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Santé en plaine orientale : Pour le collectif le compte n'y est pas


Rédigé par Patrick Bonin le Mercredi 30 Novembre 2016 à 18:33 | Modifié le Jeudi 1 Décembre 2016 - 00:28


Malgré la réponse de l'Agence Régionale de Santé adressée récemment au collectif "Per a salute in piaghja urientale, il semble que les éléments de langage évoqués dans le texte reçu, ne soient pas de nature à rassurer les inquiétudes des membres de ce collectif et plus généralement d'une population dans l'attente de discussions sérieuses et pragmatiques relatives à la politique de santé sur le territoire de plaine orientale. Le Collectif appelle à une nouvelle manifestation place de la mairie de Ghisonaccia samedi 3 décembre à 11h00.


Le collectif poursuit son combat pour la santé en plaine orientale.
Le collectif poursuit son combat pour la santé en plaine orientale.
Nous relations dans un récent article la réaction de l'Agence Régionale de Santé adressée par mail au collectif "per a salute in piaghja urientale" et faisant suite à la manifestation populaire de mécontentement le 19 novembre dernier, laquelle avait réuni autour du collectif près de deux cent personnes sur la route territoriale 10.    Gilles Barsacq directeur de l'ARS y rappelait l'engagement de l'agence lors d'une réunion en date du 22 novembre 2016, en présence des médecins concernés, à accompagner le projet de maison médicale de santé dès que les différents acteurs auront choisi le lieu d'implantation de cette structure soit Prunelli soit Ghisonaccia. Concernant le centre de rééducation fonctionnelle, Gillles Barsacq n'aborde pas la prorogation de l'arrêté initial autorisant le projet mais souligne que ce dernier n'est pas caduque, déclarant travailler avec le porteur du projet sur la faisabilité économique de ce dernier.

"Si l'agence régionale de santé ne veut pas discuter de tous les sujets, nos actions seront de plus en plus dures"

Une réponse incomplète et peu satisfaisante pour Esteban Saldana porte-parole du collectif : " L'ARS se déclare certes prête à nous recevoir mais la réponse qui nous a été adressée ne fait état que de deux points. On ne nous parle pas du projet d'hôpital public local, ni du changement du véhicule SMUR, ni de l'IRM, ni des structures adaptées permettant de faciliter le travail des personnels soignants.  Visiblement, nous ne sommes pas dans une optique de négociation active mais plutôt de gain de temps.  Si l'agence régionale de santé ne veut pas discuter de tous les sujets, nos actions seront de plus en plus dures. Nous exigeons le plus rapidement possible une rencontre en plaine orientale" a déclaré Esteban Saldana.

C'est donc un scénario de durcissement du conflit qui semble se profiler si l'agence régionale de santé comme l'explique le docteur François Benedetti ne prend pas suffisamment au sérieux les souhaits d'une population qui se sent en la matière inéquitablement traitée :" C'est un nouveau directeur de l'ARS qui prend ses fonctions. On a clairement l'impression que les dossiers sont traités simplement administrativement sans prendre la température de la colère qui gronde et surtout la mesure de la réalité du terrain.  Pour le Smur et le scanner, il a fallu la population dans la rue.  Le collectif défend l'intérêt global de la population.  L'ARS doit se déplacer dans le Fium' Orbu et nous donner une réponse claire. Nous ne sommes pas une population de deuxième zone. L'état a une responsabilité et il devra l'assumer le jour où nous devrons faire face à une éventuelle catastrophe sanitaire.  Certains dossiers comme l'IRM pourraient être débloqués très rapidement" a martelé François Benedetti.

 

Une certaine incompréhension devant des postures qui ne résistent pas aux statistiques

"Les études statistiques réalisées par la comcom sur la santé nous confortent dans le combat mené" Louis Cesari. (Photo DR).
"Les études statistiques réalisées par la comcom sur la santé nous confortent dans le combat mené" Louis Cesari. (Photo DR).
Comme le souligne Louis Cesari, président de la communauté des communes du Fium'orbu Castellu et membre du collectif, les statistiques obtenues lors d'études menées il y a quelques années en matière de santé sur le territoire auprès d'un panel représentatif de la population ne peut que conforter le combat mené par le collectif: " L'historique des mobilisations et des études menées nous donne raison. Grâce à la mobilisation populaire, nous avions obtenu le SMUR alors que l'on nous prétextait qu'il n'était point utile. Hors les statistiques montrent que ce véhicule intervient très souvent sur un large territoire, beaucoup plus que d'autres SMUR qui existaient déjà.  De même " ajoute le président de la com com " lorsque nous avions fait une étude santé, nous avions constaté un taux de renoncement aux soins très important en raison de l'éloignement des structures. Ce constat atteste d'une carence inadmissible en politique de santé. Si l'on est pas capable de nous démontrer que nous n'avons pas besoin des structures que nous demandons, et bien il faut travailler aux moyens de nous les attribuer".

Une position confortée par Pierre Rossini, membre du collectif et porteur du projet de centre de rééducation fonctionnel qui ajoute: " Nous sommes en l'état dans un paradoxe criant.  Nous demandons la normalité alors qu'on voudrait nous faire croire que nous serions dans un système dérogatoire. Les textes de loi prévoient les conditions d'implantation d'un hôpital public local sous certaines conditions minimales par exemple une part de population supérieure à 75 ans. Nous sommes au dessus de la moyenne nationale.  Une part de population  sous le seuil de pauvreté, nous sommes encore au dessus de la moyenne nationale, enfin un temps de trajet qui doit être inférieur à 20 mn pour avoir accès à une structure de soins hospitalière, nous sommes encore dans les clous de ce texte sur les hôpitaux de proximité datant de 2016.  Que l'ARS applique tout simplement la loi pour recevoir nos doléances" a surenchéri Pierre Rossini. 

Le compte n'y est donc pas dans la réponse faite par l'ARS au collectif "per a salute in piaghja urientale", un compte qui accumule pour l'heure déni et incompréhensions, une situation qui pourrait bien, jours après jours, faire chuter les cours de l'action confiance, un krach aisément évitable par l'ouverture d'une discussion que le collectif veut dorénavant voir se tenir sur ses terres de plaine orientale. 

 



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