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Sécurité routière en Haute-Corse : La guerre aux mauvais comportements au volant est déclarée !


Rédigé par le Jeudi 18 Juin 2015 à 23:25 | Modifié le Vendredi 19 Juin 2015 - 03:47


14 personnes sont mortes sur les routes de Haute-Corse depuis le début de l'année : c'est trop. C'est la raison pour laquelle à l'initiative du préfet de Haute-Corse, Alain Thirion, et du procureur de la République, Nicolas Bessone, une réunion commune de "crise," élargie au conseil départemental, à la CTC et à la Mairie de Bastia s'est tenue jeudi en fin de matinée à la préfecture pour "relever le défi de l'insécurité routière". Les explications de Alain Thirion et Nicolas Bessone


Sécurité routière en Haute-Corse : La guerre aux mauvais comportements au volant est déclarée !
Alain Thirion : La répression et des actions de prévention
- Le but de cette mobilisation ?
- On mobilise l'ensemble des acteurs pour avoir toutes les réponses appropriées afin de réduire le nombre de victimes de la route. Globalement on a moins d'accidents, moins de blessés mais on a beaucoup plus de morts. Il est donc légitime que durant cette période qui précède l'été, et qui est donc un peu plus sensible, que l'on soit davantage sur le terrain. Avec 900 contrôles ciblés sur les endroits les plus accidentogènes, on va essayer de faire en sorte qu'il y ait une prise de conscience de la part des automobilistes et des conducteurs de deux-roues pour réduire cette insécurité qui frappe tout le monde.

- Ça va passer par quoi : davantage de répression ?
- Non. On va jouer sur tous les volets. Il y aura à la fois la répression car, c'est une vertu pédagogique et puis parce que certains exposent la sécurité d'autrui. Mais il y aura aussi des actions de prévention avec notamment un flyer pour sensibiliser notamment à la conduite sous le tunnel de Bastia. Nous irons également sur le terrain avec plusieurs associations qui sont très mobilisées sur la sécurité routière. Nous irons aussi dans les écoles. Ainsi en ciblant sur les territoires les plus accidentogènes et en regardant les causes - certaines d'entre elles sont liées à la situation du réseau routier - on arrivera à améliorer la situation.

- Le but poursuivi ne sera pas de stigmatiser ?
- On veut être pédagogique. On veut être efficaces, pragmatiques et inscrire les choses dans la durée. Il ne faudrait que l'action que nous venons d'engager se limite aux quelques semaines de l'été. On veut amorcer une mobilisation générale  pour que les comportements au volant changent durablement

- Vous avez associez les collectivités locales à cette démarche : quel sera leur rôle ?
- Elles interviennent déjà à leur niveau auprès de leurs populations jeunes, moins jeunes et seniors. Il y a également des politiques partenariales dans le cadre du plan d'action de sécurité routière. Il y aussi le travail qu'elles peuvent faire sur le réseau. Il ne faut pas qu'il ait des doutes sur la qualité de ce réseau.

- Le problème n'est pas nouveau : on va, encore, faire beaucoup d'efforts mais les résultats tardent un peu ?
- Non je ne le pense pas. Si les résultats étaient vraiment pitoyables, on aurait beaucoup plus d'accidents et beaucoup plus de blessés. En fait il y a une diminution des sinistres mais parmi le nombre d'accidents, la proportion de tués est beaucoup plus élevée. Tout cela est peut-être, aussi, lié à la malchance parfois : les choses ne sont pas, hélas, toujours rationnelles.

- Il n'en demeure pas moins que le message est toujours le même et les résultats sont toujours aussi dramatiques ?
- Oui, un mort sur les routes, c'est toujours un mort de trop. 14 c'est, déjà, considérable. J'ai vu dans le passé que nous étions arrivé à un étiage entre 14 et 20. Il faut qu'on se donne comme objectif d'arriver à moins de 20 morts cette année et puis progressivement à se rapprocher d'un chiffre si possible en-dessous de 10. On reste quand même sur des petits chiffres même si un accident mortel avec 4 victimes - ça été le cas en début d'année - ça a une conséquence statistique importante. L'essentiel c'est la compréhension, la mobilisation de tout le monde pour faire en sorte que les comportements au volant évoluent durablement notamment vis à vis des jeunes.

Nicolas Bessone : "Une audience spécialement dédiée à la délinquance routière"
- La justice, elle aussi, va changer de ton dans ce domaine?

