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Ajaccio : Le préfet et le directeur de la Banque de France dans une TPE pour mieux se rendre compte et intervenir…


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Jeudi 21 Juillet 2016 à 17:57 | Modifié le Jeudi 21 Juillet 2016 - 19:06


Quoi de plus naturel qu’une visite sur le terrain de la part d’un préfet ? De convivial aussi, pour simplement prendre la température, se renseigner sur la marche de l’entreprise en général, ses activités, se rapprocher au plus près du chef d’entreprise. Surtout lorsque le représentant de l’Etat est accompagné du directeur régional de la Banque de France. Discussion, échanges, réflexion au sein même de l’entreprise


Bernard Schmeltz et Benoît Gress sont des hommes de terrain. Ils n’hésitent pas à se rendre sur site pour prendre le pouls d’une TPE, d’y rencontrer les responsables et de débattre sur la marche de l’entreprise. Rien de tel pour se rendre véritablement compte de l’intérêt d’une telle visite de courtoisie. Cela a été le cas, jeudi, auprès d’AJC, dans la zone industrielle de Baleone-Sarrola Carcopino, une TPE d’une dizaine d’employés dont le secteur d’activité se situe au niveau du second œuvre du bâtiment, chauffage-climatisation-ventilation.
Le préfet et le directeur de la Banque de France ont été accueillis sur place par Charles Biccheray, directeur de l’entreprise et Thierry Bianchi, le manager.
L’entretien a bien entendu tourné autour de l’entreprise, du marché, de la vie des TPE, de leurs soucis, de leur réussite aussi, mais une situation générale, comme le prouve la réalité, peu brillante, il faut en convenir, après les péripéties qui se sont déroulées ces derniers mois dans le petit monde des TPE.
 
Conserver la bonne taille…
 AJC est une véritable TPE de dix salariés, dirigée par Charles Biccheray, qui traite de la gestion de l’énergie, dans l’exploitation et la maintenance des installations pour près de 70 clients et dont le marché tourne autour des 54% public et 46% dans le privé. Pour le responsable de cette entreprise, il a des règles à respecter :
 
 « Il faut impérativement rester à notre taille, bien tenir les marchés, ne pas chercher le monopole mais bien au contraire provoquer le partage, la communication et travailler avec sérieux, rester fidèle à ses ambitions tout en demeurant vigilant dans la démarche. C’est de la stratégie offensive où il faut savoir se retrousser les manches tous les jours, aller à la recherche de marchés…Notre chiffre d’affaire est d’environ 1,2 millions d’euros hors taxes, qui est réparti comme je l’ai signalé, 54% public et 46% privé. Notre TPE joue le jeu comme beaucoup d’autres TPE avec tout ce que cela demande de rigueur et de sérieux et Dieu sait si cela devient compliqué aujourd’hui d’aller de l’avant. Je ne vous cache pas que nous avons beaucoup de contraintes, raison pour laquelle nous communiquons beaucoup avec les services de l’Etat, les banques, avec tous les acteurs économiques, en allant vers eux, en discutant, en essayant de trouver les meilleures solutions. Cela nous permet de nouer des partenariats pour un avenir plus serein… »
 
Faire travailler les entreprises locales
Bernard Schmeltz, préfet de la région Corse, aime à le souligner, lorsqu’il parle de visite sur différents sites : 
« Si on veut faire notre métier correctement, il ne faut pas rester dans notre bureau mais aller sur le terrain. J’ai lu de nombreux rapports sur les TPE de Corse, nous en avons parlé, mais rien ne vaut la visite sur le terrain. Elle permet d’avoir un véritable échange avec le responsable pour aborder toutes les préoccupations, les difficultés mais aussi voir ce qui marche, quelles sont les bonnes recettes. Pour moi, il est très important de me rendre sur site, je l’ai dit dès mon arrivée en Corse, je veux être un préfet sur le terrain, rencontrer les acteurs, comme aujourd’hui, rendre visite à une entreprise dynamique qui remporte des marchés et est bien connue des acteurs économiques et de l’Etat. C’est une entreprise qui possède en effet beaucoup de marchés avec les services de l’Etat. J’en profite d’ailleurs pour dire qu’au niveau des services, nous sommes fort bien organisés autour de la plate-forme d’achats que nous avons montée. Nous avons cette préoccupation, ce souci de travailler et faire travailler le plus possible les entreprises locales. Nous respectons bien sûr le code des marchés publics, nous devons montrer l’exemple, ce qui nous permet de faire travailler les entreprises corses. Il faut qu’il y ait des relations de confiance entre les chefs d’entreprises et les services de l’Etat. En clair, lorsque les chefs d’entreprises connaissent des problèmes, ils ne doivent pas hésiter et doivent aller vers le directeur de la Banque de France pour évoquer les problèmes. Qu’il n’hésitent pas à aller frapper à la porte du Tribunal de Commerce. Il existe des mesures de sauvegarde qui permettent d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Si les chefs d’entreprises se trouvent dans la difficulté, qu’ils n’hésitent pas à aller voir le directeur de la Banque de France qui est là dans son rôle de médiateur du crédit pour aider à trouver des solutions, sans oublier la Commission des Chefs de Services Financiers qui regroupe les administrations de l’URSSAF, des Services Fiscaux dans le strict respect de la confidentialité. »
 
S’inspirer des stratégies gagnantes…
 Et le regard que porte la Banque de France sur la situation des TPE ? Voici ce que répond Benoît Gress, le directeur régional.
 « Nous portons notre regard sur ce qui va bien mais aussi sur ce qui ne va pas au sein des TPE. Il est clair que le constat est clair sur l’intensification des difficultés pour une grande partie des TPE qui sont confrontées à de gros problèmes au niveau des marchés, de la concurrence, raison pour laquelle il est important de les accompagner, de leur délivrer des messages positifs. C’est le sens de notre visite aujourd’hui dans cette entreprise qui est une authentique TPE qui résiste bien et qui se développe au prix d’efforts intenses, de patience, de technologie. C’est cette image de TPE qui réussit pour donner un espoir à celles qui sont confrontées à des difficultés. Nous avons souhaité, avec M. Le préfet, rencontrer ce type d’entreprise pour montrer que le secteur public en général était à l’écoute de ces chefs d’entreprises. »
 
- C’est une sorte d’encouragement pour les autres TPE  que l’on a vu dans la rue ces derniers mois ?
 - Tout à fait. Sans nier toutes les difficultés qui sont les leurs, tant sur la trésorerie que sur l’accès au financement. Nous sommes à leur disposition pour les accompagner. Tout ceci est réel mais il y a des stratégies gagnantes, des trajectoires positives, il faut les regarder pour s’en inspirer. » 
J.-F. V.




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