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Séance historique pour l’installation de la première Assemblée de Corse gouvernée par les Nationalistes


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 17 Décembre 2015 à 00:20 | Modifié le Jeudi 17 Décembre 2015 - 00:34


Jeudi après-midi, se tiendra, en l’hôtel de région à Ajaccio, à partir de 14 h30, la séance d’installation de la nouvelle Assemblée de Corse, sortie des urnes dimanche dernier pour une mandature de deux ans. Ce sera la première Assemblée gouvernée par des élus nationalistes. Elle sera, sans suspense, présidée par Jean-Guy Talamoni et le Conseil exécutif, par Gilles Simeoni. Des surprises pourraient surgir dans l’élection des deux vice-présidents et des huit conseillers exécutifs, également dans les attributions des sept présidences d’agences et offices et des délégations, si celles-ci sont divulguées dans la foulée. La séance sera retransmise en direct sur le site de la CTC et sur Via Stella.


L'hémicycle de l'Assemblée de Corse.
L'hémicycle de l'Assemblée de Corse.
Le discours d’investiture de Jean-Guy Talamoni sera entièrement en langue corse. Cette précision pourrait paraître presqu’anodine, si elle n’était la marque d’un profond changement des temps. Pour la première fois, depuis sa création en 1982, la collectivité territoriale de Corse (CTC) sera gouvernée, à la majorité relative, par les Nationalistes qui occuperont, tout à la fois, le perchoir de l’Assemblée et la présidence du Conseil Exécutif, ainsi que celles des sept offices et agences. L’appel à l’ouverture n’ayant pas été entendu par les autres forces représentées, ils devraient, aussi, assumer les différentes délégations. Autre nouveauté, cette assemblée est largement renouvelée. Sur les 51 conseillers territoriaux élus dimanche soir, seuls 23 sont issus de la mandature sortante. La plupart des 28 autres siègeront pour la première fois sur les bancs de l’hémicycle dans les quatre groupes politiques représentés. Avec 14 nouveaux élus sur 24, la liste Pè a Corsica emporte la palme de la nouveauté. Egalement 7 entrées sur les 11 élus du groupe libéral, mais seulement 3 sur 12 pour le groupe de Paul Giacobbi. Sans oublier les 4 élus du Front national (FN) qui font leur grand retour après 23 ans d’absence.
 
Un perchoir acquis
Pour cette séance d’installation et uniquement pour elle, les élus seront placés dans l’hémicycle par ordre alphabétique, le temps de participer au 3ème tour de scrutin, c’est-à-dire à l’élection du président et de ses deux vice-présidents, de la Commission permanente et du Conseil Exécutif. Avant le premier vote, le doyen d’âge des élus, en l’occurrence, le Frontiste René Cordoliani, présidera la séance, assisté par les deux plus jeunes élus de l’Assemblée qui feront fonction de secrétaires, en l’occurrence les deux élus nationalistes, Petru Anto Tomasi et Laura Maria Poli. Ce président éphémère prononcera une allocution d’ouverture.
L’Assemblée procèdera, ensuite, à l’élection de son président au scrutin secret à la majorité absolue, à savoir 26 voix. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue aux deux premiers tours, un 3ème tour de scrutin se fera à la majorité relative. Aussitôt élu, le nouveau président prendra sa place au perchoir de l’Assemblée de Corse et prononcera son premier discours, comme il le fera, ensuite, à l’ouverture de chaque nouvelle session pendant toute la mandature. L’élection, à ce poste, de Jean-Guy Talamoni semble acquise.
 
La Commission permanente
Désormais à la manœuvre, le leader indépendantiste animera, ensuite, l'élection, au scrutin de liste paritaire, des dix membres de la Commission permanente qui est chargée d’organiser les travaux et les débats de l’Assemblée. Cette Commission, qui prévoit notamment la répartition du temps de parole entre les groupes, comprend 11 élus, dont le président de l’Assemblée de Corse, membre de droit qui la préside, assisté de deux vice-présidents. Les groupes politiques disposent d’une suspension de séance règlementaire d’une heure pour présenter une liste avec une parité hommes/femmes. Passé ce délai légal, si une seule liste est déposée, les nominations prennent effet immédiatement dans l’ordre de la liste. Dans le cas contraire, le vote s’effectue à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel. L’Assemblée s’appliquera, ensuite, à élire deux vice-présidents parmi les membres de la commission permanente au scrutin de liste à la majorité absolue, sans panachage ni vote préférentiel. Si, après 2 tours de scrutin, aucune liste n’obtient la majorité absolue, le 3ème  tour s’effectue à la majorité relative.
 
Le Conseil exécutif
Se tiendra, enfin, l’élection du Conseil exécutif et de son président, au scrutin de liste avec dépôt de listes complètes comportant autant de noms que de sièges à pourvoir, en l’occurrence neuf, sans adjonction ni suppression de nom et sans modification de l’ordre de présentation. Si aucune liste ne recueille la majorité absolue au 1er et 2ème tours, le 3ème tour s’effectue, là aussi, à la majorité relative. Dans ce dernier cas, la totalité des sièges est attribuée à la liste qui a obtenu le plus de suffrages. La liste nationaliste, conduite par Gilles Simeoni, devrait l’emporter au moins à ce 3ème tour. Ces neuf membres rejoindront les bancs de l’Exécutif et seront remplacés par les neufs élus suivant les 24 premiers sortants de la liste Pè a Corsica.

Des portefeuilles à pourvoir
Ce nouvel Exécutif sera puisé, en majorité, parmi les dix élus nationalistes issus de la précédente mandature, à savoir Jean-Christophe Angelini, Jean Biancucci, Nadine Nivaggioni, Fabienne Giovannini, Agnès Simonpietri ou encore Saveriu Luciani pour Femu a Corsica, et Josepha Giacometti pour Corsica Libera. Parmi les nouveaux élus : une certitude, François Sargentini (Corsica Libera) sera présent, d’autres noms sont avancés comme celui de Nanette Maupertuis.
Dès mercredi, certaines présidences d’agences étaient arrêtées tandis que d’autres faisaient toujours l’objet de délicates négociations. Aussi n’est-il pas sûr que, lors de son discours d’investiture, le nouveau patron de la Corse dévoilera, immédiatement, les postes et les portefeuilles de chacun. En 2010, Paul Giacobbi s’était accordé trois semaines de réflexion. Même si elle est pressée de se mettre à l’ouvrage, la nouvelle gouvernance nationaliste, portée par Gilles Simeoni, devrait prendre le temps de fignoler ses arbitrages.
 
N.M.
 


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