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"Sillage" à Bastia : L'odyssée scientifique… 100% féminine qui ausculte la Méditerranée !


Rédigé par le Lundi 28 Septembre 2015 à 14:41 | Modifié le Lundi 28 Septembre 2015 - 19:49


Elles sont, au total, dix femmes avec à leur tête Nathalie Ille, capitaine. Elles sont biologistes, marins, historienne, géographe, naturalistes, écologues, artiste et navigatrice et ont embarqué, samedi à Marseille, à bord du catamaran à voile "Catana" pour une expédition maritime inédite : réaliser entre Marseille et Porquerolles en passant par Bastia, l'île d'Elbe, les îles Pontines et Naples, une étude pluridisciplinaire sur les rapports des sociétés du littoral à la mer et sensibiliser le grand public à l'importance de la mer pour notre avenir. Depuis lundi matin le "Catana" et son équipage de charme, répondant à l'invitation du CPIE "U Marinu" et de Jean-Valère Geronimi, est amarré au Vieux-Port de Bastia. Il demeurera à quai jusqu'au 1er Octobre. Nathalie Ille nous en dit plus sur l'odyssée scientifique "Sillage"


Nathalie Ille (3ème à partir de la gauche), son équipage et l'équipe du "Marinu"
Nathalie Ille (3ème à partir de la gauche), son équipage et l'équipe du "Marinu"
- Pourquoi cette expédition ?
- Je suis marin. Plus j'ai navigué, plus j'ai connu la mer plus j'ai eu envie d'en parler. Plus j'ai l'ai connue, plus  je l'ai aimée. Et plus j'ai décidé de la protéger. J'avais envie qu'on la connaisse mieux, que les gens se souviennent de tout le patrimoine que l'on avait en commun avec elle. De dire au plus grand nombre ce que c'était la mer et de rappeler aux gens que c'est quelque chose de fragile . C'est à la fois notre patrimoine, mais c'est aussi notre avenir.

- C'est une initiative privée ?
- C'est à mon initiative. Je ne suis pas scientifique du tout.  J'ai fait un Master en management de projet. J'en ai, déjà, plusieurs à mon actif avec des enfants et des scientifiques. Je suis à l'origine de cette seconde expédition que je mène en compagnie d'une super équipe sans laquelle rien ne pourrait se faire et avec, je le répète, ce souci de faire connaître la mer, sa fragilité.

- Est-elle en danger ?
- Oui, elle l'est. Mais par-delà la menace et le constat que l'on fait perpétuellement à son propos, j'ai pensé qu'il y avait une multitude de choses à faire pour elle. J'ai voulu que l'on se penche sur les solutions. Tout ce que nous faisons à travers cette expédition, avec les scientifiques, nous allons le faire "remonter" aux décideurs afin qu'ils prennent des mesures pour mieux la protéger. Pour qu'enfin, les mentalités évoluent. Que l'on ne consomme pas cette mer comme une "baignoire" : les gens arrivent sur la plage, se baignent, sans se soucier du reste... Mais la mer, c'est aussi notre culture. Toute  la Méditerranée est baignée par cette culture. C'est grâce à elle qu'on s'est fait, tous…

- Comment avez-vous réussi à motiver les gens qui vous suivent dans cette aventure ?
- Je suis allé voir des scientifiques en étant "personne" - nous sommes une toute petite association, moi je suis marin - mais nos interlocuteurs ont beaucoup aimé notre initiative parce que cette expédition alliait à la fois les sciences humaines et les sciences de la nature. En tout cas, tous ont été convaincus du fait qu'il faut travailler tous ensemble pour considérer la Méditerranée. Parce que l'on ne peut pas mettre de côté ce qu'a a été notre histoire, ce qu'ont ont été nos traditions. Et face à tout cela comment évoluer aujourd'hui comment . Si l'on ne prend pas en compte tout cela, on aura beau étudier la biodiversité et le tout le reste : la Nature sans nous serait bien… L'animal fragile, en fait, c'est surtout.

- Pourquoi équipage exclusivement féminin ?
- C'est un choix. Je ne suis pas du tout féministe mais je pense que c'est important de montrer qu'un équipage féminin peut naviguer aussi. C'est aussi promouvoir l'idée auprès d'autres femmes qu'elle peuvent, elles aussi, réaliser leurs rêves. De ne pas être dans l'auto-censure. Il y a beaucoup de femmes qui n'arrivent pas à dire : "c'est possible". Mais oui, c'est possible. Quand je suis allée voir les scientifiques ils m'ont dit qu'il était important de promouvoir l'image de la femme scientifique parce qu'il y a des chiffres qui, sur ce plan, régressent notamment dans les hauts postes. Et les femmes ne parviennent pas à se projeter dans ce créneau. Aujourd'hui je ne "roule" pas contre les hommes, mais je dis aux femmes : allez-y, lancez-vous ! Et puis à la faveur des visites que nous organisons, le fait de ne voir que des femmes à bord peut susciter des vocations auprès des plus jeunes.

