Quelques centimes peuvent suffire à changer de pompe. Pour Carine, le calcul est vite fait. Lorsqu'elle passe devant une station affichant 2,17 euros le litre quand une autre en propose 2,25, cette Ajaccienne d'une vingtaine d'années s'arrête à la moins chère : « Je n'ai pas envie de payer 2,25 le litre alors que je peux payer 2,17 quelques mètres plus loin, en passant devant. » Car à ses yeux, la différence compte : « Il n'y a pas de petites économies. »
Son réflexe illustre la pression que le bouclier tarifaire de Total peut exercer sur les autres stations corses. Le principe est simple : le plafond mis en place par le groupe n'est pas un prix maximum imposé à toutes les stations. Une station Vito ou Eni peut donc afficher un tarif supérieur à 1,99 euro pour l'essence ou à 2,25 euros pour le gazole. Et lorsque l'écart devient trop important, les automobilistes peuvent changer leurs habitudes. « Au plus fort de la crise, on a eu des écarts qui pouvaient aller jusqu'à 20 centimes par litre », se souvient Frédéric Poletti, représentant du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse. Un écart qui avait alors entraîné un report de clientèle vers Total, avec, raconte-t-il, « des files d'attente qui se formaient devant certaines stations ».
Aujourd'hui, la situation s'est resserrée. « Maintenant, on ne constate plus de tels écarts. Les autres enseignes suivent plus ou moins, à quelques centimes près », observe-t-il. Pour autant, pour un automobiliste, huit centimes d'écart représentent tout de même quatre euros sur un plein de 50 litres. Pas forcément de quoi faire un détour, mais suffisamment pour choisir une station plutôt qu'une autre lorsqu'elle se trouve sur le chemin.
Son réflexe illustre la pression que le bouclier tarifaire de Total peut exercer sur les autres stations corses. Le principe est simple : le plafond mis en place par le groupe n'est pas un prix maximum imposé à toutes les stations. Une station Vito ou Eni peut donc afficher un tarif supérieur à 1,99 euro pour l'essence ou à 2,25 euros pour le gazole. Et lorsque l'écart devient trop important, les automobilistes peuvent changer leurs habitudes. « Au plus fort de la crise, on a eu des écarts qui pouvaient aller jusqu'à 20 centimes par litre », se souvient Frédéric Poletti, représentant du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse. Un écart qui avait alors entraîné un report de clientèle vers Total, avec, raconte-t-il, « des files d'attente qui se formaient devant certaines stations ».
Aujourd'hui, la situation s'est resserrée. « Maintenant, on ne constate plus de tels écarts. Les autres enseignes suivent plus ou moins, à quelques centimes près », observe-t-il. Pour autant, pour un automobiliste, huit centimes d'écart représentent tout de même quatre euros sur un plein de 50 litres. Pas forcément de quoi faire un détour, mais suffisamment pour choisir une station plutôt qu'une autre lorsqu'elle se trouve sur le chemin.
Un prix qui sert de repère
Or, si les stations des autres groupes ne s'alignent pas systématiquement sur prix affiché par Total, c'est que leur capacité à réduire leurs prix dépend notamment de leurs conditions d'approvisionnement et de leurs marges. Pour Frédéric Poletti, cette adaptation relève aussi du fonctionnement normal du marché. « C’est simplement le jeu de la concurrence », avance-t-il. Lorsqu’une enseigne baisse ses prix, ses concurrentes doivent rester suffisamment proches pour ne pas voir leurs clients partir.
Mais pour le représentant du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse, le plafond de Total joue bel et bien le rôle de « prix repère ». Et la configuration de l'île renforce son influence : « Sur le continent, vous avez des stations Total qui peuvent être à plusieurs kilomètres d'une station concurrente. En Corse, ce n'est pas la même chose. Vous pouvez avoir une station Total et une Vito ou une Eni à quelques centaines de mètres. » Dans ces conditions, poursuit-il, « si vous avez 10 ou 15 centimes d'écart, le client prend sa voiture et va à côté ». En Corse, la concurrence se joue donc parfois à quelques centaines de mètres, là où les distances peuvent être bien plus importantes sur le continent.
Ainsi, alors que les prix de l'essence ont à nouveau repasser la barre des 2 euros dans de nombreuses stations insulaires, le bouclier de Total reste aux yeux de Frédéric Poletti une protection importante. Pour autant, pas question de crier victoire. Car même plafonnés, les prix restent élevés au regard de la réalité sociale et économique de l’île. « On ne peut pas se réjouir de ne recevoir que trois coups de bâton au lieu de quinze », résume-t-il. Avant de filer la métaphore : « On se noie moins vite, mais on se noie quand même. »
Or, si les stations des autres groupes ne s'alignent pas systématiquement sur prix affiché par Total, c'est que leur capacité à réduire leurs prix dépend notamment de leurs conditions d'approvisionnement et de leurs marges. Pour Frédéric Poletti, cette adaptation relève aussi du fonctionnement normal du marché. « C’est simplement le jeu de la concurrence », avance-t-il. Lorsqu’une enseigne baisse ses prix, ses concurrentes doivent rester suffisamment proches pour ne pas voir leurs clients partir.
Mais pour le représentant du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse, le plafond de Total joue bel et bien le rôle de « prix repère ». Et la configuration de l'île renforce son influence : « Sur le continent, vous avez des stations Total qui peuvent être à plusieurs kilomètres d'une station concurrente. En Corse, ce n'est pas la même chose. Vous pouvez avoir une station Total et une Vito ou une Eni à quelques centaines de mètres. » Dans ces conditions, poursuit-il, « si vous avez 10 ou 15 centimes d'écart, le client prend sa voiture et va à côté ». En Corse, la concurrence se joue donc parfois à quelques centaines de mètres, là où les distances peuvent être bien plus importantes sur le continent.
Ainsi, alors que les prix de l'essence ont à nouveau repasser la barre des 2 euros dans de nombreuses stations insulaires, le bouclier de Total reste aux yeux de Frédéric Poletti une protection importante. Pour autant, pas question de crier victoire. Car même plafonnés, les prix restent élevés au regard de la réalité sociale et économique de l’île. « On ne peut pas se réjouir de ne recevoir que trois coups de bâton au lieu de quinze », résume-t-il. Avant de filer la métaphore : « On se noie moins vite, mais on se noie quand même. »
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