIA

SAVOIR +
Lire également notre article sur le rappel des faits



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