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Procès en appel d’A Ghjuventù Indipendentista : Le Parquet requiert des peines plus lourdes


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 4 Mars 2015 à 21:52 | Modifié le Mercredi 4 Mars 2015 - 22:13


Un an après la quasi-relaxe de 10 militants d’A Ghjuventù Indipendentista pour différents chefs d’inculpation : occupation de la sous préfecture de Corte, dégradations ou refus de prélèvement ADN… s’est tenu, mercredi après-midi, à Bastia, le procès en appel demandé par le Parquet pour six d’entre-eux. Une audience Bis repetita que les étudiants ont transformé en tribune politique. Le Parquet, pour qui les faits sont avérés, a requis des peines plus lourdes qu’en 1ère instance : de 1 à 3 mois d’emprisonnement avec sursis. L'arrêt a été mis en délibéré le 8 avril.


Procès en appel d’A Ghjuventù Indipendentista : Le Parquet requiert des peines plus lourdes
Retour, donc, à la case judiciaire pour six des dix militants du syndicat nationaliste GhjuventùIndipendentista, un an après le premier procès en correctionnel, qui s’était tenu le 12 février 2014 au Tribunal de Bastia. Ils étaient, alors, inculpés pour des faits mineurs s’étalant de décembre 2012 à avril 2013 : occupation de la sous préfecture de Corte, outrages en langue corse, rébellion, rassemblement susceptible de troubler l’ordre public, dégradations, bombages, recel d’affiches incitant à la haine ou à la violence à l’encontre de la Nation, ou encore refus de prélèvement ADN… Une audience spéciale, sous haute surveillance, avait donné lieu à un procès très politique qui avait mobilisé pas moins de 200 jeunes venus en soutien sur les marches du Palais de justice. Malgré des réquisitions très lourdes, le Tribunal, après une trentaine de minutes de délibéré, avait prononcé une relaxe quasi-générale.
 
Bis repetita
A peine 24 heures après, le Parquet décidait de faire appel pour six militants et trois chefs d’accusation : le refus de prélèvements ADN, des outrages à agent qui auraient été proférés lors de l'occupation de la sous-préfecture de Corte en avril 2013 et les dégradations sur le portail d'entrée du camp militaire de Borgo qui auraient été causés, le lendemain lors d’un rassemblement de soutien. Bis repetita, donc, avec autant de monde, un procès toujours aussi politisé et des prévenus qui ne varient pas d’un iota leurs discours. Ils refusent toujours de s’exprimer sur des faits qu’ils nient, en solidarité avec leur camarade, Nicolas Battini, incarcéré et jugé à Versailles pour la même affaire. Ils s’en tiennent aux raisons de leurs actions : la défense du statut de coofficialité de la langue corse, la réforme constitutionnelle, le transfert de fiscalité et le statut de résident, des revendications nationalistes votées par l’Assemblée de Corse et que le gouvernement refuse de prendre en compte.
 
Des faits ridicules
Les étudiants dénoncent, de la même façon, « un procès politique » visant leur organisation étudiante, « un acharnement judiciaire contre des faits ridicules » et se disent « victimes d’un délit d’opinion ».
Le ministère public, déjà assez rude en 1ère instance, n’est guère plus tendre en appel. Estimant les faits « avérés », il requiert des peines plus lourdes : de 1 à 3 mois d’emprisonnement avec sursis.
Pour les avocats de la défense, l’appel du Parquet n’est qu’une « stratégie » pour sanctionner les relus de prélèvement ADN. Ils remettent en cause « l’indépendance du Ministère public », avant de plaider, encore une fois, d’une même voix, la relaxe générale.
L'arrêt est mis en délibéré au 8 avril.
 
N. M.
 



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