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Révision de la carte cantonale en Corse-du-Sud : Et la ruralité dans tout ça ?


le Lundi 27 Janvier 2014 à 18:58 | Modifié le Lundi 27 Janvier 2014 - 21:44


Au cours d’une séance extraordinaire qui s’est tenue lundi à Ajaccio, le conseil général de la Corse-du-Sud s’est penché sur la révision des cartes cantonales proposée par les services de l'Etat. Point n’est besoin de souligner que ce nouveau découpage n’a pas fait l’unanimité. C’est le moins que l’on puisse dire. Il faut savoir qu’à ce jour, 50% des départements de l’Hexagone ont émis un avis défavorable à propos de ce découpage. On peut raisonnablement s’attendre à deux départements supplémentaires !


Révision de la carte cantonale en Corse-du-Sud : Et la ruralité dans tout ça ?
On se bousculait, lundi, au portillon du conseil général de la Corse-du-Sud. La salle desdélibérations a été prise d’assaut dès le début de l’après midi pour assister à une session extraordinaire sur le grand sujet à la mode : le découpage cantonal. Préfet, président et conseillers généraux, sénateur, député, maires et élus municipaux, forte mobilisation en effet pour assister au débat présidé par Jean-Jacques Panunzi qui s’est montré on ne peut plus clair dans son allocution.
Rappelons que le projet de découpage correspond à la mise en œuvre des lois du 17 mai 2013. En effet, à partir du 1er  mars 2015, le nombre de cantons sera divisé par deux avec deuxreprésentants élus sur la base d’un ticket paritaire. La Corse-du-Sud, qui compte aujourd’hui 22 cantons, en comptera la moitié (11) en conservant le même nombre de conseillers désormais qualifiés de « départementaux. »

« Même indigné, il faut respecter et appliquer la loi… »

Le président du conseil général a rappelé qu’il avait été saisi de nombreuses demandes d’interventions de la part d’élus et de la présidente de l’Association des maires. Aussi, dès lors que la carte a été rendue publique, il a reçu des dizaines d’appels, de courriers, de délibérations, de vœux et de pétitions émanant de maires, de conseillers généraux et de nombreux citoyens : «Vous comprendrez que dès à présent, j’exprime mon indignation face à ce nouveau découpage. Je l’ai dénoncé à maintes reprises et j’ai constaté l’inquiétude de bon nombre de mes collègues quant à l’avenir de nos territoires au travers d’un vœu adopté à la très grande majorité. Je ne critiquerai ici ni l’ovni politique qu’est le binôme, ni le trompe-l’œil que constitue l’argument de la parité. Même si, comme beaucoup, nous n’adhérons pas à cette réforme, nous sommes républicains et respectons la loi. »
Jean-Jacques Panunzi s’est donc contenté aux modalités de découpage tel qu’il a été proposé, non sans y ajouter quelques piques du genre : « Doux euphémisme pour qualifier ici le mélange de valorisation des traditions françaises d’orfèvrerie et de charcuterie… ! »
Il a insisté sur la vitesse à laquelle la réforme a été menée « tambour battant » prenant à témoins le sénateur et le député de la Corse-du-Sud avec ce commentaire : « Cette volonté de passer en force s’est également traduite sur le terrain puisque jamais, l’avis des élus n’a été pris en compte. Il a d’ailleurs posé la question de savoir pourquoi ce qui a été rendu possible sur les 36 000 communes de France lors de l’élaboration de la carte intercommunale ne l’a pas été pour la révision des 4000 cantons ? La volonté du Gouvernement dans cette affaire est de faire vite et sans débat : circulez, il n’y a rien à voir » a ajouté le président qui a qualifié la méthode d’arbitraire. Il a d’ailleurs 
cité en exemple le département de la Lozère, qui, avec ses 72 500 habitants, disposera de 12 cantons, alors même que la Corse-du-Sud, en comptera deux de moins pour une population double : « Où est l’égalité ? »


L’équilibre des territoires bousculé

S’adressant à Joselyne Fazi, la présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud, J.J. Panunzi a déclaré que la réalité patrimoniale des communes n’était pas prise en compte : « comment ignorer les disparités de revenus ou d’accès aux services publics, aux commerces, selon que l’on se trouve à proximité d’une ville ou en montagne ? En faisant de la démographie le seul mètre-étalon, c’est tout l’équilibre de nos territoires qui est bousculé. C’est aussi bafouer nos identités locales, faire peser des risques majeurs sur ces territoires. Les territoires ruraux, de ce fait, ne sont plus que des variables d’ajustement. Je ne remets pas en cause le fait urbain, il est indéniable. Mais ce fait urbain oblige. Les habitants qui y vivent, les enfants qui grandissent, les forces vives qui s’y expriment, les ressources, les élus valent bien mieux. Le véritable défi est ici. C’est le sens profond du conseil général, sa spécificité dans le paysage institutionnel, que de veiller à la représentation juste et équilibrée de l’ensemble de ses territoires. 
Le problème, c’est que la cartographie proposée ne va pas dans ce sens ! 
Il y a des risques bien sûr, des problèmes qui vont se greffer, et à ce niveau, le président du conseil général n’a eu aucun mal a énumérer ce qui pourrait arriver : « Le premier risque est économique et social, c’est celui de voir impactée l’organisation des services publics, risque financier également, notamment pour les communes aujourd’hui « chef-lieu de canton » qui vont voir disparaître la dotation rurale de solidarité, risque politique enfin, de laisser naître un sentiment d’exclusion chez celles et ceux qui ont fait le choix de vivre et travailler au village. Il serait dangereux que demain les habitants de ces territoires se considèrent comme les nouveaux oubliés de la République. »
Le président a donné quelques exemples de situations qui pourraient se produire comme les rapprochements parfois artificiels, l’incompréhension, l’intercommunalité, les soupçonsde tripatouillage électoral ou encore des regroupements. « Chacun sera donc comptable de son vote » a conclu Jean-Jacques Panunzi, avant de donner la parole au préfet de région, Christophe Mirmand, qui a présenté les grandes lignes du projet de décret portant révision de la carte cantonale de Corse du Sud. 
J. F.



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