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Ange Santini : « Je fais confiance à la population calvaise qui m’a toujours soutenu depuis 20 ans »


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 18 Février 2014 à 23:18 | Modifié le Mercredi 19 Février 2014 - 00:38


Elu pour la 1ère fois en 1995, réélu en 2001 et en 2008 avec plus de 72% des voix, Ange Santini, le maire sortant UMP de Calvi, est candidat pour la 4ème fois à sa propre succession aux élections municipales de mars prochain. Dressant un bilan de son action, il explique, à Corse Net Infos, ses projets pour la prochaine mandature. Sûr d’être réélu, il répond aux critiques de ses adversaires en opposant pragmatisme et utopie.


Ange Santini, maire sortant de Calvi et candidat à sa propre succession pour les élections municipales de mars 2014.
Ange Santini, maire sortant de Calvi et candidat à sa propre succession pour les élections municipales de mars 2014.
- Beaucoup de maires, estimant la charge trop pesante, ne se représentent pas. Continuer après 3 mandats, est-ce une décision évidente ?
- J’ai décidé, après réflexion, de conduire, de nouveau, la liste de la majorité municipale sortante. J’ai 54 ans. Tant que je garderai la passion de ma ville plus que de la politique, je n’aurais même pas l’excuse de l’âge pour ne plus être candidat ! J’ai réfléchi parce qu’au bout de 3 mandats, on réfléchit ! Il y a d’autres choses à faire dans la vie. J’ai considéré qu’avec les résultats que l’on connaît à Calvi, j’avais un travail à continuer, à accomplir, et qu’une mandature supplémentaire pouvait être intéressante à mener.
 
- Conduisez-vous une liste toujours marquée à droite ?
- Calvi est une ville de droite à 75%, si l’on se réfère au score de Nicolas Sarkozy lors des dernières élections présidentielles. L’ossature de la liste est, donc, naturellement composée de personnes plutôt de sensibilité de droite. Mais, ce qui compte dans une équipe municipale et dans une commune comme Calvi qui est une petite ville ou un gros village, c’est d’abord la cohésion et l’efficacité de l’équipe municipale. Je n’ai, donc, pas vraiment regardé l’étiquette politique de celles et ceux qui m’entourent.
 
- Gardez-vous la même équipe ?
-  L’augmentation de la population nous fait passer de 27 à 29 sièges. J’ai opéré un renouvellement partiel, environ un tiers, de l’équipe qui me suit depuis des années et que je renouvelle au fur et à mesure des consultations. Sur les huit adjoints sortants, trois sont nouveaux. L’équipe, qui n’était déjà pas très vieillissante, est rajeunie avec des personnes de sensibilité différente qui ont envie d’apporter quelque chose à leur ville. J’ai toujours su concilier la sagesse et l’expérience des anciens à la fougue et la passion des plus jeunes. Le but est d’avoir une équipe qui, non seulement soutient un bilan, mais surtout, comme on n’est jamais réélu sur un bilan, continue de porter des projets pour le développement de Calvi.
 
- Quel bilan, dressez-vous de votre dernière mandature ?
- Globalement, depuis 1995, pratiquement en 20 ans, nous avons investi plus de 70 millions € à Calvi dont environ 26 millions € sur la dernière mandature. Entre 2008-2014, nous avons, sur le service général de la ville, là où les contribuables portent leurs efforts, diminué la dette de 1 million €, passant de 6,3 millions à 5,3 millions. Dans le même temps, nous n’avons pas augmenté les impôts locaux de plus de 1,5% à 2% par an qui est le rythme de l’inflation. Nous tenons, donc, nos engagements depuis 1995. Nous avons toujours considéré qu’il était trop facile de pressurer le contribuable et d’appauvrir les populations, comme le fait la gauche au pouvoir aujourd’hui sur le plan national.
 
- Quelles ont été, selon vous, vos réalisations les plus marquantes ?
- Nous avons porté un certain nombre de réalisations majeures dans lesquelles je me suis impliqué personnellement grâce, à la fois, à ma qualité de maire et d’ancien président de l’Exécutif. Par exemple, pour la création de l’hôpital de Calvi-Balagne, la mairie a mis un terrain à disposition et a participé à son financement. Nous avons inscrit les crédits nécessaires dans le cadre du PEI (Programme exceptionnel d’investissements) pour permettre à la Communauté de communes de Calvi-Balagne, présidée par un de mes adjoints, de réaliser le fameux complexe sportif qui, aujourd’hui, connaît une fréquentation record. Nous avons investi près de 8 millions € pour remettre aux normes la station d’épuration qui est passée d’un traitement chimique à un traitement biologique, ce qui est rare en Corse. Nous avons encore investi, sous cette mandature, 2,5 millions € pour des actions soutenues en faveur de l’école et de la petite enfance. Sans oublier le réseau routier et le quotidien de la ville….
 
- Que répondez-vous aux critiques que suscite votre politique du logement ?
- Notre politique de logement est ambitieuse. Elle est, certes, décriée par l’opposition et par des personnes qui sont sur des supputations de je ne sais quel ordre ! Pour autant, dans la mandature précédente, nous avons rendu 114 familles propriétaires à Calvi, pratiquement à 50% du prix du marché (entre 1850 et 2100 €/m2). Ces familles, qui représentent 7% de la population calvaise, ne l’auraient jamais été sans l’action de la municipalité. Ces accessions sont accompagnées de clauses anti-spéculatives. Les actuels propriétaires, qui ont des revenus inférieurs à un certain plafond, ne peuvent pas revendre, sauf en cas de décès de l’un des conjoints, de mutation ou de séparation. Ils ne peuvent pas non plus louer pendant 10 ans. Tout cela pour éviter de faire de l’argent sur le dos de ces opérations.
 
