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SNCM : U Rinnovu Naziunali dénonce l'absence de plan B !


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 10 Octobre 2014 à 00:46 | Modifié le Vendredi 10 Octobre 2014 - 02:29


Où est le plan B pour la SNCM ? C'est la question que pose U Rinnovu naziunali qui faisait sa rentrée politique, jeudi matin à Bastia. Prenant acte de la fin de la SNCM, son leader, le conseiller territorial, Paul-Félix Benedetti, tire la sonnette d'alarme et dénonce le manque total d'anticipation de l'Exécutif de l'Assemblée de Corse (CTC). Il estime qu'un nouveau conflit dans les transports maritimes, qui pourrait intervenir dés la fin de ce mois, mettrait en péril la filière clémentine qui serait, alors, en pleine récolte. Et s’interroge sur les raisons du cabinet Bredin-Prat, spécialiste des fusions-acquisitions, de travailler sur ce dossier.


Les représentants d'U Rinnovu Naziunali autour de leur leader, Paul-Félix Benedetti.
Les représentants d'U Rinnovu Naziunali autour de leur leader, Paul-Félix Benedetti.
D’emblée, le mouvement indépendantiste annonce, sans ambages, la couleur. « Rinnovu naziunali prend acte, avec l’ensemble de la société corse, de la mort imminente de l’actuelle SNCM. Les dirigeants de la compagnie, en fait l'Etat et Véolia, annoncent un dépôt de bilan avec l'approbation tacite du Ministre de la mer. C’est la fin d’un modèle industriel et commercial basé sur une longue situation de monopole, des gabegies, des escroqueries (privatisation Buttler/Véolia et vente de 75 millions d'actifs stratégiques par Véolia) et la puissance d’un lobby marseillais éloigné des intérêts de la Corse ». Il estime, par la voix de son leader, Paul-Félix Benedetti, qu’à ce stade, il faut veiller à défendre le service public et les travailleurs corses qui subiront socialement cette situation.
 
Une DSP caduque
U Rinnovu acte, également que « le calendrier s’accélère. La présidence du directoire de la Compagnie parle d’un redressement judiciaire technique qui permettra à une hypothétique nouvelle SNCM de repartir, sans le poids des amendes de Bruxelles, avec un nouveau périmètre, des repreneurs. Au prix tout de même de la suppression d’au moins 800, voire 1000 emplois, et un plan annoncé pour fin octobre ». Et rappelle qu’il avait anticipé cette situation. L’an passé, Paul-Félix Benedetti avait, effectivement, refusé de voter la DSP (Délégation de service public), considérant qu’elle « faisait la part belle à la CMN (3 navires, 43 millions € et +20%/2013) et était annonciateur de la mort de la SNCM (4 navires, 63 millions € et +630%/2013) ». Pour lui, la SNCM n’est pas en mesure d’assurer des obligations prévues lors de la DSP en matière d'investissements. « Où sont les 15 millions € affectés au renouvellement de la flotte et payés par la CTC ? Cette DSP, fortement contestée par Bruxelles, devrait être considérée comme caduque. La SNCM, format VEOLIA, s'est contentée de racketter 20 millions € supplémentaires pour un 4ème  navire à l'armement occasionnel », estime-t-il. 
 
Payé pour rien !
U Rinnovu revient, ensuite, sur les études promises par l’Exécutif de l’Assemblée de Corse (CTC) concernant la faisabilité d’une compagnie régionale. « Une personne a été recrutée pour travailler dans ce sens. Elle a été présentée aux conseillers territoriaux comme une spécialiste de ces questions. Elle est confortablement en place dans les effectifs de la CTC et est payée 7000 euros par mois ! U Rinnovu est bien obligé de dénoncer le fait qu’à ce jour, après des mois de crise sur le dossier des transports maritimes, rien n’a été produit par cette personne. Aucune piste, aucune étude, aucun plan B, C ou D ! On demande la fin de cette mission ! ».
Le mouvement indépendantiste dénonce le flou sur la création de cette compagnie locale et s’interroge sur les scénarii possibles : la CTC prévoit-elle de devenir propriétaire d'une flotte, de créer une SEM (Société d’économie mixte) ou un EPIC d'exploitation ? Participera-t-elle au capital d’une ex-SNCM reformatée ? Que devient l’actuelle DSP en cas de naufrage de la SNCM ?
 
L'échec du modèle Véolia
« Aucun travail prospectif n’a été fait sur tous ces scénarii. L’exécutif en est toujours à l’oralité.  A quelques semaines des échéances, rien n’a été anticipé et, encore une fois, la Corse va dépendre d’autres intérêts. Toutes les réunions se font dans notre dos à Marseille. A la barre du Tribunal de commerce de Marseille, en l'absence d'une proposition sérieuse émanent du donneur d'ordre, la CTC, une solution miracle, concoctée en catimini, sera présentée comme l'unique solution viable ! A ce titre, nous avons reçu l'information que le cabinet Bredin-Prat, spécialiste des fusions-acquisitions, travaille sur le dossier. Qui l'a missionné ? », se demande, encore, U Rinnovu. Il juge que l'option d'une compagnie régionale est confortée par l'échec du modèle Véolia. « Il ne saurait, en aucun cas, y être substitué un nouveau modèle monopolistique privé (STEF-CFE ou autres). Pour rappel, la vente des actifs SNCM constitués par 69% des parts CMN en 2009 pour 45 millions € est une faute imprescriptible. Cette manœuvre frauduleuse était annonciatrice du scénario qui se dessine : la fuite de VEOLIA et l'arrivée d'un sauveur ! ». 
 
Menaces sur l’agriculture
Il s’inquiète qu’après le dernier long conflit syndical, pénalisant pour l’économie touristique, le redressement judiciaire précipite la Corse dans un nouveau conflit dur, voir désespéré, qui menacerait le secteur agricole. « Nous entrons dans la campagne des clémentines qui, cette année, se présente bien au niveau production avec environ 20 000 tonnes de fruits à l’export, soit 51 300 remorques. Cette unique production exportatrice sera-t-elle sacrifiée par des blocages maritimes dans les semaines à venir ? Cette rare filière exportatrice ne peut pas être mise à terre. Nous ne pouvons pas accepter, au nom de principes sociaux que nous partageons, le droit de tuer la Corse ! ». Tirant la sonnette d’alarme, il suggère à tous les acteurs (producteurs, Chambre d’agriculture, transporteurs, CCI, compagnies, syndicats,…) d’aller au-delà d’une simple concertation anticipée et de mettre en œuvre concrètement un protocole assurant la sauvegarde des exportations. 
 
Une compagnie régionale
Aussi Rinnovu naziunali remet-il en avant ses propositions. Une entité maritime à capital public majoritaire, basée en Corse, rependrait le service public de base. Elle serait chargée de mobiliser l’enveloppe de la continuité territoriale afin de pratiquer des tarifs compétitifs pour les résidents corses et pour le fret conventionné. « Si l’Etat français, actuel actionnaire de la SNCM, souhaite, pour des raisons historiques ou géopolitiques, maintenir une entité marseillaise qui gère les activités liées à l’Afrique du Nord, elle devra en définir et en assumer les conditions et les contours », conclut-il.   
 
N.M.




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