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Prud’hommes de Haute-Corse : Les représentants de l'Etat quittent l’audience !


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 16 Janvier 2016 à 03:56 | Modifié le Samedi 16 Janvier 2016 - 16:51


Incident diplomatique lors de l’audience de rentrée du conseil des prud’hommes de Haute-Corse, vendredi soir. Les représentants du Préfet et du Procureur général ont quitté l’audience aprés le discours de Dominique Biaggi, le nouveau président issu du STC, qui venait d’être élu. En cause : ses propos fustigeant le refus de l’Etat de rapprocher les prisonniers corses, de reconnaître le statut de prisonniers politiques et de laisser parler corse à l'Assemblée territoriale. Une attitude qu’il qualifie de « non-respect de l'Etat de droit » ! Dominique Biaggi estime qu’il n’a « fait que dire des vérités qu’il faut entendre ».


Dumè Biaggi, nouveau président du Conseil des prud’hommes de Haute-Corse.
Dumè Biaggi, nouveau président du Conseil des prud’hommes de Haute-Corse.
L’intégralité du discours de Dumè Biaggi, nouveau président du Conseil des prud’hommes de Haute-Corse :
 
« Je suis fier aujourd’hui d’être le Président d’une juridiction où le demandeur et le défendeur grâce à la parité sont sur le même pied d’égalité. En ce lieu point de justice à deux vitesses, en ce lieu point de justice d’exception ! Mesdames et Messieurs, en cette journée mémorable, et après ce mois de décembre 2015 historique et sans aucun esprit polémique, je tenais à préciser, que l’Etat de droit est encore moins divisible que ne l’est pour certain, la République.
L’Etat de droit ne s’accommode ni des amalgames abusifs, ni des généralisations hâtives, ni de la remise en cause systématique de la présomption d’innocence.
Culpabiliser l’ensemble des Corses par des déclarations fracassantes, s’indigner de l’usage de la langue corse au sein de l’hémicycle de l’Assemblée de Corse, ne pas reconnaître l’existence et l’identité d’un peuple, ne pas reconnaître le statut de prisonniers politiques, ne pas appliquer le droit sur le rapprochement familial aux détenus CORSES, est loin de contribuer au bon fonctionnement de la justice et, en cela, il s’agit d’une manière insidieuse de remettre en cause l’Etat de droit.
Nul n’est propriétaire de la République, de la démocratie, ni de l’Etat de droit.
Pour autant, et malgré tout cela, en toute sérénité, ici au sein du CPH de Bastia, nous continuerons à rendre une justice équitable, humaine et juste. Je sais que les élus prud’homaux feront tout pour remplir au mieux leur mission au service du monde du travail.
Pour finir, je renouvelle mes vœux de bonne année 2016 à vous tous,
PACE E SALUTE ».
 
 




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