- Nous allons passer la vitesse supérieure car le nombre de jeunes tués  sur la route est insupportable. Notre action va porter sur trois axes. Il y aura tout d'abord la création d'une audience spéciale dédiée chaque semaine à la lutte contre la délinquance routière . Nous nous pencherons, aussi, sur la recherche de la responsabilité, dans le cas des accidents mortels,  des débitants de boisson vendant de l'alcool à des gens qui, déjà, alcoolisés reprennent le volant. Nous instituerons aussi des mesures alternatives pour changer les comportements : au-delà des stages habituels, nous allons en créer un plus qualitatif qui va apprendre aux jeunes, non pas à devenir des pilotes de Formule 1, mais à avoir un comportement sur la route  et à pouvoir réagir en cas d'obstacle ou de difficulté particulière. Bref dans le cadre d'une sanction éducative, apprendre à conduire mieux.

- Selon vous les responsables ne sont pas seulement les gens qui sont au volant ?
- La responsabilité est toujours de celui qui, complètement ivre, roule comme un fou en prenant le volant. Mais on a souvent à faire avec des jeunes gens qui sont un peu écervelés comme nous l'avons, peut être, été tous un jour. Mais j'appelle aussi à la responsabilité des adultes et au premier chef ceux qui leur servent des boissons alcoolisées dans le cadre de leur profession, ce qui peut être légitime, mais dans un certain cadre et dans une certaine limite. J'en appelle aussi à la responsabilité des parents en leur posant la question de savoir quel  sens donner au fait de confier à un garçon de 18 ans qui vient d'avoir le permis de conduire un bolide alors qu'il n'a pas la maturité suffisante ni les compétences lui permettant de maîtriser le type d'engin qu'il a entre les mains ?
 

Le bilan et les actions

De janvier à juin 2015 il y a eu 14 tués sur les routes de Haute-Corse. Un accident à fait 4 morts et 3 personnes ont été emportés par une rivière en crue.
22 personnes sont décédées en 2014.
Tous les accidents sont majoritairement géolocalisés dans l’agglomération bastiaise et son pourtour. Le facteur majeur de ces accidents est lié à des pratiques addictives.

Une analyse cartographique va être menée à partir  d’un Observatoire de la sécurité routière
Des enquêtes "Comprendre pour agir" vont être menées. Il  s’agit d’une volonté locale forte, décidée en lien étroit avec le procureur de la République, les élus gestionnaires de voiries, et les partenaires locaux de la sécurité routière. Un protocole a été préparé et sera signé en début d’été.

Au niveau de la répression des infractions routières le taux de contrôles reste soutenu et efficace. Pour les 5 premiers mois de l'année la direction départementale de la sécurité publique a établi 42 procédures  pour alcoolémie  et 25 procédures pour défaut de permis de conduire. Pour la même période la gendarmerie a établi 407 procédures pour alcoolémie 111 procédures pour défaut de permis.

Les contrôles routiers vont augmenter durant l'été. Il y en aura 6 par jour en zone de police en Juillet et Août.
De son côté l'escadron départemental de sécurité routière mènera plus de 500 contrôles durant la même période.
Les premiers contrôles débuteront dès ce dimanche matin à la sortie des établissements de nuit. 
Le deuxième grand contrôle routier sera organisé durant l'après-midi de la proclamation des résultats du bac le10 Juillet.
Autre contrôle d'envergure : il se déroulera au moment du chassé-croisé des vacanciers (15 Juillet-15 Août).
A retenir encore que des judiciaires et administratives seront systématiquement engagées à l’encontre des débits de boissons dont la responsabilité d’un accident grave serait avérée.
 

Les permis de conduire seront suspendus : Conformément au barème arrêté avec le procureur de la République, les permis des délinquants routiers seront systématiquement retirés. Le nombre de permis retirés durant les 5 premiers mois de 2015 est de 251 (contre 261 sur la même période 2014). Le nombre global de retrait de permis en 2014 était de 616.


En raison de l’importance de la part des accidents dûs aux conduites addictives, en plus des nouvelles actions préventives à déployer dans le cadre du plan d'action de la sécurité (PDSASR) 2015, des contrôles routiers de nuit ciblés sur les sorties d’établissements de nuit sont prévus.

 A noter aussi que les élus sont associés aux actions préventives du PDASR 2015 (Un vélo une vie  avec la remise de prix effectuée au Conseil général,  la semaine nationale du vélo sur la place Saint-Nicolas à Bastia, avec l’animation dela police et de la gendarmerie nationale et la visite à un stage prévention routière : en présence du Préfet et du procureur dans les locaux de la Prévention routière à Bastia.
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Demain l'implication du conseil départemental de la Haute-Corse et de la municipalité de Bastia dans le cadre de cette mobilisation 





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