- Un mot sur le bateau ?
- Il nous est fourni par notre sponsor Catana. Et nous sommes soutenus financièrement par l'Agence de l'eau, la région Paca, la ville de Marseille.

- Il va aller jusqu'à Naples ?
- Cette année oui. Mais nous allons partir tous les ans un ou deux mois pour acquérir des données à chaque escale, faire de la sensibilisation auprès des enfants et aborder chaque année des aspects différents pour avoir une vue globale de la Méditerranée et rassembler les enjeux environnementaux, sociétaux, économiques.

"Préserver la mer pour continuer à y vivre dans de bonnes conditions"

Le "Catana" : Des animations jusqu'au 1er Ocobre
Le "Catana" : Des animations jusqu'au 1er Ocobre
Sillage odyssée est parti il y a deux jours de Marseille. Au cours de ses pérégrinations en Méditerranée elle va effectuer plusieurs escales avec dans leur sillage des événements à destination du public et des rencontres entre les chercheurs versés dans les disciplines qui sont abordées au cours de l'expédition.
A Bastia cela se fera en collaboration avec l'association " U Marinu" et les correspondants des universités marseillaises.
Le but de l'opération est d"étudier le rapport des méditerranéens avec leur mer depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui, dans une perspective de pouvoir vivre bien en Méditerranée demain" explique Cécile Régnier, chargée de la valorisation et de la sensibilisation des publics pour l'expédition.
En fait il s'agit, à travers toutes ces semaines de navigation et de celles à venir, à l'équipage de "Catana" de savoir "comment faire pour préserver la mer et pour continuer à y vivre dans de bonnes conditions".

Une étude, véritable fil rouge de l'expédition, sera menée pour recueillir tous les constats de notre mer par les scientifiques qui sont à bord du catamaran. Au terme des trois ans d'étude de la Méditerranée, toutes les données seront collationnées pour dresser, cette fois, un constat global. Avec, à la clef des propositions  "pour poursuivre notre vie en Méditerranée en préservant la qualité de vie, les usages, la qualité du milieu avec un double regard : dans les petites îles et les grandes villes".
Avec Nathalie Ille et Cécile Régnier il y a à bord de "Catana", Solène Basthard-Bogain, ingénieur, Brigitte Marin, historienne, Leïta Tschanz, doctorante en écologie globale, Carole Rattaggi, spécialisée dans le domaine des acquisitions de données naturalistes en milieu extrême, Sabine Chautard, artiste et navigatrice, Mélanie Ourgaud, doctorante  en biologie et écologie marine, Amélie Foncuberta, ingénieur d'étude chez ecoocéan, Orianne Coutreix, doctorante du labortoire Geolab et Prune Brengier, réalisatrice et journaliste.

Objectifs communs

Jean-Valère Geronimi a accueilli l'expédition "Sillage" lundi matin
Jean-Valère Geronimi a accueilli l'expédition "Sillage" lundi matin
"Les engagements de notre association sont de mieux connaître et de protéger la Méditerranée" rappelle Jean-Valère Geronimi, président du CPIE  Bastia-Golo-Mediterranée qui va franchir un nouveau palier en créant un pôle à Stella Mare.
" Quand j'ai su, par le consulat de France à Naples , que l'expédition Sillage allait parcourir la Méditerranée, j'ai fait savoir que nous étions prêts à les recevoir, car elle rejoint et renforce nos objectifs communs" a ajouté le président du CPIE.
"Quand on sait par ailleurs que la Ville de Bastia a choisi comme engagement d'un Bastia "ville maritime, ville méditerranéenne et ville universitaire" nous avions toutes les raisons de recevoir cette expédition".
Depuis lundi c'est chose faite...
 

Au programme

- Mardi 29 septembre : animations pédagogiques à 4 classes de primaire de la région bastiaise
- Mercredi 30 septembre après midi et Jeudi 1er octobre : une visite libre du bateau de l'expédition
- Mercredi 30 septembre : En matinée animations de créations artistiques à l'attention d'une  classe de la ville de Bastia  et à 18 heures un duplex sous-marin sur le quai des martyrs, où l'on pourra découvrir la vie sous-marine sans avoir besoin de plonger !
- Jeudi 1er octobre à 18 heures  auditorium du musée : une conférence débat sur les impacts des changements globaux du littoral et des îles, suivit d'un cocktail de clôture




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