- Vos adversaires vous accusent, aussi, de jouer la carte du tourisme au détriment des besoins des résidents. Est-ce le cas ?
- Là, aussi, contrairement à certaines idées reçues, il faut arrêter de faire croire que la municipalité ne s’occupe que du tourisme. C’est un faux procès d’intention ! Toutes nos réalisations sont, d’abord et avant tout, destinées à la population calvaise, même si le touriste en bénéficie. La part de l’investissement consacré uniquement aux touristes est de 10% et celle consacrée à la population résidente est de 90%. Lorsqu’on sécurise la santé avec un hôpital, le sport avec un complexe sportif, demain la culture avec un centre culturel… Lorsqu’on se bat pour les écoles, la petite enfance, le centre de loisirs, la voirie, le logement… on le fait en direction des habitants de la microrégion et pas du tout pour les touristes.  C’est tellement facile de vouloir opposer deux conceptions alors que, d’un côté, il y a un rêve, un idéal que je ne partage pas, mais que je ne conteste pas non plus. De notre côté, nos réalisations concrètes viennent contredire ce que la liste adverse pourrait, éventuellement, avoir à souligner.
 
- Que proposez-vous pour cette nouvelle mandature ?
- De continuer à porter, à bout de bras, à la fois le quotidien de la population en étant au plus près des citoyens et en veillant à ce que tout soit réparé, réhabilité, embelli au plus tôt, tout en mettant en œuvre un certain nombre de projets phares. Par exemple, le projet de centre culturel de la communauté de communes de Calvi-Balagne sur un terrain que la ville de Calvi met à disposition et grâce à un financement que j’ai obtenu quand j’étais président de l’Exécutif régional. La réhabilitation des remparts de la citadelle et de la tour du Sel est en cours pour sécuriser, mettre en valeur et développer économiquement ces deux bâtiments. Le centre de conservation des objets oubliés du patrimoine, porté par la CTC, verra le jour d’ici à juin 2014. Nous avons, comme il y a 15 ans, lancé des études sur le ré-ensablement de la plage de Calvi qui, comme toutes les plages du bassin méditerranéen, est sensible à l’érosion. Nous continuons de travailler sur les programmes scolaires, l’accompagnement de la petite enfance avec l’extension de la halte-garderie municipale, et sur des programmes de voiries avec une réflexion sur le cours principal de Calvi qu’il faut rénover.
 
- Qu’advient-il du projet de la CTC de déplacement de la gare de Calvi ?
- C’est un projet que nous soutenons. Ce déplacement de quelques dizaines de mètres permettra à la CTC de conserver l’emprise du terrain au centre-ville pour en faire, avec le financement croisé de la ville de Calvi, un parking de 350 places et de créer au dessus, sans aucune construction, une place centrale dont Calvi a tant besoin. L’urbanisation, au fil des siècles, s’étant faite en longueur, nous n’avons jamais pu, contrairement à des villes comme Ile Rousse, avoir une place centrale. L’aménagement de cette zone gare-place-parking serait l’opération du Calvi de demain.
 
- Comment voyez-vous l’avenir du port de Calvi qui périclite doucement ?
- Il y a une réflexion majeure à porter en Balagne dans le cadre de l’aménagement du territoire sur la complémentarité des deux ports de commerce de Calvi et d’Ile Rousse. Il est difficile de maintenir et de justifier ces deux ports à 20 kilomètres de distance. Il faut, donc, réfléchir à leur spécialisation : le commerce à Ile Rousse et la plaisance à Calvi. Cela nous permettrait de récupérer les terre-pleins communaux, d’abord pour en faire un parking ouvert en permanence qui attirerait du monde en centre-ville. Ensuite, pour créer, derrière la jetée, le fameux théâtre de verdure qui pourrait programmer des concerts, six mois dans l’année.
 
- Le tourisme reste-t-il la clé de votre politique de développement ?
- Nous affirmons, de manière très claire, que le tourisme est l’élément moteur, le levier du développement économique de Calvi et de la Corse. Imaginer qu’il peut y avoir une autre voie relève de l’utopie la plus flagrante ! Nous avons toujours cherché à éviter, à la fois, la mégalomanie et le populisme. On peut toujours rêver et faire rêver les autres avec des projets somptuaires qui, finalement, n’apporteraient pas grand chose à la ville…C’est tellement facile ! Mais, nous sommes des gens réalistes. Nous savons, depuis une vingtaine d’années, quel est le chemin à parcourir, l’axe médian, l’équilibre à maintenir.
 
- Vos opposants proposent une toute autre vision du développement de la ville. Que vous inspire-t-elle ?
- D’abord, j’attends de voir exactement ce que leur liste compte concrètement proposer. Les grands principes sont peut-être valables à l’échelle d’une nation ou de la Corse, s’agissant du PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse)… A l’échelle d’une municipalité, il faut du concret. Les habitants attendent de savoir ce que les élus vont réaliser concrètement. Mes opposants ont une vision un peu utopiste de ce que l’on pourrait faire à Calvi. De notre côté, nous avons une vision bien plus pragmatique et réaliste. Les projets d’intention, qui nous sont faits, ne résistent pas du tout à l’analyse.
 
- Etes-vous inquiet de cette opposition ?
- Pas du tout ! Je ne suis pas inquiet. Dans un débat démocratique, une opposition a naturellement toute sa place. Je fais confiance à la population qui m’a toujours soutenu depuis pratiquement une vingtaine d’années et qui, j’en suis persuadé, continuera de le faire à l’occasion de cette échéance.
 
Propos recueillis par Nicole MARI
 



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